Jeudi 17 juillet 2014 4 17 /07 /Juil /2014 11:48

Je ne connais Michel que depuis peu mais il est la preuve vivante que Facebook peut aussi être le lieu de belles rencontres. Très aimablement, il a tout de suite été volontaire pour participer aux festivités des 10 ans de ce blog. Comme il fait partie de l'équipe organisatrice des Rencontres des Cinémas d’Europe à Aubenas, j'espère bien que nous aurons un jour l'occasion de nous rencontrer, que ce soit sur ses terres ou sur les miennes !

 

***

 

Cher Dr Orlof,

 

J’ai découvert au début de cette année ton Blog, un peu par hasard, fatigué d’aller d’un portail cinéma à l’autre, pour retrouver les mêmes critiques de films aussi peu inspirées que trop souvent péremptoires. C’est toute la difficulté de l’exercice, donner son point de vue de manière argumentée, faire partager ses passions, assumer ses déceptions.

 

Le nom de ton Blog constitue déjà un bel indice, référence à Jess Franco, nous entrons dans l’univers d’un amoureux du cinéma, affranchi des canons « classiques », qui nous fait voyager de la série B à Lars Von Trier, du cinéma du patrimoine aux œuvres contemporaines.

 

Le plus souvent d’accord avec toi, avec parfois des divergences, j’aurais envie de pouvoir prolonger la discussion au delà du virtuel, autour d’un «coffee and cigarettes ». 

 

Merci pour cet amour du cinéma, partagé.

 

Baron von Klaus

 

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Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Mercredi 16 juillet 2014 3 16 /07 /Juil /2014 19:03

Timothée a sans aucun doute une meilleure mémoire que moi car j'étais persuadé qu'il faisait partie de l'équipe de Kinok avant moi. Toujours est-il que je suis certain d'avoir découvert son excellent blog Fenêtre sur cour par le biais du site où nous furent « collègues de bureau » pendant quelques années.

Loin des pavés indigestes que l'on subit parfois sur le web, les textes de Timothée sont souvent concis mais son écriture rigoureuse, précise parvient à saisir avec une rare acuité l'essence des œuvres qu'il analyse.

Et ce que j'apprécie aussi énormément chez mon jeune camarade, c'est sa grande ouverture d'esprit, sa tolérance et sa modération. Nous ne partageons pas les mêmes convictions (il est croyant, je suis agnostique) et pourtant je me sens beaucoup plus proche de lui que nombre de pseudo- « rebelles » sectaires et dénués de tout sens de l'humour.

Et puis de toute manière, quelqu'un qui apprécie autant Chesterton et Demy ne peut mériter que toute notre estime : n'hésitez pas à le suivre sur son blog ou sur la revue en ligne Independencia où il écrit désormais...


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Le Dr Orlof fait partie des quelques blogs que je suivais au moment où j’ai commencé le mien en 2006. Il y avait lui et d’autres comme Nightswimming, Cinématique, ou Inisfree. Je m’étais aperçu qu’ils critiquaient des DVD pour le site Kinok, auquel je m’étais empressé de postuler. C’est comme ça que Vincent Roussel, aka Dr Orlof, est devenu un « collègue du bureau » – et il l’est devenu une seconde fois quand des gens inspirés chez Causeur ont repris ses chroniques. Ce n’est pourtant pas ce double motif de camaraderie qui me pousse à dire ceci à propos du Dr Orlof : il représente pour moi une certain idée du blogueur cinéphile, qui a aujourd’hui quasiment disparu. Et je le démontre !

 

  • Le blog est le terrain de jeu parfait pour ceux qui, comme Vincent, semblent avoir entrepris de voir tous les films qui existent. Un billet par film, un avis argumenté par billet, en dix ans son journal s’est mis à ressembler à une encyclopédie de poche.

 

  • Le blog du Dr Orlof est aussi une caverne d’Ali Baba où l’on tombe sur des objets insolites comme Le Cinématon de Gérard Courant ou les films de Jesús Franco. Faire découvrir : que demander de plus à un blog ?

 

  • Derrière le Dr Orlof, il y a Vincent. On tient bien là un « journal », c’est-à-dire le recueil quasi quotidien d’impressions de spectateur, et une personnalité qui se dessine à travers les verdicts, les formules, les choix et les obsessions.

 

  • Vincent est un vrai cinéphile parce qu’il n’est pas qu’un cinéphile. Il a le bon goût d’aimer Chesterton et les écrivains anars en tous genres.

 

  • Enfin, ce Dr Orlof que je n’ai jamais rencontré m’a l’air très sympathique. Ce qui ne gâche rien, l’appréciation des films passant aussi par la conversation.

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Mercredi 16 juillet 2014 3 16 /07 /Juil /2014 12:56

Cutter's way (1981) d'Ivan Passer avec Jeff Bridges, John Heard, Lisa Eichhorn. Version restaurée inédite au cinéma depuis le 25 juin 2014. (Éditions Carlotta Films).

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Ivan Passer fait partie de cette nouvelle vague tchèque à laquelle la répression stalinienne du Printemps de Prague mit un terme en 1968. Moins connu que Forman dont il fut le scénariste (Les amours d'une blonde, Au feu les pompiers), il réalise son premier long-métrage en 1965 (Éclairage intime) puis s'exile aux États-Unis où il tournera la majeure partie de son œuvre.

Cutter's way est sans doute son film le plus célèbre et il ressort actuellement dans une version restaurée.

 

L’œuvre emprunte plusieurs directions. La première, c'est celle du thriller avec le meurtre mystérieux d'une jeune fille et l'enquête que mènent Cutter (John Heard) et Bone (Jeff Bridges) parce qu'ils soupçonnent un magnat de la ville.

Pour la deuxième, Passer emprunte la voie du drame psychologique avec un anti-héros vétéran du Vietnam traumatisé par cette guerre. Le crime irrésolu devient alors la métaphore des morts anonymes en première ligne au combat alors que ceux qui tirent les ficelles agissent toujours en toute impunité, ne sont jamais inquiétés.

Le troisième chemin est plus sentimental : le cinéaste s'intéresse à la figure tragique d'une femme brisée et aux sentiments qu'elle inspire à Bone. En effet, Cutter est revenu de la guerre infirme et alcoolique. Sa femme lui est restée fidèle mais elle doit supporter sa violence, ses sautes d'humeur, ses absences...

 

Tous ces éléments pris un à un ne sont pas inintéressants mais Passer a quand même un peu de mal à lier le tout de manière organique. Le récit a parfois un peu tendance à s'étioler et manque souvent de souffle. Par exemple, le côté « policier » est assez vite éludé. Bone est d'abord suspecté (il était sur les lieux du crime au même moment) mais il est vite relâché et il n'est plus question de la police. Quant au drame, il manque un peu de vigueur pour vraiment toucher.

Cutter's way est très bien interprété et l'on donnera une mention spéciale à John Heard, très convaincant dans le rôle de Cutter et à Lisa Eichhorn qui a pourtant un rôle un peu plus ingrat. Jeff Bridges est aussi très bien dans un rôle de l'ami fidèle un peu gigolo sur les bords. Mais le film manque un peu de style et la mise en scène peine à donner du tonus à l'ensemble.

La fin, que je ne révélerai pas, est très bien et par sa sécheresse, donne une ampleur à une œuvre qui en manque un peu.

 

Malgré ces quelques réserves, je le répète, le film n'est pas inintéressant. Passer ausculte avec une certaine finesse une Amérique en plein traumatisme post-Vietnam. Un sentiment de paranoïa semble avoir envahi toute une nation qui ne croit plus en ceux qui la dirigent et qui ont sacrifié une génération pour une guerre absurde. Le cynisme et l'amertume sont les termes qui caractérisent le mieux tous les personnages du film. Rien ne semble plus avoir de sens et seule un désir de vengeance leur offre une sorte de possibilité de « rédemption .

 

Il aurait fallu une ligne directrice plus forte et plus claire pour vraiment emporter l'adhésion. Reste une vision désabusée de l'Amérique qui mérite quand même le détour...

Par Dr Orlof - Publié dans : Critique
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Mardi 15 juillet 2014 2 15 /07 /Juil /2014 16:20

J'ai toujours été très circonspect quant à la question de « l'éducation au cinéma ». Trop de mauvais souvenirs de professeurs ne voyant dans le cinéma qu'une illustration potentielle pour un cours d'histoire, de français ou même de langue (qui d'entre nous n'a pas vu au moins une fois la première heure d'Out of Africa ou d'un film de ce style en cours d'anglais?). Je me souviens également d'une avant-première d'Un long dimanche de fiançailles devant un parterre de profs qui suscita cette réaction : « c'est un bon film mais difficile à exploiter pédagogiquement » alors qu'il aurait fallu hurler qu'on se fout de la pédagogie et que le film de Jeunet était surtout très médiocre ! De la même manière, j'ai eu quelques discussions vives avec certains collègues (profs de philo et d'histoire) en affirmant qu'Inglorious basterds était un film infiniment supérieur à l'horrible La chute.

Et puis j'ai rencontré Céline qui enseigne l'histoire et le cinéma. Et j'ai réalisé qu'on pouvait être professeur et considérer le cinéma comme un art « autonome ». C'est sur Twitter que nous avons commencé à échanger. Puis Céline a décidé de franchir le cap et d'ouvrir son propre blog où s'expriment à merveille sa sensibilité, ses avis éclairés et argumentés, la profondeur de ses analyses. Même si les blogs sont en perte de vitesse, celui-ci prouve qu'ils peuvent rester un espace privilégié d'écriture, de réflexions et d'échanges.

Je n’énumérerai pas ici toutes les qualités de celle qui vient d'intégrer l'équipe de Zoom Arrière : il suffit de la suivre et de la lire pour savoir que c'est une personne hautement recommandable...


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***

 

UN PEU PLUS DE 140 SIGNES

 

Je ne sais plus qui a suivi l’autre en premier. Je venais de débarquer. Je voulais écouter les autres, mais je me suis mise rapidement à parler. Il fut presque mon premier abonné, un abonné qui accueille chaleureusement. Dans la communauté des cinéphiles qui gazouillent en quelques signes leur point de vue sur les films, nous sommes souvent les deux provinciaux qui se désespèrent de ne pas voir arriver dans leurs salles ce qui fait cancaner les parisiens. Mais en 140 signes, on ne dit pas grand-chose. Les contraintes de l’exercice laissent peu de place à l’argumentation et favorisent tous les excès. Surtout, on n’a peu de place pour dire que dans cet espace de la provocation, de la rumeur ou de la communication marchande, de belles rencontres sont possibles.

J’ai d’abord rencontré Pierrot le docteur ès Top 5 et éphéméride, puis Orlof, le docteur ès blog hyperactif, avec son petit bonhomme rouge d’amour pour Belle de Jour ou vert d’écœurement devant Only God forgives. Ce petit personnage aux expressions particulièrement variées illustre parfaitement son sens de la nuance et de la mesure, car ici, on ne se contente pas d’une sentence et de quelques étoiles. Ici, on s’attache à écrire sur tous les films, à partager des lectures, à répondre aux commentaires et à inviter les amis.

Et puis, soudain, de lectures en échanges :

 

« ORLOF ET PIERROT SONT DANS UN BATEAU… ET C’EST CELINE QUI SE JETTE A L’EAU ! »

 

Si mes calculs sont bons, son Journal Cinéma est riche de 1309 articles ; mes Critiques clandestines sont au nombre de 27. Son blog fête aujourd’hui ses 10 ans, le mien n’a pas encore soufflé sa première bougie. Il a connu l’âge d’or des blogs et me dit que c’est plus difficile maintenant. Il a sûrement raison. Mais qu’importe le nombre de visiteurs, de commentaires ou de pouces levés ; si je connais à nouveau le plaisir à écrire et si j’ai découvert celui de partager cela au-delà d’un cercle restreint d’amis, c’est en grande partie à Vincent –le nouvel ami- que je le dois.

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Lundi 14 juillet 2014 1 14 /07 /Juil /2014 14:49

Internet, c’est un peu comme une cour de récréation : on y évolue souvent en « bande ». Je crois que les premières fois que j’ai repéré Fred, c’est chez Vincent et Edouard où elle venait régulièrement commenter. Qui était cette fille qui venait discuter      avec mes copains et que je ne connaissais pas, me demandais-je alors un peu méfiant ?

N’allez surtout pas relever du sexisme dans cette interrogation (je suis ravi qu’avant l’arrivée de Céline, Fred ait illuminé de sa présence féminine l’équipe très « mâle » de Zoom Arrière) mais s’il y avait une pointe de jalousie chez moi, c’est qu’elle ne me parlait pas ! Mais très vite j’ai compris qu’il suffisait de l’aborder pour qu’elle réponde et, comme tous mes petits camarades, j’ai été conquis par son humour ravageur, son sens de la répartie jamais pris en défaut et sa constante diplomatie (elle sait toujours désamorcer un conflit grâce à un bon mot).

Ce qui m’a également séduit chez Fred, c’est son éclectisme et son incroyable culture cinématographique. Il suffit de lire ses bilans des années cinématographiques décortiquées par Zoom Arrière sur son indispensable blog pour constater qu’elle a tout vu et qu’elle peut aussi bien vous parler du classique indéboulonnable que de l’improbable nanar franchouillard signé Maurice Cloche. Elle affiche également un penchant coupable pour les westerns spaghetti de seconde zone (où se cachent pourtant de véritables petites pépites) et ne rechigne en aucun cas devant les gentlemen de l’épouvante britannique (Christopher Lee, Peter Cushing…)

Vous l’aurez compris, notre amie est une figure incontournable de la blogosphère cinéphile, notre Barbara Stanwick (surtout chez Fuller) mâtinée de Katharine Hepburn (pour sa piquante ironie) à nous.

Je suis donc ravi de l’accueillir ici d’autant plus que je sais qu’elle a réalisé cette contribution à un moment un peu difficile pour elle. Son geste m’a beaucoup touché et m’a confirmé une chose dont je n’ai jamais douté : Fred a un cœur en or et une grande générosité…

 

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Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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