Lundi 1 octobre 2007 1 01 /10 /Oct /2007 19:16

L’âme sœur (1999) de et avec Jean-Marie Bigard et André Pousse

 

Le meilleur moyen de servir la soupe aux anti-darwinistes, c’est de jeter un œil sur l’évolution de la comédie en France et de constater que la sélection naturelle ne conduit pas, loin s’en faut,  à l’amélioration de l’espèce. Car la comédie française, ce fut quand même Molière, Marivaux, Labiche, Feydeau, Allais, Cami, Guitry, Tati, Desproges… Et voilà qu’au bout de la chaîne, nous nous retrouvons avec Djamel Grosse Bouse, Eric et Ramzy et… Bigard ! Ah, Bigard ! En quelques années, l’ « humoriste » (je mets des guillemets car le terme ne désigne plus aujourd’hui des gens drôles mais une profession grassement rémunérée et sponsorisée par les chaînes de télévision !) est devenu un symbole national au même titre que le camembert, le salon de l’auto, le pinard (plutôt gros rouge que Chassagne-Montrachet, mais bon…) ou le rugby ! Mes lecteurs réguliers auront peut-être été étonnés que je n’aie pas passé mes nerfs sur ce sport alors je les rassure : c’est pour ce soir ! Je ne tiens pas ici à blesser les sincères amateurs du ballon ovale et ne m’en prendrai donc pas à la disgrâce ontologique de ce sport de brutes épaisses (quelle type de jouissance peut tirer l’esthète de la vision de ces mâles suants empaquetés par douzaine et se tirant le short ?) mais à la manière dont cette grotesque coupe du monde a été montée en épingle par d’infâmes publicitaires, sommant la population de s’intéresser soudainement aux exploits d’une équipe nationale dont tout le monde se fout (si elle pouvait perdre le plus rapidement possible, ça ferait perdre des sous à TF1 !) et proposant à ces dames de se pâmer devant des athlètes transformés en mannequins pour des calendriers dont la vulgarité ferait frémir de jalousie la toujours très classe Mathilde Seigner !

Vous allez vous demander pourquoi je me perds dans de stériles digressions sur le rugby à propos de l’âme sœur et bien je vais vous le dire tout de suite : ce film relève de la même propagande publicitaire. Ce n’est d’ailleurs pas un film mais un coup : TF1 a constaté que Bigard pouvait remplir des stades (je n’arrive pas à m’expliquer comment on peut payer 80 euros –au bas mot- pour aller écouter un type raconter des blagues de fin de banquet de mariage en le regardant sur un écran géant !) alors la chaîne lui a offert un film. Pour ne pas oublier qui est le producteur de l’affaire, on aura droit à de nombreux extraits du journal de PPDA et des scènes où les journalistes montrent bien leurs micros TF1 !

Le reste n’a ensuite aucune importance : ça vous intéresse vraiment de savoir que le brave Bigard et son âme sœur sont punis dans une vie antérieure et se voit condamner à naître aux antipodes l’un de l’autre ? Et qu’ils vont se rencontrer ensuite alors qu’il est croque-mort et qu’elle est chanteuse ? Est-il même utile de préciser que le film n’est jamais drôle (seul André Pousse en cardinal mafieux m’a arraché un sourire mais c’est juste à cause de sa tête), que l’humour de Bigard vole au ras des pâquerettes, que le jeu des comédiens est exécrable et qu’il n’y a, évidemment, aucune idée de cinéma dans cette succession de scènes filmées à la diable et montées à la truelle.

L’âme sœur est un navet absolu mais même pas un navet sympathique comme peuvent l’être certaines séries Z improbables ou les kitscheries de Pécas et consorts. L’âme sœur n’est rien mais c’est comme la publicité : ça ne sert à rien de critiquer puisque tout le monde sait (que c’est moche et dégueulasse) mais tout le monde marche…

En attendant de découvrir T’aime de Patrick Sébastien, l’âme sœur accède au panthéon de ces nullités friquées qui, à l’instar du Jour et la nuit de BHL, font frémir mais que tout un chacun se doit d’avoir vu pour comprendre un certain état du cinéma et de notre époque…

 

NB : COPINAGE.

J'ai reçu un mail groupé de l'ami Nicolas qui annonce la sortie imminente de son album/carnet de voyage. Comme j'ai perdu tout mon carnet d'adresse mail avec mes problèmes d'ordinateur, je passe par le blog pour toucher plus de monde. Sincèrement, je n'ai pas encore lu ce bouquin mais les premières images font saliver. Et connaissant l'humour du bonhomme (c'est autre chose que Bigard!), je ne peux que recommander chaleureusement d'aller jeter un oeil ...

Par Dr Orlof - Publié dans : Critique
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Mardi 25 septembre 2007 2 25 /09 /Sep /2007 17:31

The faculty (1998) de Robert Rodriguez avec Elijah Wood, Josh Hartnett, Salma Hayek

 

Il faut regarder les choses en face, même si le constat est amer : il est déjà possible de parler de bide retentissant à propos de mes deux dernières notes. Je m’aperçois donc que l’idée de voir Mathieu Amalric en érection ou Luc Moullet en pantalon afro ne vous a pas ému plus que ça ! Ô cruel et ingrat lecteur, voilà comment tu me remercies alors que je tente vaillamment de te tirer du grabat intellectuel sur lequel tu croupis ! A mon désir d’émoustiller ta curiosité, tu ne m’opposes que ton indifférence glacée ! N’as-tu pas saisi que j’essayais d’entamer un dialogue ? Je me doute que tu n’as peut-être pas eu l’occasion de voir ces films mais une petite remarque toute simple, du genre « de Luc Moullet, j’avoue préférer Anatomie d’un rapport à Genèse d’un repas » ou « Pierrot, je me pâme devant ton style lyrico-lubrique, sois mien ! » (je précise que cette option n’est valable que pour mes (très) rares lectrices !) te semble-t-elle vraiment au-dessus de tes moyens ?

Tu m’a déçu, lecteur chéri mon amour, mais j’ai compris la leçon : tu veux du lourd, des monstres gluants et des membres dépecés ! Eh bien tu vas être servi puisque je t’offre un peu de Robert Rodriguez.

Rodriguez, tu le sais, est le meilleur pote de Tarantino et ça doit bien être sa seule qualité. A part ça, je ne m’explique pas la renommée d’un tel tâcheron. Je n’ai pas vu beaucoup de ses films mais Desperado et Une nuit en enfer sont de tels étrons que cela m’a suffit à cataloguer le bonhomme dans la catégorie « poids lourd » en matière de navet.

Avec The faculty, il poursuit son chemin et réalise l’exploit de rivaliser en stupidité avec l’infâme Bernard Kouchner, ce qui n’est pas peu dire (encore que Rodriguez a le mérite, comparé à cet imbécile, de ne pas être dangereux !).

Nous voilà donc dans le cadre d’un film de campus avec tous les personnages caricaturaux ad hoc : côté cheptel féminin, la pom-pom girl décérébrée, la rebelle asociale et la jolie étrangère qui débarque d’une autre région (au cas où vous n’auriez pas vu le film, la reine des extra-terrestres, c’est elle ! Je vous en prie, ne me remerciez pas de vous avoir permis de vous dispenser de ce chef-d’œuvre !)  ; côté mâles, le bellâtre redoublant (l’insipide Josh Hartnett), la chétive tête de turc de l’établissement (le nabot E.Wood) et le sportif en mal de reconnaissance intellectuel.

Dans ce cadre hautement balisé, Rodriguez se permet un simili remake de l’invasion des profanateurs de sépultures (cité à de nombreuses reprises), les extra-terrestres ayant cette fois empruntés l’écorce corporelle des professeurs. Vous aurez beau me dire que ces poulpes gluants seront toujours moins effrayants qu’un quelconque Claude Allègre (je le concède), il n’en reste pas moins que ce n’est pas bien gentil de s’en prendre au corps professoral !

Sérieusement, le film est épouvantable. Ca pourrait être une sympathique série B (on songe au très réussi Hidden de Jack Sholder, assez similaire quant à son scénario) mais le film est réalisé en dépit du bon sens et boursouflé de tics contemporains (montage à la truelle, BO assourdissante, effets spéciaux laids, aucun sens de la narration ni du rythme…)

On parle toujours du tandem Tarantino/Rodriguez comme d’un duo de cinéphiles incollables. Si on peut l’admettre pour Tarantino, les références que donnent Rodriguez dans The faculty sont affligeantes. Ce n’est pas la série B des années 50 qui est citée mais les pires blaireaux du cinéma américain contemporain : Spielberg (pardon Vincent !), Emmerich ou Sonnenfeld !

Tout cela est d’une totale vacuité. On ne demande pas à un film de SF horrifique de nous éclairer sur les tréfonds de la nature humaine mais, sans même parler des diverses (et bonnes) adaptations de l’invasion des profanateurs de sépultures (signées Siegel, Kaufman et Ferrara), il faut se replonger dans ce chef d’œuvre de Carpenter intitulé They live (Invasion L.A). Il y était déjà question d’extra-terrestres vus par un tout petit groupe d’individus. Sur ce canevas de série B, le grand John réalisait un film politique percutant, véritable brûlot contre l’Amérique reaganienne.

Avec The faculty, il ne reste qu’un film de potache d’une grande sottise et même pas bien réalisé.

C’est dire si on a perdu au change…

 

 

Par Dr Orlof - Publié dans : Critique
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Vendredi 21 septembre 2007 5 21 /09 /Sep /2007 22:20

Le prestige de la mort (2006) de et avec Luc Moullet et Bernadette Lafont

 

Sorti en catimini au début de l’été, le dernier film de l’ex-critique des Cahiers du cinéma Luc Moullet dresse un constat assez similaire au Metteur en scène de mariages de Bellocchio : pour avoir du succès aujourd’hui, mieux vaut être mort ! Venu hier soir présenter son film dans la salle art et essai locale, le facétieux metteur en scène expliqua à un public essentiellement lycéen que ses films avaient du succès mais qu’il fallait compter un délai de… 24 ans ! Fort de ce constat, Luc Moullet, le cinéaste « fictif » du Prestige de la mort  décide d’employer les grands moyens pour réduire ce délai en empruntant l’identité d’un cadavre qu’il découvre en pleine montagne (diable ! un énarque qui plus est !) en espérant que l’annonce de sa mort permettra de redécouvrir son œuvre. Il espère ainsi pouvoir financer son projet de grand film britannique en costumes, adapté d’un roman de Thomas Hardy (dont on voit quelques images rêvées assez désopilantes).

Je n’avais vu jusqu’à présent que deux films de Moullet : le délicieux La comédie du travail et Parpaillon. Ce n’est pas beaucoup mais c’est un minimum pour comprendre ce que je vais écrire du Prestige de la mort, comédie burlesque totalement aberrante (au sens où l’on n’imagine pas qu’il soit encore possible qu’une telle pousse puisse germer sur le terreau ratiboisé et javellisé du cinéma français) et sur le cinéma à nulle autre comparable de cet hurluberlu. S’il fallait absolument trouver un voisinage lointain à ce franc-tireur iconoclaste, on pourrait à la limite citer certains films de Mocky avec qui Moullet partage le même sens de l’absurde. Mais la colère et l’hystérie propres au cinéma de Mocky ont laissé place à un flegme et une dérision piquante chez Moullet. Rien ne symbolise mieux Le prestige de la mort que la voix un peu traînante et disharmonieuse du cinéaste. C’est du burlesque nonchalant, souvent complètement débile mais regorgeant de petites notations drolatiques et de détails loufoques  (la principale chaîne publique française devient France d’œufs et l’on voit le bureau de la directrice –la complice Bernadette Lafont- envahi par des coquetiers et autres bibelots de gallinacés).

Avec Mocky, Moullet partage également la même économie de cinéma (c’est une manière euphémique de dire que leurs films sont totalement fauchés !) et il est d’ailleurs beaucoup question d’économies dans Le prestige de la mort : le cinéaste imagine tourner ses extérieurs anglais dans les Alpes pour éviter les frais d’Eurostar, il fait jouer des figurants nus pour réduire les dépenses en costumes, etc.  

Le film suit donc son petit bout de chemin sur les traces de son cinéaste qui doit faire face à toutes sortes de problèmes : ressembler au cadavre qu’il a trouvé pour endosser sa nouvelle  identité (le voilà contraint aux « lunettes placebo » !), faire retrouver le corps du faux Luc Moullet mais pas trop vite car sa mort risque d’être éclipsée par celle de Jean-Luc Godard (on aimerait savoir ce que pense l’intéressé de cette farce macabre !) qui survient au même moment, éviter un maître chanteur (Bouvet) puis la police (qui le soupçonne désormais de meurtre)… Moullet déploie son sens de la comédie en jouant sur deux registres : les gags visuels à la Tati (mais un Tati sous tranquillisant !), à l’image de ces badauds qui se baladent en pleine montagne avec leurs parasols en guise de deltaplane (Moullet nous expliqua qu’il voulait des parapentistes mais que ces engins étaient interdits sur le site du tournage. Du coup, il a eu recours à un subterfuge visuel en utilisant ces parasols totalement insolites qui déconcertèrent beaucoup une jeune lycéenne de la salle !) ; et des gags plus « agressifs » où le cinéaste se moque, en vrac, du financement du cinéma français et des chaînes de télévision (la directrice abrutie qui confond Thomas Hardy et Henry James), de la police (totalement incompétente et stupide, du commissaire qui veut toucher sa retraite à l’inspecteur zélé hors du coup en passant par le brave nègre qui joue aux machines à sous pendant tout le film), des élites (Moullet a peur qu’une analyse génétique révèle qu’il n’a pas un cerveau d’énarque !)…

Le résultat est totalement foutraque, et l’interprétation assez hasardeuse (mais elle nous valut une remarque d’un spectateur qui donna lieu à un assez fabuleux développement de Moullet sur sa fameuse « politique des acteurs » qui valait à lui seul le déplacement) ajoute à l’impression de joyeux bordel.

Je ne suis pas sûr que ce film soit encore en salles, même à Paris. Je ne sais même pas s’il faut vous le conseiller tant le résultat ne ressemble à rien d’autre qu’à du Luc Moullet. Mais je dois aussi vous confier avoir pris un certain plaisir à découvrir ce Prestige de la mort (remake d’un film de Cecil B. de Mille, tout de même !) où Moullet se filme en cinéaste clochardisé, dernier mohican déphasé et témoin loufoque d’une époque révolue…

Par Dr Orlof - Publié dans : Critique
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Vendredi 21 septembre 2007 5 21 /09 /Sep /2007 20:19

L’histoire de Richard O. (2006) de Damien Odoul avec Mathieu Amalric

 

Marco Bellocchio le montre de fort belle manière dans son Metteur en scène de mariages : seul l’acte créateur peut faire office de grain de sable dans les rouages de la médiocrité ambiante et la pesanteur des institutions (l’Eglise, le mariage…). Si l’Art possède encore un peu cette vertu dissolvante (espérons-le !), le cinéaste italien montrait également l’ambiguïté de ce geste créateur, élément possible d’une réinvention du monde mais aussi incroyable pouvoir de manipulation (devant la caméra de son personnage, les individus deviennent des pantins totalement soumis à son pouvoir et obéissants à ses ordres).

Or chez Odoul, il ne reste que cet aspect manipulateur. Repéré jusqu’ici pour ses chroniques rurales austères (c’est du moins l’image que je m’en fais, n’ayant jamais vu l’un de ses films), que ce soit Le souffle ou En attendant le déluge ; Odoul joue ici, à travers le personnage de cinéaste qu’incarne (plutôt bien mais dans son style habituel de Pierrot lunaire et funambulesque) Mathieu Amalric, de son statut de cinéaste pour mettre à sa botte toutes les femmes. C’est le rustique qui, monté soudainement à Paris, réalise quel pouvoir lui confère sa profession et qui en abuse de manière totalement indécente.

Richard O., affublé d’un grand échalas en guise d’assistant, tourne des essais vidéo qui lui permettent d’assouvir son insatiable désir pour les femmes. L’histoire de Richard O. se limite à cette quête de chair fraîche que le cinéaste filme avec une certaine frontalité, en ne reculant pas devant les actes sexuels non simulés. C’est d’ailleurs sur cette caractéristique qu’est vendu ce film que rien ne distingue, finalement, d’un banal porno.

La représentation du sexe à l’écran est une question passionnante et j’avoue avoir été séduit ces dernières années par un certain nombre de propositions (Catherine Breillat, Larry Clark, Jean-Claude Brisseau, Tsai Ming-Liang…). On peut penser ce que l’on veut de ces cinéastes mais on ne peut pas nier des partis pris esthétiques évidents. Or Odoul le dit lui-même : le seul principe qui l’a guidé pour faire ce film, c’est d’éviter les gros plans « propre à la mécanique du porno ». Soit ! Mais sans plus d’idées de mise en scène, cela reste toujours du porno ! Un peu plus « respectable » si l’on veut, mais beaucoup plus hypocrite. Car rien ne distingue L’histoire de Richard O. des films de ce genre hormis l’absence des gros plans anatomiques : dialogues orduriers, mâle dominateur devant qui toutes les femmes se pâment, fantasmes féminins qui évacuent tout le sexuel au profit d’un exhibitionnisme très « contemporain » et atterrant de vulgarité satisfaite (fantasmes de viols, de copulations expresses dans une cage d’escaliers…), plus une trace de complicité amoureuse, de désirs partagés, de caresses ludiques…

Une fois seulement (lorsque Amalric et sa fiancée « officielle » se retrouve au lit) on se dit qu’un peu de trouble et d’émotion vont passer et nous consoler de ce plat étalage de viandes. Et là encore, Odoul n’ose pas jouer la durée (n’est pas Breillat qui veut !), coupe toujours au mauvais moment et se montre incapable de donner un peu de chair à ses ébats.

Le pire, c’est que ce film se veut très « branché » et qu’il fait gondoler une bonne partie de la critique bien-pensante. Croyez le si vous le voulez mais c’est censé être drôle ! Si mon honnêteté me pousse à avouer avoir souri lorsque Amalric se fait dérouiller par une vietnamienne hystérique (qui en a marre des clichés que ses yeux bridés génèrent et qui affirme être totalement française et parler français, ce qui est aller un peu vite en besogne tant son langage, constellé de « putain » à chaque phrase écorche les oreilles !), le reste est consternant et n’appelle pas plus de commentaires.

C’est tout simplement nul, dénué de toute idée de cinéma et fort déplaisant dans le propos. Quand à la notion d’érotisme, n’en parlons même pas ! Revoyez plutôt, sur un thème assez analogue les magnifiques Anges exterminateurs de Brisseau ou le génial l’amateur, court-métrage d’Olivier Smolders qui surpasse très, très largement ce petit produit choc et branchouille à oublier le plus rapidement possible…

Par Dr Orlof - Publié dans : Critique
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 20:06

Seize bougies pour Sam (Sixteen candles) (1984) de John Hugues avec Molly Ringwald

 

Le seul nom de John Hugues suffira sans doute à faire revenir aux lecteurs de ma génération une flopée de souvenirs cinéphiliques. Preuve que ce ne sont pas nécessairement les grands cinéastes qui marquent les esprits d’une génération ! Pensez quand même qu’Une créature de rêve fut le premier film que je pus aller voir seul au cinéma. Et je ne parle même pas de Breakfast club, que Christelle (vous avez remarqué que toutes les filles nées au début des années 70 s’appellent Christelle, Christine, Stéphanie ou Sandrine ? Est-ce pire que les Léa, Théo, Hugo d’aujourd’hui ? Je n’en suis pas certain…) me fit découvrir en me prêtant sa vieille VHS et qui devint notre film fétiche avec The Wall d’Alan Parker (que j’aie pu aimer un film d’Alan Parker tend à prouver que l’adolescence est une période de démence totale !).

Bref, John Hugues, c’est LE docteur ès-« teen movie », le grand gourou des amourettes lycéennes et l’oracle des dépucelages romantiques.

Si je ne veux en aucun cas renier mon passé, je dois également vous prévenir que j’ai horreur de cette nostalgie kitsch dans laquelle barbotte un certain nombre de mes congénères trentenaires. Et je ne trouve rien de plus pathétique que ces soirées à se remémorer des musiques de génériques de séries télévisées nulles ou à verser une larme sur ces pitoyables ringardises dont la sorcière Dorothée nous abreuvait quand nous n’étions que d’innocents enfants ! Et je ne trouve rien de plus insupportable que cet état d’esprit contemporain infantile que résument parfaitement bien dans leur chanson les excellents Malpolis : « Comme, socialement, ça le fait chier d’aimer que des trucs jugés ringards : il dit que c’est du second degré. Le samedi soir il sort en boite avec ses amis et sa femme, des cadres quadra qui s’éclatent sur Candy et Capitaine Flam. »

Tout ça pour en arriver à Seize bougies pour Sam, archétype du « teen movie » que Hugues tourna à la même époque que Breakfast club et avec la même interprète (la craquante Molly Ringwald).

Samantha est bien malheureuse aujourd’hui. C’est son anniversaire, elle vient d’avoir 16 ans. Ca devrait être un grand jour mais sa sœur aînée se marie et personne ne songe à lui souhaiter son anniversaire. De plus, elle a craqué sur le play-boy du lycée alors qu’il sort avec la plus belle fille du coin et qu’il ne lui a jamais adressé le moindre regard…

Vous vous doutez certainement de la fin de cette histoire (faut dire que comme le montrait fort bien le délicieux Sex academy, les cinéastes du genre ont le don de prendre des comédiennes irrésistibles dans le rôle de la fille « banale » alors que la reine du bal suinte la vulgarité de l’esthéticienne décolorée de province !) et ces quelques lignes vous aurons permis sans le moindre mal d’évaluer le potentiel de sottise de ce film.

Sans la moindre idée de mise en scène (Ah, si, une ! le cinéaste cadre en gros plan deux gars qui se font les muscles sur une barre fixe. Pendant leur dialogue, le champ s’élargit à mesure que la caméra s’éloigne et le spectateur réalise que leurs pieds touchent par terre. Classique mais efficace !), Hugues déroule ses kilomètres de guimauve et nous écoeure assez rapidement.

Finalement, le « teen movie » est à l’image de l’adolescence : lorsqu’on est dedans, on le ressent comme quelque chose de très profond et d’indispensable et lorsque les années ont passé, on ne voit plus que d’insupportables péteux avec du gel dans les cheveux (même si ce n’était pas encore la mode dans les années 80 !)

Seize bougies pour Sam ne présente donc pas le moindre intérêt même si je dois reconnaître avoir ri à quelques gags idiots. Mais ce qui m’a le plus frappé, c’est de constater que bien avant American pie et ses resucées, John Hugues frappait déjà amplement sous la ceinture et donnait volontiers dans le gag scato (le grand-père après qui il faut éviter de passer aux toilettes, la mariée importunée par des règles douloureuses pendant la cérémonie nuptiale…Très léger, isn’t it ?)

S’il allait au bout de sa lourdeur (comme le faisait, répétons-le, Sex academy, bien plus parodique et plus drôle), John Hugues arriverait à nous séduire. Là, il a plutôt tendance à nous bercer et seul l’étonnante présence d’un John Cusack tout poupon parvient à nous tirer de notre torpeur.

Les fans du « teen movie » ne me pardonneront sans doute jamais cet affront mais il fallait que les choses soient dites…

 

 

Par Dr Orlof - Publié dans : Critique
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