Jeudi 21 août 2014 4 21 /08 /Août /2014 15:31

Juliette fait partie des belles rencontres que j’ai pu faire grâce à mon blog alors qu’elle n’est pas forcément spécialisée dans le cinéma (qu’elle connaît pourtant très bien). A l’origine, il y a un simple commentaire sur mon blog et une réponse de ma part où j’avouais aimer beaucoup le prénom « shakespero-sadien » de Juliette. Du coup, ce qualificatif est devenu une sorte de signe de ralliement qui m’a permis de la retrouver sur Twitter puis sur Facebook.

Ses centres d’intérêt sont nombreux : l’histoire (qu’elle étudie), les songes, la photographie (qu’elle pratique avec beaucoup de talent : voir ici), les questions sociales et le féminisme. Elle vient d’ailleurs de créer un Tumblr qui a eu un certain écho consacré à la question du « harcèlement de rue », sujet sur lequel nous avons longuement débattu sur Twitter.

Ce que j’aime chez Juliette (et chez certains autres amis féministes), c’est qu’elle a compris que si je suis très critique envers ce que j’appelle « l’idéologie féministe », cela ne fait pas de moi (enfin, j’espère !), un gros macho nostalgique de l’ordre patriarcal. Et pour me limiter au domaine du cinéma (qu’elle aborde dans sa très belle contribution), ce qui me plait dans le septième art tient justement à la complexité de la représentation où les femmes (mais les hommes aussi !) sont à la fois « objet » (de désir, de fascination…) mais également « sujet », capables de changer la face du monde (voir le rôle qu’a eu Bardot dans l’émancipation des femmes).   

Mais comme le dit Juliette, nous aurons encore de nombreuses occasions de débattre de ce sujet sans fin…

 

***

 

Pour rendre hommage au plus cinéphile des docteurs, j'aurais aimé peindre une jeune fille en bleu et lui inscrire sur le corps les vers de Cocteau cités par son amant :

 

Ecoutant ta guitare fée

Tes objets te suivent Orphée

Jusqu'à la forme que tu veux

Clio du zinc

Calliope téléphone les faits divers

Et Uranie allume les becs de gaze

Qui fardent les marroniers par dessous

 

 

Las, l'été faisant son oeuvre, le temps et les jeunes filles manquaient.

J'ai alors retrouvé cette image, souvenir exhumé d'une séance dans un vieux grenier, il y a de longues années.

 

Miroir brisé - Juliette Lancel

 

Parce qu'un certain miroir a dit un jour à une certaine jeune fille « Je suis votre miroir, la Belle. Réfléchissez pour moi, je réfléchirai pour vous ».

Parce que l'innocence diaphane des héroïnes de films vampiriques n'est jamais si limpide qu'elle le paraît.

Parce que le trouble nait de la faille.

Parce que j'ai l'intuition que le jeu croisé du sujet et de l'objet dans la représentation des femmes à l'écran pourrait être entre nous une source de discussions sans fin.

Parce qu'écrire sur une image offerte à quelqu'un pour le remercier d'écrire sur des images, à tout prendre, qu'est-ce, sinon un autre jeu de miroir ?

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Mercredi 20 août 2014 3 20 /08 /Août /2014 18:19

Lorsque j’ai connu Thomas, il s’appelait Rob Gordon et il avait toujours raison. Je ne suis pas certain que nous ayons eu beaucoup de contacts à cette époque mais je me souviens très bien de sa très belle dernière note qui faisait un point extrêmement lucide sur ce qu’était devenue alors la « blogosphère » cinéphile (ça n’a pas été en s’arrangeant !). Après l’expérience de ce blog, Thomas a continué à écrire en créant un nouveau blog spécialement dédié au cinéma argentin qu’il connaît parfaitement et en participant aux sites Accreds, Playlist Society, Slate et Snatch magazine (sans se concentrer exclusivement sur le cinéma, d’ailleurs).

C’est surtout sur les réseaux sociaux (Twitter, Facebook) que nous avons entamé le dialogue.

Et dans la mesure où nos échanges ne sont pas aussi nombreux que ça, cette contribution m’a à la fois surpris et beaucoup touché.

Un grand merci à Thomas qui vient de fêter ses 30 ans et qui a l’élégance de m’offrir ce beau cadeau…

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***

 

Été 2104 : pour fêter le centenaire du Journal cinéma du Dr Orlof, le festival de Cannes présidé par Kevin Jacob (arrière-petit-fils de) dédie son film de clôture au blog le plus ancien et le plus riche de l'histoire du cinéma français. Après avoir diffusé en ouverture l'intégralité des 269 heures du Cinématon de Gérard Courant, dont le Dr Orlof est l'un des ardents défenseurs et une vedette occasionnelle (diffusion qui, en raison de la durée exceptionnelle du film, se termine pile au moment du lancement du film de clôture), la cent cinquante-septième édition du festival international du film boucle la boucle de la plus belle des manières.

 

Simplement intitulé Orlof, ce film collectif mis en scène par les vingt derniers cinéastes à avoir remporté la Palme (dont neuf femmes, deux africains et un jeune homme âgé de 16 ans) est constitué de segments de 8 minutes, chacun étant un morceau choisi des longues séances d'écriture du Docteur, filmé en temps réel à différentes étapes de sa vie. Par la grâce et la variété des mises en scène, et par le charisme de son seul protagoniste, ce film intemporel en dit plus sur la création, la pensée critique et la passion cinéphile que tous les ouvrages publiés sur le sujet au cours des cent dernières années. Acclamé pour son inventivité de tous les instants et pour l'émotion qu'il fait subtilement affleurer, Orlof bat le record de la plus longue standing ovation (une heure cinquante-quatre d'applaudissements nourris).

 

Le lundi suivant la projection unique de ce chef-d'œuvre, les quotidiens ne parleront que de cela, remisant la première Palme d'Or tchétchène en fin d'article pour ne parler que du choc esthétique et émotionnel que constitue cet Orlof de génie. Tous regretteront que le Docteur, devenu doyen de l'humanité quelques semaines plus tôt, n'ait pas honoré la salle Pierre-Lescure de sa présence. On attribuera aux larmes qui ont embrumé leurs yeux durant toute la projection le fait qu'ils n'aient pas aperçu ce vieil homme un peu courbé, affublé d'une longue barbe blanche et de lunettes fumées, attendre que le noir se fasse en début de séance pour s'installer sur un strapontin puis quitter la salle à pas de loup, le regard mouillé lui aussi, au moment du générique de fin. Ultime symbole de la modestie et de la discrétion de cet homme réservé et passionné qui n'a jamais utilisé le cinéma pour se mettre en avant mais qui, bien au contraire, s'est toujours placé en retrait pour laisser au cinéma toute sa place.

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Mercredi 20 août 2014 3 20 /08 /Août /2014 11:24

Dreamscape (1983) de Joseph Ruben avec Dennis Quaid, Max Von Sydow, Christopher Plummer (Editions Carlotta film) Sortie le 20 aout 2014


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Redécouvrir aujourd’hui Dreamscape, c’est plonger dans un bain de jouvence et se revoir adolescent fébrile attendant jusqu’à des heures tardives le début du film fantastique du samedi soir sur la Télévision Suisse Romande. Je me souvenais seulement de la scène du train, où Alex, le héros du film, profite d’un rêve pour aller séduire la belle scientifique. Dans mon souvenir, la scène était plus « érotique », preuve que la mémoire cristallise sur certaines images et qu’on fantasme les films autant qu’on les voie.

 

Le bain de jouvence, c’est également les années 80 : revoir Dennis Quaid tout jeune qui, avec ses airs désinvoltes et son sourire carnassier, joue ici les ersatz de Tom Cruise. C’est également constater que le saxophone fut l’instrument indispensable de cette décennie, au même titre que le synthétiseur qui pollue ici l’horrible bande-originale de Maurice Jarre.

 

Mais venons-en au film. Alex est un jeune homme doué pour la télékinésie et qui profite de ses pouvoirs pour gagner aux courses et séduire les filles. Un jour, il est appelé par le responsable d’un programme scientifique (le grand Max Von Sydow) pour se prêter à des expériences inédites. Il s’agit de se projeter dans les rêves d’individus tourmentés pour les aider à combattre leurs angoisses.

Ce postulat fantastique est très séduisant d’autant plus que les rêves constituent un terrain de jeu illimité (Wes Craven s’en souviendra un an plus tard avec son sublime Les griffes de la nuit). Même si les effets-spéciaux du film ont plutôt vieilli (forcément !), force est de constater que le passage réalité/rêve fonctionne plutôt bien. La séquence où Alex va aider un jeune garçon comporte même quelques images surréalistes (un grand escalier descendant vers l’abîme) très belles, qui évoquent aussi bien Dali que Le cabinet du docteur Caligari.

Par ailleurs, le récit est plutôt bien construit et le rythme soutenu préserve le spectateur de tout ennui. Dommage que Ruben se croie obliger de greffer sur cette trame fantastique une fable de « politique fiction » que je ne trouve pas très intéressante. D’autant plus que le cinéaste délaisse alors le potentiel onirique de son récit pour se concentrer sur des scènes d’action (poursuite entre une moto et des voitures, fusillades) que je trouve très convenues.

 

Mais à ces quelques réserves près, Dreamscape est un film qui tient plutôt bien le coup. On s’y amuse de quelques outrances (une scène assez étrangement sanglante lors du « rêve final ») et le scénario reste globalement astucieux et assez amusant (voir la scène du rêve avec l’homme atteint d’un complexe d’infériorité, persuadé que sa femme se tape tout le quartier !). Ruben aurait pu explorer plus en profondeur la richesse d’un tel sujet, traquer les mystères de l’inconscient. Il se contente de réaliser ici un bon et solide divertissement.


Personne n’ira le blâmer pour ça !

Par Dr Orlof - Publié dans : Nouveautés DVD
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Mardi 19 août 2014 2 19 /08 /Août /2014 19:08

Après mes participations à quelques blogs amis, aux sites Kinok, Interlignage et Causeur, la très aimable contribution d’Olivier Rossignot va me permettre d’évoquer ma toute récente collaboration avec le site Culturopoing dont il est le rédacteur en chef. Ce n’est pas par l’univers du blog que j’ai rencontré Olivier mais par Facebook et après quelques premiers essais, il m’a fait une entière confiance et j’ai été accueilli comme un prince. Je n’ai pas encore écrit beaucoup de textes pour le site mais j’ai déjà pu placer quelques critiques sur de bonnes séries Z éditées par Artus, Le chat qui fume et sur des livres, domaine que j’aimerais explorer de façon plus approfondie. De biens agréables débuts, donc, en espérant que cette aventure se prolongera un certain temps…

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***

 

Parler de Monsieur Orlof, ce sera pour moi, le fantasmer, vu que je ne le connais pas encore assez pour évoquer des milliers d’anecdotes, de conversations à bâtons rompus ou de soirées cinéphages. Mais finalement en matière de cinéma peut-il y avoir quelque chose de plus significatif que le fantasme ? Sa participation à Culturopoing est encore toute récente, mais il fait partie de ceux qui écrivent sur le cinéma qui ont l’air d’y mettre beaucoup d’eux-mêmes sans se gausser des mots, qui analysent avec pertinence sans mettre en avant leur ego, et qui font les ponts entre genres et sous genres, le patrimoine et le bis, entre un cinéma dit légitime et un autre qu’on se plait à montrer du doigt en riant. Son écriture trahit la constante curiosité et l’éternelle ouverture. Cela fait un peu « lettre de recommandation », mais je n’ai pas trouvé mieux. Avant même de lire les mots de Vincent, je sais que je n’aurais rien à corriger, qu’il peut publier, car nous sommes sur la même longueur d’onde ; j’espère notre collaboration la plus longue possible. Mais je pense qu’avec quelqu’un qui d’un côté poste sur Godard et de l’autre nous offre en guise de première collaboration (sans mauvais jeu de mots) « Horreurs Nazies » de Sergio Garrone les espoirs les plus fous sont permis. On peut compter sur lui. Vive le grand écart ! Brandissons le refus des portes fermées comme un étendard. Vincent est suffisamment peu recommandable pour être totalement indispensable.

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Lundi 18 août 2014 1 18 /08 /Août /2014 20:18

Au bout du compte, une bonne partie des anciens rédacteurs de Kinok ont effectué un parcours exemplaire. Deux d’entre eux sont devenus critiques aux Cahiers du Cinéma (Stéphane du Mesnildot et Joachim Lepastier) tandis que deux autres écrivent désormais régulièrement pour Les fiches du cinéma (Vincent et Edouard). Timothée participe, entre autres, au site Independencia et Antoine Mouton vient de publier dans la prestigieuse revue Trafic un essai sur le cinéma de Lars Von Trier !

C’est grâce à Kinok que j’ai découvert le blog d’Antoine Une fameuse gorgée de poison et que j’ai pu apprécier la profondeur et la singularité de ses analyses, la qualité de son écriture. Par ailleurs, il a publié quatre livres et j’imagine que ce sont ses multiples activités qui rendent sa voix (trop) discrète dans la blogosphère. C’est dommage car ce compagnon de route qui participa aux débuts de Zoom Arrière possède une vision précise et précieuse du cinéma, à mille lieues du tapage de l’actualité et des avis péremptoires et bruyants qu’on trouve souvent sur Internet.

En attendant de pouvoir le lire très prochainement, je suis très heureux de l’accueillir ici pour les 10 ans de ce blog…

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***

Quand je pense au Dr Orlof, je vois quelqu'un scruter des visages. Quelqu'un qui les observe longtemps, qui les garde en mémoire, puis qui tente d'en dire quelque chose. Quelqu'un d'un peu maniaque peut-être, obsessionnel assurément, investi d'une mission qui ne concerne que lui : regarder tous les Cinématons de Gérard Courant, et rendre compte de chacun. Un visage, une phrase.


Je n'ai jamais vu le visage du Dr Orlof. A vrai dire je ne lui en imagine pas. Son visage est fait de tous les visages qu'il a recensés.


J'ai cherché une photographie qui pourrait le représenter et finalement j'ai pensé à une chanson. I'll be your mirror .

Le Dr Orlof chante I'll be your mirror devant tous les Cinématons de Gérard Courant.

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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