Jeudi 7 août 2014 4 07 /08 /Août /2014 18:14

A vrai dire, je sais très peu de choses de Jennifer si ce n’est qu’elle fait partie de ces jeunes cinéphiles que je suis ravi d’avoir rencontrés sur Twitter. Je sais qu’elle vient de Caen (quand je vous disais que l’air normand devait être un bon stimulant !), qu’elle étudie le cinéma à Paris et qu’elle a un blog qu’elle n’alimente qu’occasionnellement (dommage !). Sinon, elle est plutôt discrète (ce n’est pas le genre à provoquer l’esclandre sur les réseaux sociaux) et sa conversation est toujours très agréable.

Je suis très heureux de l’accueillir ici aujourd’hui puisqu’elle a eu la gentillesse de concocter un brillant exercice de style (très lacanien !) pour les 10 ans de ce blog.

 ***

 Cinématon…

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Film facteur de ce raccord regards (d'ailleurs pour l’anecdote, il a sonné deux fois : une première fois pour un exercice scolaire ; une seconde fois ici ; bref.).

Découverte donc de différents portraits sur ce site décade-ans.

Examinons cela ;

Si n’est, matons.

 

Une fois l’obscurité tombée, certaines expressions font jour.

Les Jekyll, Folamour, Jivago, et autres êtres plus ou moins ténébreux multiplient les expériences scientifiques et féminines ; Doc lui, semble prendre une tout autre tangente.

L’étude des Quatre cents coups- quoique peut-être au profit du cou cent quatre-...

Ciné, mats tons.

 

Son cabinet ?

Plutôt vide-et-haut, malgré une série de B-Z un peu noirs, un fauteuil Emmanuelle, des manuels épars… Sur les étagères, s'alignent et se côtoient aussi bien L’Aurore, revues Eclipses et La voce della luna; The Big Bird Cage et ticket de Bird People ; 2001 : L’Odyssée de l’espace et L’homme qui rétrécit ; Les gens de la pluie et Conte d’été ; Chungking Express et Ratatouille ; Les Moissons du Ciel qu’Autant en emporte le vent ; La Fureur du Dragon et Black Belt Jones ; nudies exotiques à la plus précieuse Madame de...

Harmonies des genres aux langues multiples, et démultipliées à la pelle.

Ciné… M’a-t-on ?

 

Une pêche conséquente à la Stromboli ? Je ne sais pas.

Mais c’est tout de même un sacré Big Fish que l’on a là…

Cinéma-thon.

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Mercredi 6 août 2014 3 06 /08 /Août /2014 17:28

Aujourd’hui encore je vous propose un bond dans le temps car le blog Casaploum est sans doute l’un des premiers que j’aie fréquentés assidument. Julien officiait d’ailleurs, à l’époque, sur la même plateforme que moi (20six) et je pense que c’est le seul qui soit resté fidèle jusqu’au bout à cet hébergeur. Casaploum n’était d’ailleurs pas un blog, loin s’en faut, dédié entièrement au cinéma. Mais outre le fait que Julien parlait fort bien du cinéma lorsqu’il le faisait, j’ai été séduit par le style et le ton de ce « journal intime » et de nombreux points communs nous ont rapprochés : la littérature, Breton et le surréalisme, les utopies azimutées de Charles Fourier…

Même si Julien a abandonné son blog depuis quelques années, il est resté un fidèle lecteur avec qui c’est toujours un plaisir de débattre en commentaires. Nous avons eu quelques points de désaccords (comme il l’oublie dans son texte, je citerai également Carax) mais je n’oublie pas que c’est à lui que je dois la découverte des Amants de la nuit de Ray et, surtout, du magnifique Soy Cuba de Kalatozov que je n’aurais peut-être jamais regardé s’il n’avait pas insisté de la sorte.

Après ces années d’échanges passionnés (mais toujours courtois), je suis très heureux d’accueillir Julien ici et de le remercier pour ce très aimable témoignage…

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***

 

J'ai découvert le site du Dr Orlof il y a des années de cela, peut-être au tout début de son aventure sur la toile. Depuis, je n'ai presque plus jamais consulté d'autres sites de cinéma et, grâce à lui, j'ai également découvert deux autres blogs de très grande qualité : inisfree et nightswimming. A l'époque, je me lançais dans l'aventure cinéphile et tentais, avec mes maigres moyens, plus viscéraux que cérébraux, de parler cinéma. Mes notes n'arrivaient à la cheville d'aucun d'entre eux, mais j'ai pris un énorme plaisir à venir débattre du cinéma et des films qui nous opposaient.

 

Pour moi, l'intérêt était de venir discuter de nos désaccords bien plus que de nos goûts communs, très nombreux. Parmi ces désaccords, il faudrait citer Clint Eastwood et l’Echange, un film que j’ai été bien seul à encenser (j’ai un goût certain pour l’art du contre-pied, certes, mais le film me semble toujours une vraie réussite). Nous avons également ferraillé sur un autre film, hype et agaçant, de WKW, le très stylisé In the mood for love - très populaire de partout mais qui m'a laissé de marbre, voire insupporté par ses tics auteurisants, le défilé de garde-robes et autres fariboles du même tonneau. Tetro est pour moi le dernier grand Coppola, ce qui m’a attiré un certain scepticisme de la part des collègues blogueurs, dont Orlof. Etc., etc., les exemples ne manquent pas et sans doute que le Doc se souvient d’autres débats qui m’ont, aujourd’hui, échappé.

 

Je me souviens avoir recommandé plusieurs films à ce bon vieux docteur, certains qu'il n'a jamais regardé (Who's afraid of Virginia Woolf), d'autres qu'il n'a pas compris à leur juste valeur (Le Bonheur, de Varda, un film pourtant parfait sur le fond et la forme) et d'autres enfin pour lesquels leur découverte a été un enchantement mais pour lesquels la mémoire me manque (The Big Combo, peut-être ?). Je me souviens également avoir découvert Jess Franco et ses égéries grâce à lui. Là encore, la liste est longue.

 

En définitive, le blog d'Orlof m'a enchanté pendant des années, le temps de découvrir le monde cinéphile, de m'en passionner et d'avoir de nombreux échanges avec des personnes du même acabit. Aujourd'hui, j'avoue ne plus avoir le temps de passer lire ses notes mais il m'arrive d'y retourner de temps en temps et d'y puiser un peu d'inspiration pour télécharger un film ou aller en voir en salle.

 

Pour tous ces petits bonheurs simples de la vie cinéphile, je ne peux que souhaiter longue vie au docteur Orlof et à ses notes de cinéma, toujours bien écrites et dans lequel l’œil du technicien se rapproche de celui du littéraire !

 

Joyeux anniversaire ;-)

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Mardi 5 août 2014 2 05 /08 /Août /2014 17:44

Je n’ai pas un souvenir précis du moment où j’ai fait la connaissance de Camille. Ce dont je me souviens, en revanche, c’est qu’elle fait également partie de mes plus anciennes camarades et que je regardais à l’époque son blog avec une pointe d’envie. Je m’explique : alors que je devais me contenter, au mieux, de parler des sorties de la semaine ou de films diffusés à la télévision, Camille était parvenue à faire de son blog un espace quasiment « professionnel » où elle pouvait rendre compte d’avant-premières, de festivals (y compris Cannes) et des nouveautés DVD. Cependant, ce qui m’a toujours plu chez elle (outre son extrême gentillesse, sa simplicité et son sens de l’accueil), c’est qu’elle n’est jamais tombée dans le travers où se précipiteront par la suite de nombreux blogs. Jamais elle n’a fait de son espace personnel un mur pour les publicitaires avides de fourguer la bande-annonce du nouveau blockbuster à la mode, de promouvoir un film en faisant gagner des cadeaux à ses lecteurs, de courir après le dernier phénomène du moment pour gagner du clic. Ce qui a toujours prédominé dans Cinemaniac, c’est un amour sincère et désintéressé pour le cinéma.

Du coup, j’ai été très heureux et très flatté lorsque Camille m’a invité à écrire quelques chroniques DVD chez elle, n’ayant pour sa part pas le courage de se lancer dans un coffret Straub/Huillet ou de regarder le Salo de Pasolini. Par ailleurs, c’est grâce à elle que j’ai pu, en 2010, couvrir pour la première fois le festival du film policier de Beaune même si une grève de la SNCF m’a empêché de voir autant de films que je le souhaitais.

Même si elle se fait un peu plus rare, Camille poursuit l’aventure de son blog et je vous invite, après l’avoir remerciée chaleureusement, à vous y précipiter… 

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***

10 ans déjà. Nous étions, sans le savoir, les pionniers des blogs ciné, surtout lui : le Journal cinéma du Dr Orlof fête aujourd'hui ses dix années d'existence. Que reste-t-il de notre génération de bloggers monomaniaques, un seul blogger, omni-tâches, aux commandes? Lui, le Doc, a survécu, comme quelques-uns, rares...

Il sait (tout en pensant, modeste, que j'exagère) que je le considère comme le meilleur blog ciné "sur la place" pour plusieurs raisons :

D'abord, sa cinéphilie authentique, sa culture générale au-delà du cinéma, son intérêt documenté pour les questions sociétales qui enrichissent ses articles.

Ensuite, le Doc, toujours, argumente, le dos tourné au "j'aime, j'aime pas" que pratiquent encore de nombreux journalistes et trop de bloggers. Nous ne sommes pas toujours d'accord mais son point de vue sur un film n'est jamais dans l'émotion, l'identification primaire, et, si on ne peut pas totalement éliminer une part de subjectivité, chez Dr Orlof, cette subjectivité est au minimum humain, on n'est pas des machines non plus.

Enfin, c'est le seul à ma connaissance à n'avoir pas répondu présent, même de temps en temps, aux sirènes du star-system, les mondanités, les invit, les event, moteur de beaucoup de nouveaux blogs, l'indiffèrent, voire l'agacent, d'ailleurs, il ne se met jamais en scène. Ce n'est certes pas lui qu'on verra en photo au premier rang d'une conférence de presse, ou posant pour un selfie avec une star sur le red carpet lors de l'avant-première d'un blockbuster, voire devant tel ou tel logo d'un festival, d'une marque sponsor, café, soda, banque ou autre... Incorruptible Docteur Orlof...

Last but not least, il prend parti, il ose, il raisonne parfois en intellectuel mais demeure parfaitement lisible par tous, un brin d'humour british en bonus, un poil de férocité, mine de rien, avec, en filigrane, un côté essentiel, presque radical, la forme de son blog est miroir de son contenu, quasi-monacal, aucune fioriture, focus cinéma à 200%.

Bon! Le Doc a quand même quelques défauts, par exemple, cette obsession pour Gérard Courant, parfois, un peu invasive...

Je ne sais pas si cela a un quelconque intérêt mais je précise que malgré que nous nous fréquentions virtuellement depuis au moins huit ans (soit la naissance de mon blog en 2006), je ne l'ai jamais rencontré IRL et que, finalement, cela n'a aucune importance, j'ai l'impression de le connaître aussi bien que beaucoup de gens que je fréquente "en vrai", j'en suis au point de me demander si on n'est pas plus vrai et sincère ainsi, à communiquer par l'écriture, mais c'est un autre débat.

Bon anniversaire et longue vie au blog du Docteur Orlof, et, surtout qu'il n'ait pas l'idée saugrenue un jour d'y mettre le mot fin.  Au moins 10 ans sup et des poussières!

 

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Mardi 5 août 2014 2 05 /08 /Août /2014 10:44

Act of valor (2012) de Scott Waugh et Mike McCoy. (TF1 Vidéo). Sortie le 9 juillet 2014

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Certains éditeurs de DVD ont la gentillesse de me faire parvenir quasiment systématiquement toutes leurs nouveautés. D’autres m’envoient leurs plannings et je choisis les films susceptibles de m’intéresser. En revanche, j’ignore totalement pourquoi j’ai reçu gracieusement cet Act of valor (Les soldats de l’ombre) dont je n’avais jamais entendu parler.

Peut-être s’agit-il d’un canular car ce film représente à peu près tout ce que je déteste au cinéma ! Une de ses caractéristiques est qu’il a été tourné avec des acteurs totalement inconnus puisqu’il s’agit de vrais soldats de la Navy Seal. Le spectateur devra donc subir les exploits de ces trouffions envoyés en mission un peu partout dans le monde pour libérer des agents de la CIA et éviter que de méchants djihadistes pénètrent sur le territoire américain.

On l’aura compris, Act of Valor est un film de propagande entièrement dédiée à l’armée américaine et sa réalisation est aussi subtile qu’une main de ramoneur sur la culotte d’une jeune mariée. Les cinéastes jouent d’abord sur le chantage à l’émotion : visages d’enfants angéliques avant un terrible attentat, ralentis, soldat qui part en mission en laissant sa jolie femme enceinte à la maison (évidemment, il sera la victime sacrificielle et l’on pourra sortir les drapeaux ricains à son enterrement pour louer son héroïsme), voix-off sentencieuse qui récite le catéchisme répugnant du parfait patriote yankee (en gros, ce qui fait de toi un homme, c’est d’être craint)…

Puis nous voilà plongés dans un bain de testostérone sentant beaucoup trop la sueur et l’urine de bidasse pour ne pas donner envie de vomir. Après quelques séquences clippeuses de crétins faisant du surf ou se jetant dans le vide, c’est la guerre filmée à la manière d’un jeu vidéo, avec tout ce que cela suppose de déréliction et de violence complaisamment étalée.

Act of valor, c’est le mélange improbable entre un film d’instruction militaire et un mauvais film de Tony Scott (pléonasme !) période Top Gun (Ah, l’artillerie aérienne filmée en contre-jour devant le soleil qui se couche !).

Le résultat est donc parfaitement répugnant et ferait passer Les bérets verts de John Wayne pour une inoffensive pochade antimilitariste.

Quand la bêtise la plus crasseuse se mêle au patriotisme pleurnichard le plus abject, ça donne un film comme Act of valor… 

Par Dr Orlof - Publié dans : Nouveautés DVD
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Lundi 4 août 2014 1 04 /08 /Août /2014 17:08

Avec quelques autres blogueurs que j’ai déjà cités, Edouard fait bien entendu partie de mes plus fidèles complices et un compagnon de route avec qui j’ai toujours grand plaisir à discuter et à débattre. Comme il va vous le rappeler tout de suite, j’ai eu la chance de le rencontrer en 2008 à l’occasion des Rencontres cinéma et vidéo de Nice. A cette époque, je me souviens m’être livré à un petit jeu pour déterminer ce qui me rapprochait et m’éloignait de mes trois petits camarades présents et je suis parvenu à chaque fois à créer des « doublettes » :

Avec Joachim, ce sont nos goûts « Cahiers » (forcément !) qui nous rapprochaient : Bresson, Garrel, Godard, Eustache…tandis que Vincent et Edouard étaient déjà de farouches « positivistes ».

Avec Vincent, nous nous sommes toujours entendus sur le cinéma « bis » et bizarroïde, peuplé de belles naïades dénudées tout en partageant la même aversion pour le football. Au contraire, Edouard (Cf. sa splendide note sur le match Positif-Cahiers) et Joachim aiment ce sport et n’affichent pas de réelle affection pour la série Z (les notes qu’Edouard a consacrées à Jess Franco sont très sévères).

Enfin, avec Edouard, c’est une inclinaison pour une certaine folie taxinomiste qui nous lie (d’où notre goût commun pour les premiers Greenaway ?). Comme le disait une de nos petites camarades, Edouard se sent tout faible s’il n’a pas devant lui un tableau rempli d’étoiles. Et je dois dire que je suis, comme lui, friand de ces tops en tout genre, de ces listes ludiques qui permettent la confrontation de points de vue, de ces questionnaires qui circulent parfois sur Internet.

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Il y a fort longtemps, Edouard choisissait un cinéaste et demandait à ses lecteurs s’ils étaient « eastwoodiens » ou « coeniens ». Il s’agissait alors de donner son avis (notamment avec des petites étoiles) sur chaque film de l’auteur choisi. Puis, toujours partant pour les aventures collectives (c’est avec plaisir que je l’ai vu rejoindre l’équipe de Kinok en 2008), Edouard nous a proposé de participer à un tableau synthétique qui récapitulerait les grandes tendances de la « blogosphère » chaque mois. Ce fut l’aventure de Panoptique. Après avoir abandonné ce projet, il lance l’excellente idée de Zoom Arrière dont il sera question plus loin.

En outre, Edouard est l’auteur d’une copieuse et passionnante histoire des deux revues « historiques » de cinéma en France et je fus très fier de participer à son « feuilleton » En couverture où il s’agissait d’évoquer un souvenir marquant lié à une couverture des Cahiers ou de Positif.

Depuis quelques temps, notre ami ressent (un peu comme nous tous) une certaine lassitude : peur de la routine, de s’exprimer dans le vide (les commentaires sont désertés au profit d’un simple « j’aime » facebookien)… Il a abandonné son « historique » Nightswimming pour se lancer dans l’aventure de Nage nocturne. Mais je pense que comme tous, il reste taraudé par le désir d’écrire (et son arrivée toute récente aux Fiches du cinéma le prouve), de débattre, de s’engueuler (je finirai bien par lui faire admettre que De Palma est un cinéaste plus important qu’Altman !) et éventuellement d’aller boire un verre si on arrive un jour, ce que j’espère profondément, à tous se retrouver…

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***

Le Docteur Orlof et moi

Juillet 2004. Alors que certains, moi le premier, ne savent même pas ce que "blaugue" veut dire et en sont encore aux cahiers à spirales pour noter les films qu'ils voient, le Dr Orlof se lance dans l'aventure internet.

22 septembre 2007. Je poste mon premier commentaire sur le blog du Dr, à la suite de sa note sur "Saw", pour me faire connaître (puisque cela marche ainsi), pour m'étonner que le film soit traité avec autant de bienveillance et, bizarrement, pour défendre David Fincher.

28 septembre 2007 : Le Dr se manifeste à son tour chez moi, exprimant son désaccord sous mon texte consacré à "Lune de miel mouvementée", selon moi un mauvais McCarey.

Fin 2007 : Commentaires à chaque occasion, reprise des questionnaires et autres tops proposés par l'un et par l'autre… Le pli est pris.

Octobre 2008 : Grâce à l'invitation d'un amateur de westerns, responsable des Rencontres Cinéma et Vidéo de Nice, je rencontre en chair et en os un futur rédacteur des Cahiers du Cinéma et le Dr, beaucoup moins ténébreux que son homonyme apparaissant chez Jess Franco, lors d'un weekend mémorable.

Fin 2008 : Nous intégrons tous les deux la rédaction du site cinéphile Kinok, avec d'autres camarades blogueurs. Trois années durant, nous jouons des coudes pour obtenir la chronique de tel DVD et nous avons l'impression de faire partie d'une sorte de "Dream Team" de la blogosphère.

2009 : L'effervescence autour des blogs cinéma est à son point culminant. Les commentaires s'agglutinent sous la moindre note consacrée à un film faisant l'actualité. A peine a-t-on fini de répondre sur son propre site qu'il faut continuer le débat sur d'autres aspects chez deux, trois ou quatre voisins. Avec le Dr, la lutte est acharnée. J'insiste pour lui vanter les mérites de "Gran Torino" qu'il n'aime pas du tout. Il ne lâche rien sur "Whatever works" qui m'insupporte. A propos d'"Inglourious Basterds", nous débattons à l'infini. Heureusement que "Les Herbes folles" nous rapprochent.

2010 : Le Dr publie quantité de notes sur les films de Gérard Courant. Toujours passionnantes à lire, elles permettent la découverte d'un cinéaste extrêmement prolifique et pourtant totalement ignoré par la critique traditionnelle. Grâce à l'entremise du Dr, j'entre en contact avec lui et me lance à mon tour dans quelques chroniques de ses films, l'année suivante, alors que mon camarade tente de son côté un pari qui me semble insensé : voir et écrire sur tous les Cinématons tournés par Gérard Courant depuis 1977 !

Septembre 2012 : Je propose à quelques éminents blogueurs de ma connaissance de participer à un site collectif, Zoom Arrière, qui nous ferait voyager d'année en année pour voir ce qu'il reste aujourd'hui de toutes ces œuvres d'hier. Le Dr est l'un des premiers à répondre favorablement à cette invitation.

Février 2013 : J'annonce, sur mon blog principal, ma lassitude. Elle me poussera à ne plus l'alimenter que sporadiquement puis à l'abandonner complètement quelques mois plus tard pour repartir à zéro ailleurs, moins exposé et plus tranquille. Autour de moi, je vois les blogs cinéphiles fermer les uns après les autres ou bien être tenus de moins en moins régulièrement, les débats s'arrêter au bout de trois ou quatre commentaires, les discussions sur les films se dérouler plus volontiers sur les réseaux sociaux... Seuls quelques valeureux soldats tiennent bon. Le Dr est de ceux-là.

Juillet 2014 : Nous y voilà, le blog du Dr a dix ans, une éternité en années-internet. J'admire cette constance et cette longévité, le maintien, sans lassitude apparente, de la ligne de plaisir fixée dès le début, la longueur constante des notes proposées.
A propos de celles-ci, notre Dr joue d'ailleurs trop souvent la modestie, nous prévenant qu'elles sont laborieuses alors qu'elles sont parfaitement claires, ou bien, les comparant à une notule dans laquelle nous avons pu avoir une petite intuition, les estimant moins bonnes alors qu'il est beaucoup plus difficile d'appréhender un film "dans son ensemble" au fil d'un texte relativement long que d'en tirer un simple détail pour broder quelques lignes à son propos. Bien sûr, à force de lire régulièrement, on voit venir certaines tournures, surtout lorsqu'arrive le terrain politique, lorsqu'il s'agit de dénoncer l'académisme de la critique professionnelle ou les bien-pensants... Mais parmi nous autres blogueurs qui écrivons souvent sur le cinéma, qui peut estimer qu'il échappe à la redite, à ses tics et à ses réflexes ?
Un blog n'est pas une revue et le fort lien que l'on peut nouer avec l'un et l'autre n'est pas du tout le même. A la limite, nous pouvons lire avec un certain plaisir, chaque jour, les notes d'un blogueur aux goûts tout à fait éloignés des nôtres, mais qu'une revue aille régulièrement à l'encontre et nous cédons aussitôt au plus grand agacement. Avec le Dr, les divergences n'ont jamais manqué, mais les accords ont été et sont encore aujourd'hui tout aussi nombreux. Je lui suis de toute façon reconnaissant par exemple de continuer à défendre l'œuvre de Brian DePalma. Cela me pousse à argumenter sans relâche, au fil des visions et des révisions, à me forger mieux encore mon opinion : quoi qu'en dise mon ami et adversaire, Robert Altman est un bien plus grand cinéaste que le réalisateur de "Redacted". Je pourrais aussi le taquiner en lui demandant si cette année encore il compte mettre un Woody Allen dans son Top 10, mais il serait capable de me répondre en me demandant si je compte mettre à nouveau un film roumain dans le mien.
Je préfère donc terminer en insistant sur un autre point : nous pouvons tout de même observer en ces pages, avec plaisir, ce qui me semble être sans doute le grand écart le plus constant de la blogosphère, celui qui va par exemple de Philippe Garrel à Jess Franco, ou des Cinématons à quelques obscures séries Z érotico-horrifiques.
Souhaitons que cette position osée soit tenue durant des décennies encore. Longue vie au Journal Cinéma du Dr Orlof ! Santé et prospérité à son auteur !

 

 

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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