Lundi 18 août 2014 1 18 /08 /Août /2014 20:18

Au bout du compte, une bonne partie des anciens rédacteurs de Kinok ont effectué un parcours exemplaire. Deux d’entre eux sont devenus critiques aux Cahiers du Cinéma (Stéphane du Mesnildot et Joachim Lepastier) tandis que deux autres écrivent désormais régulièrement pour Les fiches du cinéma (Vincent et Edouard). Timothée participe, entre autres, au site Independencia et Antoine Mouton vient de publier dans la prestigieuse revue Trafic un essai sur le cinéma de Lars Von Trier !

C’est grâce à Kinok que j’ai découvert le blog d’Antoine Une fameuse gorgée de poison et que j’ai pu apprécier la profondeur et la singularité de ses analyses, la qualité de son écriture. Par ailleurs, il a publié quatre livres et j’imagine que ce sont ses multiples activités qui rendent sa voix (trop) discrète dans la blogosphère. C’est dommage car ce compagnon de route qui participa aux débuts de Zoom Arrière possède une vision précise et précieuse du cinéma, à mille lieues du tapage de l’actualité et des avis péremptoires et bruyants qu’on trouve souvent sur Internet.

En attendant de pouvoir le lire très prochainement, je suis très heureux de l’accueillir ici pour les 10 ans de ce blog…

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***

Quand je pense au Dr Orlof, je vois quelqu'un scruter des visages. Quelqu'un qui les observe longtemps, qui les garde en mémoire, puis qui tente d'en dire quelque chose. Quelqu'un d'un peu maniaque peut-être, obsessionnel assurément, investi d'une mission qui ne concerne que lui : regarder tous les Cinématons de Gérard Courant, et rendre compte de chacun. Un visage, une phrase.


Je n'ai jamais vu le visage du Dr Orlof. A vrai dire je ne lui en imagine pas. Son visage est fait de tous les visages qu'il a recensés.


J'ai cherché une photographie qui pourrait le représenter et finalement j'ai pensé à une chanson. I'll be your mirror .

Le Dr Orlof chante I'll be your mirror devant tous les Cinématons de Gérard Courant.

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Dimanche 17 août 2014 7 17 /08 /Août /2014 15:49

Inutile de présenter le grand écrivain qu’est Jérôme Leroy d’autant plus que j’ai dit, à plusieurs occasions, tout le bien que je pensais de son roman Le bloc. C’est ici du « blogueur » dont il va être question puisque Jérôme tient régulièrement à jour son Feu sur le quartier général. J’ignore quand j’ai découvert exactement ce blog mais ça devait être en 2009. En effet, c’est à cette époque que Jérôme Leroy a laissé pour la première fois un commentaire chez moi, sur une note consacrée à Adolescence pervertie de Benazeraf.

Même si je ne partage pas forcément toutes ses opinions (il ne cache pas son appartenance au Front de gauche et son adhésion au communisme alors que mes goûts me poussent plus vers les situationnistes et les anars individualistes), j’ai été toujours frappé par l’incroyable ouverture d’esprit de Jérôme. Il pourrait faire sa devise de cet aphorisme de Scutenaire qu’il citait récemment - « C’est mon opinion ; et je ne la partage pas »-. Loin de tout sectarisme, il peut défendre des personnalités de droite et prêche avant toute chose un goût immodéré pour les arts et la littérature, pour les jolies femmes et un certain art de vivre en train de disparaître sous les coups de boutoirs du « disneyland préfasciste ». La formule est galvaudée mais c’est tout simplement « quelqu’un de bien ».

En décembre 2012, Jérôme Leroy me propose de publier sur le site Causeur une note de mon blog consacrée au film Après mai d’Olivier Assayas. La publication a une réputation sulfureuse mais j’aime son éclectisme et la diversité des plumes qui y écrivent. Si certains intervenants me débectent profondément (je ne citerai personne mais ils sont finalement pas si nombreux que ça), d’autres me réjouissent de la même manière. De plus, certains de mes petits camarades m’ayant précédé (Ludovic et Timothée), je n’hésite pas une seconde à participer à cette aventure. Pour la petite histoire, Jérôme n’était pas du tout d’accord avec moi sur le film d’Assayas (que je n’aime pas) mais il a eu l’honnêteté de publier un point de vue différent du sien. Quand je vous parlais d’ouverture d’esprit…

Depuis 2012, j’ai publié plus d’une douzaine d’articles sur Causeur (dont un dans la version papier) : certains sont des reprises de mes notes de blog (sur Le trouble-fesses ou Manina, la fille sans voile), d’autres ont été directement écrits pour le site (notamment une nécrologie de… José Benazeraf !). J’ai pu, sur ce site, assouvir ma soif d’éclectisme en écrivant aussi bien sur du cinéma bis (Jess Franco) que sur Gérard Courant (Lire).

Jérôme Leroy en aura peut-être un jour marre de mes contributions mais en attendant, je le remercie chaleureusement pour m’avoir permis de vivre cette belle aventure et pour avoir bien voulu fêter, lui aussi, les dix ans de ce blog.    

***

 Cher Docteur,

 

Je suis arrivé finalement assez tard  dans la blogosphère. Votre blog et celui de Ludovic Maubreuil ont d'emblée trouvé place dans mes liens. Pourquoi? Parce que j'aime la cinéphilie mais que j'ai rarement trouvé des discours clairs. Et vous docteur vous avez un discours clair sans avoir de ligne. Cette liberté rafraichissante qui n'exclut pas la précision, je ne l'avais trouvée auparavant, et je ne veux pas vous écraser par la référence, chez Bory, par exemple. Quand on voit, par ailleurs, ce qu'est devenue la critique de cinéma aujourd'hui dans la plupart de ses rails officiels, je crois que vous avez tort de vous interroger sur la pertinence de la forme du blog. Il a un bel avenir devant lui, en général et pour vous en particulier.

Je vous joins une illustration de Punishment Park, pour une raison simple: c'est un film qui aime le genre et qui en sait la portée éminemment politique. C'est aussi une allégorie juste du cinéma lui-même une fiction qui se fait passer pour vraie afin d'affirmer son caractère de fiction.

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Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Samedi 16 août 2014 6 16 /08 /Août /2014 13:57

Si mes souvenirs sont bons, c’est par l’intermédiaire du blog Matière Focale (où il écrira quelques textes) que j’ai rencontré Ludo Z-Man. Cela remonte à bien longtemps puisque je crois me souvenir du moment où il lança son propre blog Série bis en 2006. De 2006 à 2008, Ludovic va tenir la barre d’un de mes blogs favoris, où il fut question, bien évidemment, de cinéma bis mais traité avec une véritable tendresse, beaucoup d’érudition et une indéniable curiosité. C’est donc avec regret que j’ai vu l’auteur délaisser peu à peu son espace et se faire de plus en plus discret. Petite consolation, j’ai retrouvé il y a peu Ludovic sur Facebook où il est, là encore, relativement discret (mais c’est aussi la grande qualité de cet internaute que de ne jamais chercher à se mettre en avant ou d’aller au conflit) et où j’ai toujours plaisir à échanger quelques mots avec lui. En espérant qu’il se mette un jour à écrire de nouveau, c’est avec une grande joie que je publie sa contribution…

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Bon, alors donc, moi, quand je suis tombé au hasard sur la prose du docteur Orlof, il se faisait encore appeler Pierrot. C'était à l'époque de la plateforme 20six qui, si je me souviens bien, avait complètement changé son interface et fait fuir la plupart de ses utilisateurs, laissant moult blogs à l'abandon. Personnellement, je pratiquais plutôt les forums de discussion et j'étais aussi sur un site qui a depuis longtemps disparu où l'on postait son top de ses vingt films préférés de tous les temps (certains se souviennent peut-être d’YMDB.com) et on pouvait commenter les classements des autres utilisateurs. Le blog de Pierrot fut donc l'un des premiers blogs cinéma que je me mis à lire régulièrement, sur lesquels je postais des commentaires à l'époque du fameux classement des films les plus érotiques de tous les temps (cette manie du classement, on n’en sort pas !). Il a fini par devenir le docteur Orlof tandis que j'utilisais (et j'utilise toujours) un pseudo ridicule, Ludo Z-Man. Lui rendant hommage au savant fou, personnage récurrent des films de Jess Franco incarné par Howard Vernon, un des acteurs fétiches du cinéaste espagnol ; et moi au personnage interprété par John Lazar dans le Beyond the Valley of The Dolls de Russ Meyer, Z-Man le producteur transgenre et décadent, sorte de Phil Spector sous acide. Chacun ses obsessions cinéphiliques, dira-t-on. Mais il a fait le bon choix, comme le docteur Orlof, qui semble s'obstiner à revenir de films en films parfois sous d’autres noms, même après avoir été tué par son monstrueux serviteur aux yeux immobiles, Morpho, toujours prêt à commettre de nouveaux méfaits, le blog du docteur Pierrot est toujours là, dix ans après et avec la même régularité : quelle santé ! Comme mon camarade Vinz J. Orlof l'a très bien expliqué, aujourd'hui les moyens d'échanger sur le cinéma ont encore évolué à cause de la concurrence des réseaux sociaux. Il y eut à l'époque un âge d'or de la blogosphère cinéphilique au point que moi-même, je finis par me lancer bien modestement. Et comme je lui ai déjà dit, le plaisir que je prenais à le lire y est pour beaucoup, Vincent a (je l'espère) donné à ses lecteurs l'envie de découvrir des films, mais il a aussi donné à certains l'envie d'écrire et d'être lu. Pour tout ça, je le remercie.

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Vendredi 15 août 2014 5 15 /08 /Août /2014 18:02

En ouvrant ce livre d’or, j’étais persuadé que certains noms de cinéastes égratignés par votre serviteur allaient ressortir sous la plume de mes invités (Eastwood, Spielberg, Honoré, Ozon…). Je n’imaginais pas que le nom qui allait revenir le plus souvent serait celui de Gérard Courant. Du coup, je pense que je peux me targuer d’avoir fait découvrir ce cinéaste atypique à un grand nombre de mes lecteurs, même s'ils n'ont vu aucun de ses films ! Je ne reviendrai pas sur la manière dont j’ai découvert son oeuvre ni comment je l’ai rencontré par la suite puisque j’en ai déjà parlé ici.

Je me contenterai de souligner que parmi toutes les belles aventures que m’a fait connaître ce  blog, la rencontre avec Gérard ne fut pas la moindre. J’aurais sans doute eu du mal à imaginer qu’en débutant ces critiques régulières, j’allais pouvoir me lier d’amitié avec un cinéaste (et pas l’un des moindres !) qui m’a fait rencontrer (directement ou indirectement, virtuellement ou pas) de nombreuses personnalités charmantes (Alain Paucard, Jean Berteault, Isabelle Kersimon, Dominique Noguez, Jean-Claude Moireau, Vincent Nordon…), qui ne manque jamais une occasion de passer me voir lorsqu’il vient à Dijon et que j’aime aller voir dans son antre à Montreuil (au milieu de ses films, de ses milliers de livres et de DVD).

Et rassurez-vous : mon "cinéma(ra)t(h)on" n'est pas encore terminé et il est probable que vous entendiez encore parler de Gérard Courant lors des 10 prochaines années...


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***

 

QUESTIONNAIRE

À PROPOS DU BLOG

DU DR ORLOF

 

 

Quel est votre blog préféré ?

 

Le Blog du Dr Orlof ?

 

Quel est votre blogueur de cinéma préféré ?

 

Le Dr Orlof.

 

Sur quel film voudriez-vous que le Dr Orlof écrive un texte ?

 

Les Chasses du comte Zaroff.

 

Quel est le cinéaste dont le Dr Orlof n’a pas encore écrit et qui mériterait qu’il s’y intéresse ?

 

Le réalisateur de Joyeux garçons (1934) et du Printemps (1947) : Grigori Aleksandrov.

 

Quel est le Cinématon dont le Dr Orlof a écrit : « Courant notait sans doute pour la dernière fois la mention « URSS » sur ses cartons » ?

 

Le 20 mai 1990, celui (filmé à Cannes) de Gleb Panfilov.

 

Si vous dîniez au restaurant avec le Dr Orlof, avec quel cinéaste voudriez-vous être accompagné ?

 

Le Macédonien Stole Popov.

 

Si vous dîniez au restaurant avec le Dr Orlof, quel plat choisiriez-vous en priorité ?

 

Le roti de veau Orloff.

 

Citez une critique de film du Dr Orlof que vous aimeriez lire ?

 

Sur Le Journal de Gloumov (de Grigori Aleksandrov).

 

Quel est le cinéaste dont le Dr Orlof a déjà écrit et sur lequel vous voudriez qu’il revienne ?

 

Sergueï Paradjanov.

 

Citez un réalisateur dont le Docteur Orlof n’a pas encore parlé.

 

Gregory Ratoff.

 

Citez un directeur de la photographie dont le Dr Orlof n’a pas encore parlé.

 

Celui de La Grève, d’Octobre et du Cuirassé Potemkine : Vladimir Popov.

 

Citez un musicien de film dont le Dr Orlof n’a pas encore parlé.

 

Celui du Pré de Béjine de Sergueï Eisenstein : Gavriil Popov.

 

Citez un scénariste dont le Dr Orlof n’a pas encore parlé.

 

Celui du Père Serge (Protazanov, 1917) : Alexandre Volkoff.

 

Citez une curiosité soviétique inconnue (pour l’instant) du blog du Dr Orlof et dans lequel apparaissent (dans un petit rôle) les deux grandes stars américaines, Mary Pickford et Douglas Fairbanks.

 

A Kiss From Mary Pickford, réalisé en 1927 par l’acteur-réalisateur Sergueï Komarov.

 

Quel type de festival de cinéma voudriez-vous que le Dr Orlof fasse des comptes-rendus dans son blog ?

 

Des festivals qui ont malheureusement disparu comme la défunte section parallèle du Festival de Cannes dans laquelle j’ai eu l’honneur de montrer plusieurs de mes longs-métrages  (Urgent ou à quoi bon exécuter des projets puisque le projet est en lui-même une jouissance suffisante, Je meurs de soif, j’étouffe, je ne puis crier..., Aditya) : Ciné-Off.

 

Et dans les festivals existants ?

 

Un festival qui a organisé en 2013 une mini-rétrospective de mes films, Le Olonne Film Festival : OFF.

 

Citez un film récent dont le Dr Orlof n’a pas encore parlé.

 

Le film de Cédric Dupuis, réalisé en 2012 : Making off.

 

Citez un film de Milos Forman dont le Dr Orlof n’a toujours pas parlé.

 

Taking Off.

 

Citez un personnage de film dont le Dr Orlof a fait l’éloge.

 

Le Docteur Orlof.

 

Citez un acteur dont le Dr Orlof n’a pas encore parlé.

 

Un acteur qui joue dans Le Grand bleu (Luc Besson), Amen (Costa-Gavras) et OSS 117 : Le Caire, nid d’espions (Hazanavicius) : Constantin Alexandrov.

 

Citez le Cinématon de l’un des plus grands écrivains du XXème siècle dont le Dr Orlof a écrit, à propos de ce portrait : « Dans une belle lumière printanière, il (Gérard Courant) immortalisera ... (n°1831) qui affiche une belle sérénité (il est filmé en légère contre-plongée, devant un beau paysage ensoleillé).

 

Vladimir Volkoff.

 

Quelle rubrique pourrait faire son apparition dans le blog du Dr Orlof ?

 

Making-of.

 

Et encore ?

 

Voix off.

Une rubrique conçue à partir de films tels Le Roman d’un tricheur (Guitry) ou Citizen Kane (Welles) qui mettrait en avant le principe de la voix off.

 

Le Blog du Dr Orlof pourrait-il s’ouvrir et parler d’autre chose que de cinéma ?

 

Parler du POF (1).

 

Et en dehors de la politique ?

 

Parler du POF (2)

 

Connaissez un meilleur blog que celui de Dr Orlof ?

 

Bof...

 

Que pensez-vous du Dr Orlof ?

 

C’est le off-off.

 

 

 

 

 

 

(1) Parti Ouvrier de France : il fut le premier parti marxiste en France et exista de 1882 à 1902.

(2) Site de rencontres créé par Markus.

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Vendredi 15 août 2014 5 15 /08 /Août /2014 11:06

Lacrau (2013) de João Vladimiro. Sortie le 27 aout 2014


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Un enfant assis sur un rocher hésite à sauter dans l’eau. La caméra le cadre de manière à ce que le spectateur ne voie pas le vide qu’il y a sous ses pieds. Il sourit, fait mine de se lancer, se ravise puis finit par sauter. Dans la foulée, une étrange cérémonie semble se dérouler sur l’eau : un vieil homme mort dérive lentement sur une embarcation de fortune.

Ainsi débute Lacrau, étrange film qui navigue entre le documentaire ethnographique et le film expérimental. Outre sa splendeur plastique qui évoque parfois La nuit du chasseur, cette entrée en matière précise déjà tous les enjeux de l’œuvre : un jeu de contrastes permanent (la jeunesse et la vieillesse, la vie et la mort) grâce auquel le cinéaste nous offre une sorte de récit cosmogonique sans avoir recours à la narration.

Comme tout film « expérimental », Lacrau relève plus de la musique que du récit cinématographique traditionnel : jeu de rimes, de contrepoints, de rythmes et de mélodies.  Après cette ouverture sur les eaux, le film va jouer sur le contraste entre la ville (silhouettes anonymes qui déambulent le long des rues, visions nocturnes d’un parking de zone industrielle désert…) et la campagne.

Le cinéaste nous emmène alors dans les régions agricoles du nord du Portugal et filme avec patience les gestes d’éleveurs de chèvres ou la mise à mort d’une truie. Pour ma part, j’avoue que cette partie « humaine » est celle que j’aime le moins. Sans doute parce que la teneur même du projet empêche d’avoir une quelconque empathie pour ces individus qui resteront à jamais « anonymes » (précisons que le film est dénué de dialogues et qu’on n’y entend (quasiment) pas de voix humaines). Du coup, ces passages m’ont paru un peu trop « arty », comme si le cinéaste tentait de renouer avec une certaine « simplicité » du monde mais de manière trop théorique pour séduire.


Peu à peu il se détache néanmoins de ces figures humaines pour se concentrer sur ce qui l’intéresse le plus : des paysages, des ruisseaux, le minéral et le végétal avec, là encore, des contrastes et des jeux d’associations étonnants. Je pense notamment à cette manière qu’à Vladimiro de retrouver des traces de figures humaines dans la découpe de certains rochers. Et il parviendra même, un peu plus tard, à voir une figure se dessiner dans une flaque d’eau où se reflètent des néons urbains.

Il y a une indéniable poésie qui se dégage de la manière dont il filme les éléments qui nous entourent et qui acquièrent, devant sa caméra, une familiarité à la fois étrange et singulière. Dans cette façon de se mettre au diapason de la nature (il y a des plans de ruisseaux et de chutes d’eau d’une stupéfiante beauté), le cinéma de Vladimiro évoque parfois celui de Jean-Claude Rousseau lorsqu’il tourne La vallée close. Les deux pratiquent un cinéma « minimaliste », presque domestique (il s’agit de filmer des promenades dans la forêt) mais porté par une ambition formelle très riche. Dans Lacrau, le cinéaste joue sur divers type d’images et de formats (certains plans sont en 16mm tandis que d’autres semblent tournés en vidéo), sur les effets de lumière (une splendide séquence où les paysages nocturnes sont soudain éclairés comme si un orage puissant les révélait) et un montage d’une rare intelligence.

Je vous laisse la surprise mais la séquence finale, à elle seule, mérite le détour et aurait pu faire, si elle avait été isolée du film, un court-métrage absolument sublime.


Tout n’est peut-être pas du même niveau dans Lacrau et d’aucun pourront trouver l’expérience un peu aride. Mais pour ceux qui n’ont pas peur de s’éloigner un peu des sentiers balisés du cinéma formaté, ce film possède une force et une beauté singulières assez indéniables… 

Par Dr Orlof - Publié dans : Avant-première
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