Mercredi 3 janvier 2007 3 03 /01 /Jan /2007 18:27

La dialectique peut-elle casser des briques ? (1973) de René Viénet

 

 

Commençons l’année en fanfare avec le foutripétant brûlot situationniste fricoté par l’agitateur hors-pair René Viénet et ses petits camarades ; « toast aux exploités pour l’extermination des exploiteurs ». Profitons également pour remercier Vincent qui m’a fait découvrir ce site extraordinaire où le film est en ligne.

Nous en parlions à propos de Lily la tigresse, La dialectique peut-elle casser des briques ? est un film entièrement détourné. A l’origine, un banal film de kung-fu mettant en scène la résistance de jeunes coréens contre l’envahisseur japonais dont les auteurs ont totalement remodelé la bande-son. Aux dialogues totalement transformés, Viénet a également ajouté des voix-off saccageuses présentant les personnages (« imbécile portant des pétitions, justement piétinés par les bureaucrates »), invitant les spectateurs à se réapproprier le cinéma et à détourner tous les films (« les navets de Varda, de Pasolini, de Cayatte, de Godard et même les bons westerns italiens »), à lire les classiques de la subversion (« réédités chez Champ libre, qu’on peut chouraver dans toutes les bonnes librairies ») et surtout, à prendre d’assaut le vieux monde.

 

 

Notre nanar oriental devient donc une diablerie subversive où les masses prolétariennes luttent avec un grand courage contre les bureaucrates et leur arsenal répressif (scène très drôle où lesdits bureaucrates s’écrient :  « ne parlez plus lutte de classes ou je vous envoie mes sociologues, mes psychiatres, mes Lacan, mes Foucault, ou même des structuralistes ! »).

Le résultat est à la fois désopilant (j’aime énormément ce moment où un petit garçon se dispute avec une fillette et la rejette parce que cette dernière a « conservé ses illusions castristes » !) et constitue une parfaite entrée en matière pour découvrir la pensée situationniste, une des plus radicales et des plus pertinentes de ce siècle (rien de moins !).

Outre les références directes aux ouvrages théoriques majeurs du mouvement (la société du spectacle de Debord, le traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations de Vaneigem), ce sont parfois les personnages qui citent directement ces auteurs (« Ceux qui parlent de révolution et de lutte de classes sans se référer explicitement à la vie quotidienne, sans comprendre ce qu’il y a de subversif dans l’amour et de positif dans le refus des contraintes, ceux-là ont dans la bouche un cadavre »)

 

 

Il n’est pas question de vous faire ici un cours sur la théorie situationniste alors je me contenterai de schématiser à l’extrême en énumérant les idées que ce film expose de ladite théorie. Primo, la critique radicale de tous les aspects d’une vie aliénée par l’économie marchande. Deusio, une critique non moins radicale de toutes les idéologies qui ne s’appuient ni sur l’individu, ni sur la vie quotidienne (le film est très ironique sur Trotsky, le « grand-père des bureaucrates » et ne ménage ni les organisations syndicales, ni les stalino-léninistes, ni les castro-maoïstes…). Tertio, le champ d’action choisi est d’abord celui de l’Art (nous le verrons à propos des films de Debord) qu’il s’agit de dépasser et de réaliser. Dans la dialectique peut-elle casser des briques ? sont cités les grands inspirateurs du mouvement : Lautréamont, Sade, Reich, Fourier et Bakounine, Dejacque et Coeurderoy, Bonnot, Makhno et Pancho Villa sans parler des communards.

Leur pratique de l’Art passe par le détournement, « remise en jeu globale. C’est le geste par lequel l’unité ludique s’empare des êtres et des choses figées dans un ordre de parcelles hiérarchisées. » [Vaneigem]. En se rappropriant les formes populaires du cinéma, Viénet et ses compères entendent bien montrer la voie du grand chambardement qui passe par un chambardement des formes artistiques (« le détournement, qui a fait ses premières armes dans l’art, est maintenant devenu l’art du maniement de toutes les armes. » [idem])

 

 

C’est là où réside la grande force du film et ce qui le différencie du détournement potache de Woody Allen : le détournement n’est pas une fin en soi mais un moyen pour renverser toutes les perspectives.

Un des personnages le dit dans le film : « l’arme de la critique n’est rien sans la critique par les armes ». Il ne s’agit pas de faire rire à peu de frais le spectateur (même si c’est le cas) mais d’inciter les individus à réinventer leur quotidien en occupant les usines, en déclenchant la grève sauvage et en proclamant l’autogestion généralisée.

Un bien beau programme pour un film indispensable pour ceux qui persistent à vouloir avoir les yeux en face des troubles…
Par Dr Orlof - Publié dans : Critique
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Lundi 1 janvier 2007 1 01 /01 /Jan /2007 12:46

C’est parti pour le bilan de l’année 2006 !

 

 

 

1er       Cœurs (A.Resnais)

2ème       Le caïman (N.Moretti)

3ème     Les lumières du faubourg (A.Kaurismäki)

4ème     Volver (P.Almodovar) 

5ème     Les anges exterminateurs (J.C.Brisseau)

6ème       Flandres (B.Dumont)

7ème     L’ivresse du pouvoir (C.Chabrol)

8ème     Les infiltrés (M.Scorsese)

9ème     Scoop (W.Allen)

10ème   Pompoko (I.Takahata)

            Nausicää (H.Miyazaki)

 

 

               

 

 

***

Premier constat : pour moi, l’année 2006 a été particulièrement riche pour un cinéma français que je trouve généralement assez pantouflard et qui me déçoit souvent depuis quelques années. Il est rare que je place quatre films français dans mon top 10 et cette année, j’aurais pu aussi distinguer le délicieux Changement d’adresse d’Emmanuel Mouret sans parler de tous ces films que j’ai trouvés intéressants même s’ils me paraissent pas totalement aboutis (Bled number one, la trahison, Lady Chatterley, Avida voire même l’assez sympathique Quatre étoiles). Revers de la médaille, la plupart des plus mauvais films de l’année (Honoré, Benguigui, Bonitzer, Cantet) sont également français. Mais nous n’insisterons pas puisque nous avons décidé d’attaquer l’année 2007 de bonne humeur !

 

 

 

Sinon, ce classement révèle que je persiste, même inconsciemment, à croire encore en la « politique des auteurs » puisque je place très haut les derniers opus des grands cinéastes européens qui représentent à eux-seuls la vitalité des cinématographies de leurs pays respectifs (Moretti pour l’Italie, Almodovar pour l’Espagne, Kaurismäki pour la Finlande). Idem pour le cinéma américain auquel je reste attaché par le biais des grands « ancêtres » : Scorsese, Allen à qui j’aurais pu joindre Spike Lee (revenu plutôt en forme avec Inside man), Terry Gilliam (pour le sous-estimé Tideland) ;  Malick et De Palma quoique leurs films me soient apparus un brin malades.

 

 

 

            Dernier constat : la quasi-absence d’un cinéma asiatique que je porte généralement aux nues. Heureusement que d’anciennes animations des maîtres japonais (Miyazaki, Takahata) ont été exhumées cette année, sinon, mon top 10 aurait été dépourvu de films extrêmes-orientaux (malgré un accueil dithyrambique, The host ne m’a qu’à moitié séduit et le dernier Kitano est certainement la plus grosse déception de l’année pour moi !)

 

 

 

            Sur ces belles paroles, je vous remercie, fidèles lecteurs, d’avoir suivi mes élucubrations fumeuses pendant toute cette année et je vous souhaite sincèrement une excellente année 2007…

 

 

 

NB : N’hésitez pas à me communiquer vos films préférés de l’année écoulée…

 

 

 

 

Par Dr Orlof - Publié dans : Top des tops
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Dimanche 31 décembre 2006 7 31 /12 /Déc /2006 16:54

Le manoir de la terreur (1980) d’Andrea Bianchi

 

 

 

Autant vous prévenir d’emblée, outre l’idée de détournement, il va également être beaucoup question de morts-vivants en ce début d’année 2007 puisque mon cher Boulet m’a offert un beau coffret avec quelques pépites bis italiennes (Bianchi et Fulci) avant de réaliser que ce n’était sur celui-ci que j’avais jeté mon dévolu. Du coup, grand prince, il a surenchérit en m’offrant aussi la trilogie de Romero (celle là même que je convoitais).

Au royaume des bouchers-charcutiers transalpins, je vous demande d’accueillir aujourd’hui un nouveau venu en la personne d’Andrea Bianchi (premier film que je vois de ce cinéaste). En consultant mes archives, j’ai pu constater que ce n’est pas l’horreur sanguinolente qui a fait la renommée (si tant est qu’on puisse parler de « renommée » à propos de Bianchi) de notre homme mais plutôt la comédie polissonne (la collégienne prend des vacances) et les salingueries soft ou hard (les besoins de la chair). Notons que la plupart de ses films X sont signés d’un pseudonyme totalement transparent : Andrew White (je suppose que s’il avait tourné en France, il se serait fait appeler André Blanc !).

D’une certaine manière, son œuvre se rapproche de celle de Joe d’Amato (en moins prolifique) et il était dit qu’en bon cinéaste « bis », il devait faire son baptême d’hémoglobine.

 

 

 

Le scénario du Manoir de la terreur, d’une rigueur toute durassienne, tient en une ligne. Un savant invite trois couples dans sa vaste demeure pour les tenir au courant de ses recherches sur les Etrusques et leur manière de ressusciter les morts. Sauf que pour des raisons que nous continuons d’ignorer, il met en branle un processus qui fait revenir à la surface de belliqueux zombies. Le reste se réduit à une course-poursuite où nos jeunes gens tentent tant bien que mal (soyons franc : plutôt mal) d’échapper au carnage…

Que serait la série Z sans ses incohérences, ses dialogues qui laissent pantois, ses maladresses ? L’amateur pervers trouvera ici de quoi se réjouir : lorsqu’un zombie attaque pour la première fois un couple, l’homme ne trouve rien de mieux que de prononcer doctement un surréaliste « je suis terrorisé » sans esquisser le moindre geste !  De la même manière, j’imagine que si vous vous retrouviez face à un mort-vivant atrocement défiguré et plein d’asticots sur le visage ; vous auriez une autre idée que de lui demander : « Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous voulez ? ». C’est pourtant ce que demande l’un des jeunes premiers !  Et pour terminer, alors que le manoir est assiégé par les morts-vivants et que de nombreux morts sont déjà à déplorer, un des membres prend une décision stratégique (Clausewitz, où es-tu ?) qui m’a paru un brin légère : « ouvrons-leur, ce n’est pas nous qu’ils recherchent et ils sont lents » ! (ce qui n’est d’ailleurs pas forcément vrai car si certains semblent se déplacer sous prozac, d’autres font preuve d’une vivacité peu commune pour des cadavres en décomposition !).

 

 

 

Vous l’avez compris, le scénario est bête à pleurer. Ceci dit, nous répétons sans arrêt qu’un film ne vaut pas pour son « histoire » mais par la manière et le style utilisés par le cinéaste pour la faire vivre. Ici, force est de constater que la mise en scène se contente de suivre paresseusement le déroulement du programme « gore » minimum. Quelques beaux plans, bien cadrés, n’arrivent pas à faire oublier un montage souffreteux qui peine à imprimer un rythme.

 

 

 

Ces réserves faites, pour peu qu’on ne soit pas totalement allergique aux boucheries bien répugnantes, le film se laisse voir sans ennui et n’est pas si mauvais que je le craignais. Bianchi respecte assez bien la gratuité totale du cinéma « gore » (éviscérations multiples, égorgements, décapitations à la faux, têtes de zombies explosées à coup de fusil…)  en conservant un certain sérieux dans la lignée de Lucio Fulci. Quand aux maquillages des morts-vivants, ils sont assez réussis et bien répugnants comme il le faut.

Une des choses qui m’amuse désormais le plus (je suis un peu blasé du cinéma « gore »), c’est de voir jusqu’où tout ces cinéastes italiens vont oser aller. Au tournant des années 80, il y a eu une véritable compétition pour filmer les pires atrocités, pour être le plus répugnant. Lucio Fulci nous a offert quelques énucléations peu ragoûtantes ; Deodato, des dépeçages animaliers totalement repoussants (Cannibal holocaust) ;  Lenzi, deux castrations pour le prix d’une dans le délicat Cannibal Ferox avant que Joe d’Amato filme un anthropophage dévorant un fœtus après l’avoir extirpé du ventre d’une femme enceinte ! Miam ! On se demande alors ce qu’il restait à Bianchi et bien il a trouvé en introduisant dans son récit un brin de psychanalyse et un complexe d’Œdipe non résolu. L’une des héroïnes (assez splendide) est venue au manoir avec son fils. Celui-ci a la particularité d’avoir le visage d’un vieillard et ressemble un peu au petit bonhomme qu’on voit souvent dans les films de Lynch (je ne me souviens pas du nom de l’acteur). Le fiston surprend d’abord sa mère en train de faire l’amour (aïe !) puis se montre très pressant dans une scène assez troublante puisque la mère ne le repousse qu’une fois les seins à l’air et la robe retroussée jusqu’en haut des cuisses. Devenu zombie, notre petiot revient à la charge tandis que sa maman, tellement contente de le retrouver, lui laisse le loisir de téter. On devine ce qui advient : le petit monstre mord et arrache en gros plan le téton de sa génitrice (c’est pas bien beau comme mot, mais il faut bien trouver des synonymes pour ne pas vous lasser !).

Voilà, voilà ! Sur ces réjouissances, je vous souhaite un bien agréable réveillon (bon appétit, surtout !) et je vous donne rendez-vous l’année prochaine pour un petit bilan de l’année 2006…

 

 

 

Par Dr Orlof - Publié dans : Critique
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Samedi 30 décembre 2006 6 30 /12 /Déc /2006 09:24

Lily la tigresse (1966) de Woody Allen

 

 

Préparez-vous à cette idée : en ce début d’année 2007, il devrait être souvent question de détournement en ces pages. Ca a commencé par le petit extrait que je vous ai offert de La dialectique peut-elle casser des briques ? de René Viénet et on devrait y revenir à propos des œuvres cinématographiques de Guy Debord (si après deux changements, les DVD de mon coffret daignent enfin fonctionner !). D’une certaine manière, Si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres était également une tentative (pitoyable, certes !) de détourner un film porno par des commentaires « inspirés ».

Pour son premier film, Woody Allen n’a quasiment pas filmé d’images. Mis à part quelques séquences additionnelles souriantes, il s’est contenté de refaire la bande-son d’un film d’exploitation japonais (la clé de la clé de Taniguchi, si vous voulez tout savoir) pour en faire une parodie de film d’espionnage.

 

 

A partir d’un obscur film de yakusa, Woody Allen réinvente une intrigue totalement farfelue où les personnages partent à la recherche de la recette de la salade aux œufs et s’entretuent en prononçant des dialogues totalement décalés.

Pour les situationnistes qui prônaient le dépassement de l’art, le détournement n’était pas une fin mais un moyen de se réapproprier des formes populaires de moyen d’expression (BD, cinéma de genre…) pour les rendre subversives. Ici, le détournement n’a d’autres fins que de faire rire (noble tâche) mais n’y parvient que partiellement.

 

 

Il est vrai que certaines répliques totalement décalées (« citez trois présidents » dit un séducteur japonais à une belle femme qu’il est en train de séduire) font sourire et j’aime bien celles qui trahissent les obsessions de son auteur (notamment ce moment où un nippon viril se fait descendre et prononce un délicieux « Je meurs, allez chercher mon rabbin » !) Mais si le dispositif amuse au début, il lasse assez vite.

D’une part, détournée ou pas, Woody Allen reste prisonnier d’une intrigue originelle et doit calquer son film sur des situations narratives qui n’ont rien de passionnantes. D’autre part, ses dialogues ne suffisent pas à donner du souffle à une mise en scène poussive et des personnages ineptes. Du coup, Lily la tigresse ressemble un peu à une soirée entre potaches où l’on coupe le son de la télé et où l’on s’amuse à réinventer les dialogues. C’est amusant pour ceux qui le font mais ça laisse les autres un brin perplexes s’ils ont l’occasion de voir un résultat enregistré !

 

 

Rien de déshonorant cependant : le film est relativement court (à peine 1 heure 20), certaines répliques font mouche et même si on s’ennuie un peu, le film suscite une certaine curiosité. Ca reste néanmoins un petit exercice de style très mineur et le film de Woody Allen que j’aime le moins…

Par Dr Orlof - Publié dans : Critique
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Jeudi 28 décembre 2006 4 28 /12 /Déc /2006 18:39

Si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres (1977) de Raymond Lewin avec Pierre Doris, Gérard Jugnot, Romain Bouteille, Josiane Balasko, Martin Lamotte, Thierry Lhermitte.

    

 

Cédons une fois de plus au plaisir de vous conter une petite anecdote personnelle. C’est adolescent que j’ai découvert l’existence de ce film. A cette époque, parfum de l’interdit oblige, je m’amusais à parcourir dans les quelques numéros de Pariscope que je possédais les titres des films sulfureux (ceux qui avaient le carré blanc) et des films pornos (depuis, c’est toujours les titres que je préfère lorsque je me penche sur le genre). Ca n’a l’air de rien mais c’est le fait qu’ils aient été interdits au moins de 18 ans qui m’a donné une furieuse envie de découvrir Sauve qui peut la vie et Masculin, féminin de Godard ou encore certains Fassbinder. Je ne vais pas improviser ici une psychanalyse sauvage mais ce goût de la transgression a compté énormément lorsqu’il s’est agit de forger ma cinéphilie…

Or en découvrant un jour la liste des films pornos du catalogue de mon vidéo-club (il est évident qu’il était hors de question que je loue un film de ce genre !) , j’eus la surprise de découvrir le titre du film dont il est question ce soir et surtout de constater qu’il était interprété par l’équipe du Splendid qui était, à l’époque, ma référence absolue (temps béni où avec mes frères et mes cousines, nous récitions par cœur les dialogues du Père noël est une ordure et des deux Bronzés). Par la suite, sans avoir beaucoup de précision, il m’est arrivé d’entendre parler du « porno » du Splendid et ce film est resté longtemps un mystère pour moi.

 

 

 

15 ans après, j’ai enfin vu ce film et, disons-le tout net, c’est l’arnaque du siècle ! Non pas que l’idée de voir Jugnot copuler avec Balasko m’ait fait relever la nuit mais le fait d’avoir classé ce film au rayon « X » relève de la pure escroquerie.

Si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres repose sur une idée unique : mettre une bande de comédiens comiques dans une salle où est projeté un film porno et les laisser improviser des commentaires sur ladite œuvre.

Le résultat est consternant !

Quelques extraits toujours très « soft » (l’esthète amateur de chairs fraîches et appétissantes devra se contenter de quelques fugaces poitrines) entrecoupent un balayage régulier de la salle où les remarques sont censées fuser ! Niveau zéro de la mise en scène ! Quant aux dialogues improvisés, ils ont le mérite de prouver une chose banale mais qui ne paraît pas toujours évidente aux « humoristes » professionnels : la comédie est l’art le plus compliqué qui soit et nécessite un travail énorme. C’est une hérésie de penser que laisser quelques acteurs se défouler devant un film porno produira quelque chose de drôle. On a l’impression de voir ici une bande de copains à un banquet de mariage de sous-préfecture tentant d’animer laborieusement la soirée. Ca va des phrases répétées cinq fois (« c’est quand qu’il arrive Belmondo ?») aux blagues de patronage les plus ringardes (mention spéciale au nullissime Pierre Doris) en passant par un petit « jeu de rôle » inepte (Jugnot endossant l’habit du puritain scandalisé par le spectacle tandis qu’un autre joue celui qui l’apprécie et le défend) .

Tout cela est bête à pleurer et on s’amusera seulement de voir le casting de luxe de ce film (en plus de l’équipe du Splendid, on reconnaîtra les acteurs du Café de la Gare), par exemple Thierry Lhermitte qui ne dit pas un mot (Jugnot, Bouteille, Doris et Mme Souplex demeurant les principaux acteurs à intervenir) mais qu’on voit à chaque plan car il est assis juste derrière Pierre Doris (il n’aura qu’à tenir son rôle de spectateur hilare ou ébahi par le film).

 

 

 

Mis à part cette curiosité de découvrir dans cette galère de jeunes acteurs qui allaient devenir célèbres, tout cela suinte le poujadisme le plus rance, la gaudriole la plus bécasse et l’esprit franchouillard le plus déplaisant (chez nous, on aime la bonne bouffe et les bonnes blagues mais on s’offusque du sexe !) Finalement, ce qui paraît le plus drôle dans ce film, c’est bel et bien la bande porno diffusée dont on ne voit que de rares extraits mais qui semble être un bijou de ringardise rigolboche !

Qui me dira le nom de ce film ?

 

 

 

PS : Je suis également preneur d’information sur l’obscur Raymond Lewin qui a « réalisé » ce film. Savez-vous ce qu’il a fait d’autre ? (J’ai juste découvert par hasard son nom comme monteur d’un vrai film X : s’est-il spécialisé dans cette discipline ?)

 

 

 

Par Dr Orlof - Publié dans : Critique
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