Mardi 15 juillet 2014 2 15 /07 /Juil /2014 16:20

J'ai toujours été très circonspect quant à la question de « l'éducation au cinéma ». Trop de mauvais souvenirs de professeurs ne voyant dans le cinéma qu'une illustration potentielle pour un cours d'histoire, de français ou même de langue (qui d'entre nous n'a pas vu au moins une fois la première heure d'Out of Africa ou d'un film de ce style en cours d'anglais?). Je me souviens également d'une avant-première d'Un long dimanche de fiançailles devant un parterre de profs qui suscita cette réaction : « c'est un bon film mais difficile à exploiter pédagogiquement » alors qu'il aurait fallu hurler qu'on se fout de la pédagogie et que le film de Jeunet était surtout très médiocre ! De la même manière, j'ai eu quelques discussions vives avec certains collègues (profs de philo et d'histoire) en affirmant qu'Inglorious basterds était un film infiniment supérieur à l'horrible La chute.

Et puis j'ai rencontré Céline qui enseigne l'histoire et le cinéma. Et j'ai réalisé qu'on pouvait être professeur et considérer le cinéma comme un art « autonome ». C'est sur Twitter que nous avons commencé à échanger. Puis Céline a décidé de franchir le cap et d'ouvrir son propre blog où s'expriment à merveille sa sensibilité, ses avis éclairés et argumentés, la profondeur de ses analyses. Même si les blogs sont en perte de vitesse, celui-ci prouve qu'ils peuvent rester un espace privilégié d'écriture, de réflexions et d'échanges.

Je n’énumérerai pas ici toutes les qualités de celle qui vient d'intégrer l'équipe de Zoom Arrière : il suffit de la suivre et de la lire pour savoir que c'est une personne hautement recommandable...


celineandjulie.jpg


***

 

UN PEU PLUS DE 140 SIGNES

 

Je ne sais plus qui a suivi l’autre en premier. Je venais de débarquer. Je voulais écouter les autres, mais je me suis mise rapidement à parler. Il fut presque mon premier abonné, un abonné qui accueille chaleureusement. Dans la communauté des cinéphiles qui gazouillent en quelques signes leur point de vue sur les films, nous sommes souvent les deux provinciaux qui se désespèrent de ne pas voir arriver dans leurs salles ce qui fait cancaner les parisiens. Mais en 140 signes, on ne dit pas grand-chose. Les contraintes de l’exercice laissent peu de place à l’argumentation et favorisent tous les excès. Surtout, on n’a peu de place pour dire que dans cet espace de la provocation, de la rumeur ou de la communication marchande, de belles rencontres sont possibles.

J’ai d’abord rencontré Pierrot le docteur ès Top 5 et éphéméride, puis Orlof, le docteur ès blog hyperactif, avec son petit bonhomme rouge d’amour pour Belle de Jour ou vert d’écœurement devant Only God forgives. Ce petit personnage aux expressions particulièrement variées illustre parfaitement son sens de la nuance et de la mesure, car ici, on ne se contente pas d’une sentence et de quelques étoiles. Ici, on s’attache à écrire sur tous les films, à partager des lectures, à répondre aux commentaires et à inviter les amis.

Et puis, soudain, de lectures en échanges :

 

« ORLOF ET PIERROT SONT DANS UN BATEAU… ET C’EST CELINE QUI SE JETTE A L’EAU ! »

 

Si mes calculs sont bons, son Journal Cinéma est riche de 1309 articles ; mes Critiques clandestines sont au nombre de 27. Son blog fête aujourd’hui ses 10 ans, le mien n’a pas encore soufflé sa première bougie. Il a connu l’âge d’or des blogs et me dit que c’est plus difficile maintenant. Il a sûrement raison. Mais qu’importe le nombre de visiteurs, de commentaires ou de pouces levés ; si je connais à nouveau le plaisir à écrire et si j’ai découvert celui de partager cela au-delà d’un cercle restreint d’amis, c’est en grande partie à Vincent –le nouvel ami- que je le dois.

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 14 juillet 2014 1 14 /07 /Juil /2014 14:49

Internet, c’est un peu comme une cour de récréation : on y évolue souvent en « bande ». Je crois que les premières fois que j’ai repéré Fred, c’est chez Vincent et Edouard où elle venait régulièrement commenter. Qui était cette fille qui venait discuter      avec mes copains et que je ne connaissais pas, me demandais-je alors un peu méfiant ?

N’allez surtout pas relever du sexisme dans cette interrogation (je suis ravi qu’avant l’arrivée de Céline, Fred ait illuminé de sa présence féminine l’équipe très « mâle » de Zoom Arrière) mais s’il y avait une pointe de jalousie chez moi, c’est qu’elle ne me parlait pas ! Mais très vite j’ai compris qu’il suffisait de l’aborder pour qu’elle réponde et, comme tous mes petits camarades, j’ai été conquis par son humour ravageur, son sens de la répartie jamais pris en défaut et sa constante diplomatie (elle sait toujours désamorcer un conflit grâce à un bon mot).

Ce qui m’a également séduit chez Fred, c’est son éclectisme et son incroyable culture cinématographique. Il suffit de lire ses bilans des années cinématographiques décortiquées par Zoom Arrière sur son indispensable blog pour constater qu’elle a tout vu et qu’elle peut aussi bien vous parler du classique indéboulonnable que de l’improbable nanar franchouillard signé Maurice Cloche. Elle affiche également un penchant coupable pour les westerns spaghetti de seconde zone (où se cachent pourtant de véritables petites pépites) et ne rechigne en aucun cas devant les gentlemen de l’épouvante britannique (Christopher Lee, Peter Cushing…)

Vous l’aurez compris, notre amie est une figure incontournable de la blogosphère cinéphile, notre Barbara Stanwick (surtout chez Fuller) mâtinée de Katharine Hepburn (pour sa piquante ironie) à nous.

Je suis donc ravi de l’accueillir ici d’autant plus que je sais qu’elle a réalisé cette contribution à un moment un peu difficile pour elle. Son geste m’a beaucoup touché et m’a confirmé une chose dont je n’ai jamais douté : Fred a un cœur en or et une grande générosité…

 

***

Cliquez sur l'image pour la voir en taille originale

http://ddata.over-blog.com/0/23/00/64/10ANS_JOURNAL-ORLOF-CORRIGE.jpg

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires
Dimanche 13 juillet 2014 7 13 /07 /Juil /2014 16:13

Je crois avoir rencontré Ludovic en 2007 (si je me fie aux premiers commentaires que j’ai retrouvés en parcourant rapidement mes archives). Je dois avouer que si j’ai immédiatement adhéré à son blog, il est l’un des rares de la toile qui m’intimide. Il me suffit de lire un de ses textes pour me dire que je ne pourrai jamais posséder une telle profondeur, une manière aussi unique de tisser des liens secrets entre les films, de lier avec tant d’acuité ce que les œuvres nous disent du monde et comment le monde déteint (pour le meilleur et pour le pire) sur celles-ci.

Pourtant, il m’est très vite apparu qu’il n’y avait aucune pédanterie chez Ludovic et que c’était quelqu’un d’accessible et de généreux. Il a eu la gentillesse de m’offrir deux de ses essais lumineux (Bréviaire de cinéphilie dissidente et Les images secondent) et il prend toujours un instant pour répondre à ses commentateurs, pour dialoguer avec ses interlocuteurs.

Un des traits les plus caractéristiques de sa personnalité, c’est qu’en dépit de ses aphorismes cinglants, de son ironie ravageuse, de sa lucidité qui n’épargne aucune des entreprises d’abêtissement contemporain ; il ne cède jamais à l’éructation ou à l’insulte à l’inverse de certains blogueurs persuadés que la vocifération tient lieu de style et que l’invective suffit à faire d’eux de nouveaux Léon Bloy.

Il y a peu, Ludovic consacrait un texte magnifique aux « dandys » cinématographiques. Si derrière ce terme, on englobe des qualités comme une certaine grandeur d’âme, un individualisme qui n’interdit pas l’empathie, un regard désespéré sur le monde qui n’empêche ni le rire salutaire, ni le feu de la révolte et la quête d’absolu ; alors Ludovic peut être qualifié de « dandy ».

Il y a 5 ans, dans la revue Eléments n°132  (Juillet-Septembre 2009), ce gentleman consacrait le seul article de presse jamais paru sur mon blog (si on excepte une sympathique notule signée par l’excellent Adrien Gombeaud dans un numéro de Positif). L’auteur m’a proposé de le republier ici et d’analyser ce qui avait pu évoluer, depuis 2009,  au cœur du cinéma français.

boys-mets-girls.jpeg

***

Entre 2007 et 2010, j'obtenais de temps à autre du rédacteur en chef de la revue Eléments, la possibilité de traiter d'un blog me semblant digne d'intérêt. Je dois avouer ici que j'avais commencé par le blog littéraire Stalker, car j'avais alors une certaine fascination pour l'invective remplaçant l'analyse (ou du moins la recouvrant), pour le style masquant le fond (ou plutôt le faussant). Cela me passa heureusement assez vite, au profit d'autres critères d'appréciation plus rigoureux mais aussi plus enthousiasmants, qui me permirent alors de parler du brillant Philippe Billé, du non moins excellent tenancier du Café du commerce, du passionnant Ruines circulaires de Pascal Zamor (lequel cependant ne fut jamais publié car la rubrique cessa ensuite d'exister !).

 

C'est dans ce cadre, en 2009, que je présentais et interrogeais le Dr Orlof, compagnon de la blogosphère cinéphilique depuis quelques années déjà. Voici le texte dans son intégralité. Ses réponses sur le cinéma français me semblent cinq ans plus tard toujours pertinentes, mais ce que j'aimerais en ce jour d'anniversaire, c'est qu'il nous dise si ses goûts et opinions d'hier, se sont modifiés ou bien affermis, et si sur le sujet du cinéma français et de ses récurrentes nouvelles vagues, le temps est ou non à l'optimisme.

 

***

Désintoxiquez-vous sur le blog du Dr Orlof

 

Les blogs de cinéma sont aujourd’hui légion, s’essayant à la critique consensuelle ou décalée dans le seul but d’arborer avec fierté l’exclusif entretien avec l’étoile montante du moment (qui n’a jamais rien à dire, mais apparaît toujours à bon escient) ou de proposer, en avant-première fébrile, la bande-annonce du prochain « film culte », censée laisser à coup sûr pantois et subjugué, seul critère acceptable désormais  pour juger un film. Les blogs traitant du cinématographe sont de ce fait nettement plus rares. Ils sont pourtant le dernier lieu où des joutes cinéphiliques dignes de ce nom peuvent se dérouler sans censure ni doxa, loin des commandes de l’actualité et du sillage des revues marchandes. Ils sont le dernier endroit, avec quelques publications ayant résisté à l’anomie publicitaire, où peut s’élaborer parmi les œuvres ce qu’il faut oser appeler un tri, et cela en vue d’établir des hiérarchies, attitude suspecte, voire blasphématoire, en temps d’abondance relativiste et de profusion indifférenciée, où la nouveauté se doit d’être systématiquement saluée, c’est-à-dire rentabilisée, quels que soient son propos et sa forme.

Le « Journal du Dr Orlof », qui s’est intéressé en quelques années à plus de cinq cents films, fait incontestablement partie de ces rares îlots non conformes. L’auteur, en effet, n’aime pas plus Dany Boon que Christophe Honoré, ni l’abrutissement goguenard des masses, ni la préciosité convenue des élites. Il développe en revanche un coupable penchant pour Jess Franco (comme son pseudonyme pouvait le laisser craindre) et l’érotisme transgressif du japonais Kumashiro. Il se permet en outre de préférer Luc Moullet à François Ozon (« Que restera-t-il d’Ozon dans 30 ans ? Est-ce que ses mises en scène par « aplats », à la surface des choses, nous paraîtront aussi ringardes et démodées que les mouvements de caméra en « essuie-glaces » de Lelouch ? »), s’autorise à affirmer que les derniers films de Clint Eastwood sont « déplaisants » parce que  manipulateurs et dénués de nuances, tandis que les films de Mocky « fourmillent d’idées pour rendre la vie moins triste et pour se révolter contre notre monde de l’erreur complète » selon les termes de William Blake.

Il nous a semblé intéressant de connaître l’avis de cet admirateur de Jacques Demy et Eric Rohmer sur l’état particulier du cinéma français. En dépit des comédies indigentes, des biographies sans souffle et des pensums hautement référencés, quels auteurs ou quels films pouvaient encore, selon lui, nous permettre d’espérer que cet art ne soit pas aussi mort que celui qualifié de contemporain :

 

« Même si le constat ne s’applique pas uniquement au cinéma français, j’ai le sentiment que seules quelques individualités aux personnalités très fortes sont aujourd’hui capables de ne pas nous faire totalement désespérer du cinéma français. L’un des paradoxes de ce cinéma, c’est qu’il cherche aujourd’hui à s’éloigner de ce qui a toujours fait sa force, à savoir ses marges. Que ce soit en copiant (presque toujours malhabilement) le cinéma américain (voir les productions Besson) ou en visant un « cinéma du milieu » (qui n’est bien souvent que l’expression d’un cinéma d’auteur de plus en plus figé dans ses tics et une nouvelle forme d’académisme dont Christophe Honoré pourrait, effectivement, représenter l’emblème le plus frappant), il ne parvient qu’à produire des œuvres calibrées pour des « marchés » spécifiques (pour schématiser : Dany Boon pour le « grand public » et Olivier Assayas pour le lecteur cultivé du Monde et de Télérama).

« Il existe encore, bien heureusement, des œuvres totalement libres, mais force est de constater qu’elles sont la plupart du temps signées par des cinéastes d’un âge plus que respectable (je pense aux dernières merveilles qu’ont pu réaliser Alain Resnais, Agnès Varda, Eric Rohmer ou Claude Chabrol) et qu’on ne voit pas encore se profiler à l’horizon les francs-tireurs pouvant prendre le relais de Jean-Pierre Mocky ou du regretté Gérard Blain. »

Pour ma part, j’en vois essentiellement deux : Bruno Dumont et Philippe Grandrieux. Ce sont deux cinéastes qui me paraissent avoir les personnalités les plus fortes, mais cela ne signifie pas qu’il n’en existe pas d’autres. Certaines individualités (Ramos, Guiraudie, Moutout, Mouret…) sont également très prometteuses, et il peut même arriver que ces univers personnels puissent toucher le grand public. Un des plus beaux exemples récents est sans doute La graine et le mulet d’Abdellatif Kéchiche, rencontre miraculeuse entre une vraie exigence d’auteur et un certain succès public. »

***

fascination.jpg

 

Pour répondre très rapidement à Ludovic, je crois que je ne changerais quasiment pas une ligne à ce que j’ai dit il y a cinq ans à propos du cinéma français. Hélas, les grands cinéastes nous ont quittés depuis (Rohmer, Chabrol, Resnais…) mais on peut toujours se consoler en soulignant l’arrivée de nouveaux noms (Guillaume Brac, Bonello…). Quant au « jeune cinéma français », il est sans doute trop tôt pour tirer un véritable bilan de ces premiers films soutenus par la critique mais dont on peine à savoir s’ils sont vraiment novateurs ou s’il s’agit de simples « cartes de visite » pour un accès direct au « ventre mou » du « cinéma d’auteur hexagonal » (pour ma part, j’ai trouvé très sympathique La fille du 14 juillet et j’ai détesté La bataille de Solférino).  

Encore une fois, je dirais que ce qui m’intéresse le plus dans ce cinéma français, ce sont ses marges (comment ai-je pu oublier, il y a cinq ans, de citer Brisseau et Garrel ?) tandis que ses têtes de gondole me semblent de plus en plus indigentes (ce n’est plus vraiment Dany Boon qu’il faudrait citer aujourd’hui mais Dubosc, Clavier, Kad Mérad et Omar Sy !). Quant au cinéma « d’auteur », même les Cahiers ont très justement pointés récemment ses tares et l’on espère sincèrement qu’il parviendra à renaître loin du naturalisme étriqué ou de la coupe sociologique convenue (j’ai très peur de découvrir Bande de filles de Sciamma !).

Rendez-vous dans cinq ans ? 

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
Samedi 12 juillet 2014 6 12 /07 /Juil /2014 14:44

C’est parce qu’il a découvert l’adresse de mon blog en lien sur le blog de Stéphane du Mesnildot que Laurent Devanne, rédacteur en chef du site Kinok, me contacte à la fin de l’année 2007 pour intégrer son équipe.

Pendant plus de quatre ans, je vais écrire de nombreuses chroniques sur les sorties DVD du moment et sur quelques livres. Je garde un excellent souvenir de cette aventure. D’une part parce que Laurent fut un rédacteur en chef « idéal », laissant une entière liberté à ses rédacteurs et ne faisant jamais la moindre remarque sur les (fréquents) retards de livraison de votre serviteur. Quand surgit un problème (un éditeur qui veut récupérer ses DVD test, un auteur qui se fâche pour une chronique où son ouvrage est égratigné…), le « boss » est toujours de mon côté. Et si les incidents furent très rares, les retours positifs après certains articles furent plus nombreux et je les garde toujours en mémoire.

Comment ne pas être flatté quand des gens comme Joseph Morder ou Dominique Noguez vous félicitent pour les modestes lignes que vous avez consacrées à leur travail ? Comment oublier les quelques mails charmants échangés avec Jacques Zimmer ou l’excellent « cinéaste de l’absurde » Jean-Jacques Rousseau ?

De la même manière, Laurent se démène toujours comme un beau diable pour me procurer les DVD improbables que je lui réclame (les films expérimentaux édités par Re:Voir, par exemple). Tout en pouvant satisfaire mon goût pour l’éclectisme sur Kinok, je me « spécialiserais » plus ou moins en rendant compte des documentaires (ceux de Gheerbrant, de Philibert ou de Mai 68), du cinéma « expérimental » (Mekas, Bard, Garrel, Lehman…) et de quelques auteurs fétiches (Sirk, Fassbinder, Yoshida, Wakamatsu…).

Kinok, ce fut également une équipe de choc où je rejoignis deux chroniqueurs qui deviendraient par la suite rédacteurs aux Cahiers du cinéma (Stéphane du Mesnildot et Joachim Lepastier) et où arriveront mes amis blogueurs (pour certains d’entre eux, je crois que c’est moi qui ai soufflé les noms à Laurent) : Vincent, Edouard, Jocelyn, Ludovic, Mehdi/Hyppogriffe… C’est aussi grâce à ce site que je vais découvrir les excellents blogs de Timothée et d’Antoine.

Pris par des activités annexes (il paraît utopique de vouloir vivre des seuls fruits d’un site Internet), notre bien-aimé patron a dû mettre la clé sous le paillasson. Je ne crois pas être le seul à regretter l’aventure Kinok mais j’en garderai toujours le souvenir d’une parenthèse enchantée. Et je remercie donc chaleureusement Laurent Devanne d’avoir bien voulu apporter lui aussi sa contribution aux 10 ans de ce blog… 

***

http://ddata.over-blog.com/0/23/00/64/laurent.jpg

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 11 juillet 2014 5 11 /07 /Juil /2014 13:05

Le sympathique clin d’œil de Barbara va me donner l’occasion de vous conter une anecdote non pas « douloureuse » (ça serait exagéré de l’écrire) mais qui m’a quand même marqué. Il y a fort longtemps, j’avais des échanges réguliers (via les commentaires) avec un jeune cinéphile passionné (il doit désormais avoir l’âge que j’avais quand j’ai débuté mon blog). Très influencé par Zohiloff, il consacre un jour une note assassine à Duel au soleil. Comme j’adore le film de King Vidor, je me fends d’un petit commentaire où je lui recommande d’attendre quelques années et de revoir plus tard ce chef-d’œuvre du mélodrame flamboyant. Dans mon souvenir, c’était vraiment en toute bonne foi que j’avais fait cette remarque, m’appuyant sur mon expérience personnelle pour souligner que les goûts peuvent évoluer avec l’âge et qu’on revient souvent vers ce qu’on a rejeté à l’adolescence (il ne fallait surtout pas me parler de John Wayne et de Hitchcock à 18 ans !). Mais mon correspondant a très mal pris la chose et a jugé mon commentaire condescendant. Cette histoire m’est revenue il y a peu quand un autre internaute m’a posé la question (sans la moindre agressivité) « à quand remonte le dernier succès populaire que tu aies adoré ? ».

Au-delà du fait que j’ignore parfaitement ce que peut signifier « populaire », je dois admettre que cette question m’a fait m’interroger. Au fur et à mesure qu’on prend de l’âge, deviendrait-on des « vieux cons » incapables de s’adapter aux mutations du cinéma contemporain ? Perdrait-on toute curiosité pour se concentrer sur ce qui est susceptible de nous plaire ? (vu les prix des places de cinéma, je préfère réserver mon argent pour le dernier Hong Sang-Soo plutôt que de le perdre pour Godzilla ou X-Men !)

Honnêtement, je l’ignore mais si j’ai parfois le sentiment d’être un peu déphasé, il me semble aussi que je suis toujours capable de nouer des liens amicaux avec des jeunes cinéphiles. Je suis d’ailleurs souvent frappé par leur maturité (que je n’avais pas à leur âge), leur culture et leur enthousiasme. Nous reparlerons prochainement de Théo et de Louis mais commençons donc par Barbara que j’ai rencontrée sur Twitter. Etudiante en cinéma, elle connaît sur le bout des doigts le cinéma de Tarkovski et de Bela Tarr et s’intéresse également à Ferrara et Godard. Même si de nombreuses années nous séparent, je n’ai pas l’impression de parler à une extra-terrestre et je me dis qu’au-delà des générations, un même goût du cinéma peut nous rassembler.

Du moins, je l’espère… 

 

***

barbara

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Calendrier

Juillet 2014
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés