Jeudi 10 juillet 2014 4 10 /07 /Juil /2014 11:42

Si j’évoquais dans mon texte des « 10 ans » un âge d’or des blogs qui aurait disparu avec la naissance des réseaux sociaux, ce n’est en aucun cas pour regretter ce déplacement du débat cinéphile. En effet, Twitter et Facebook m’ont permis de rencontrer et d’avoir des échanges passionnés avec des cinéphiles de tous horizons. J’ai croisé la route d’Axel Cadieux, journaliste pour So film, Slate et Playlist society et auteur d’un ouvrage remarquable chez Capricci Une série de tueurs, sur Twitter puis sur Facebook. C’est toujours un grand plaisir d’échanger quelques mots avec lui et j’ai toujours apprécié sa tolérance et sa modération. Comme il le souligne lui-même, nous ne sommes pas toujours d’accord (nous pourrions nous déchirer autour de Michael Mann pendant de longues heures !) mais est-ce que les débats ne seraient pas mortellement ennuyeux si tout le monde pensait exactement la même chose et avait les mêmes goûts ?  

En attendant d’autres effervescentes discussions, un grand merci à Axel qui a bien voulu rendre ce petit hommage à mon blog.


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***


La première fois que j'ai lu ton blog c'était pour un billet sur Le Loup de Wall Street, que j'ai adoré et relayé. On a dit tellement de bêtises sur ce film que tes lignes m'ont fait un bien fou. Par la suite j'y suis revenu, selon les textes, et même si je ne suis pas toujours d'accord avec toi (concernant ton aversion du cinéma dit "industriel" notamment), je trouve ta manière d'évoquer les films toujours sensible, curieuse et pleine de vitalité. C'est rare et précieux, donc continue.


De plus consacrer un billet à mon livre était vraiment une très chouette idée :)

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Mercredi 9 juillet 2014 3 09 /07 /Juil /2014 17:14

Une de mes grandes fiertés de ces dix ans de blog, c’est d’avoir un jour donné l’envie de voir à deux respectables lectrices, plus âgées que moi me semble-t-il, et pas forcément « cinéphiles », une anthologie de petits films pornographiques de la « Belle Époque » regroupés sous le titre Polissons et galipettes. Un des grands plaisirs du blog, c’est effectivement d’échanger avec des personnes qui ne connaissent pas forcément très bien le cinéma et que j’ai parfois réussi (du moins, j’ose l’espérer) à intéresser.

Cette introduction est un peu hors-sujet puisque Raphaël Juan connaît visiblement bien le cinéma. Mais, sauf erreur, ce n’est pas quelqu’un qui fréquente assidument les « réseaux cinéphiles » et qui commente régulièrement sur les blogs. Je l’ai rencontré il y a peu sur Facebook et il a eu la gentillesse de me concocter ce petit hommage. En cherchant un peu sur Internet, j’ai trouvé un autre point commun avec lui puisqu’il a écrit un article pour la revue Éléments sur un roman que j’ai beaucoup aimé : L’homme qui arrêta d’écrire de Nabe.

Un grand merci, donc...


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Le blog du Dr Orlof est un des très rares que je lise régulièrement. Certes je suis assez amateur de ciné mais une telle prolixité - dans son sens original latin: prolixus « qui se répand abondamment » - m'épate; il ne me viendrait jamais à l'esprit d'écrire autant, pour tout le monde et gratuitement ! Je pense que ça doit lui plaire, mais quel invisible effort ! Le meilleur est qu'il a à peu près les mêmes gouts que moi. Anarchisme espiègle, tentation pour les profondeurs de l'âme (ou ce qui en fait office), foisonnement des références sont ses douces qualités. Je dis douces car il n'a pas l'air d'être méchant, n'est jamais malveillant et quand il égratigne ça a l'air sincère. Bref, on a l'impression d'avoir affaire à un gentleman qui nous apprend des choses et avec qui on peut facilement confronter ses impressions, quelqu'un dont on peut suivre les conseils cinématographiques sans trop se casser la tête. Et c'est ce dont on a besoin. Merci, et comme le disait Francis "Bonjour chez vous".

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Mercredi 9 juillet 2014 3 09 /07 /Juil /2014 12:13

Parents (1988) de Bob Balaban avec Randy Quaid. Editions Métropolitain. Sortie le 18 juin 2014


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Pour la petite histoire, Parents a été présenté au festival d’Avoriaz en 1989 et faisait partie des films que je rêvais de voir ado, avec le beau et onirique Paperhouse de Bernard Rose, présenté au même festival1. Il m'aura fallu donc patienter 25 ans pour découvrir ce film d'un réalisateur qui s'est ensuite spécialisé dans les séries télé.


Dans les années 50, Michael et ses parents déménagent dans une banlieue pavillonnaire anonyme des États-Unis comme on en trouve chez Tim Burton (Edward aux mains d'argent) ou Lynch (Blue velvet). Le jeune garçon est en proie à de terrifiants et sanglants cauchemars qui mettent en scène ses parents. A l'école, il attire l'attention par son comportement étrange...


La grande réussite du film de Balaban, c'est cette manière qu'il a de montrer un univers quotidien et lisse par les yeux d'un enfant et de lui conférer ainsi une véritable étrangeté. Le cinéaste utilise la plupart du temps des focales courtes et joue sur les contre-plongées pour donner le sentiment d'un espace domestique piégé, immense et inquiétant.

Pour Michael, ses parents sont de véritables étrangers qui se livrent à des pratiques effrayantes. On suppose, dans un premier temps, qu'il les a surpris en train de faire l'amour et qu'il a interprété cette scène primitive par le prisme de son imaginaire d'enfant. D'où le côté monstrueux et traumatique de cet instant. Mais ensuite, on le voit soupçonner ses géniteurs de manger de la chair humaine !

Le film est très malin pour deux raisons. D'une part, parce qu'il opte pour un tableau satirique plutôt bien vu de cette Amérique puritaine des années 50 qui dissimule sous le vernis des conventions sociales toutes les turpitudes imaginables. D'autre part, parce que Balaban parvient pendant un bon bout de temps à faire flotter une certaine part d'indécision. Quelle est la valeur des images que nous voyons ? S'agit-il des visions cauchemardesques de Michael ? S'agit-il de projections mentales d'un enfant qui vit coincé dans son propre univers ? Ou est-ce que ses parents pourraient vraiment être monstrueux ?


A ce titre, la fin qui devient plus explicative et résout ce mystère est un tout petit peu décevante, rendant Parents un peu trop « classique » pour totalement convaincre. Mais à cette réserve près, il s'agit d'un excellent film fantastique, singulier et suffisamment tordu pour séduire.


Rares sont les films qui parviennent à traduire visuellement les angoisses enfantines en conservant un point de vue qui ne soit pas celui de l'adulte. Bob Balaban réussit son pari même si la folie qui finit par gagner tout le récit aurait mérité de rester un petit peu plus ambiguë.

Mais encore une fois, cette œuvre étrange mérite d'être découverte...


1 Remarquons que dans cette édition du festival étaient également présentés Faux semblants de Cronenberg, They live de Carpenter et Monkey shines de Romero !

Par Dr Orlof - Publié dans : Nouveautés DVD
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Mardi 8 juillet 2014 2 08 /07 /Juil /2014 23:04

Tesis (1995) d'Alejandro Amenabar avec Ana Torrent, Fele Martinez, Eduardo Noriega. (Editions Carlotta) Sortie en DVD le 25 juin 2014

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Je me souviens que je n'avais pas été tellement convaincu en découvrant ce premier film d'Amenabar la première fois. J'y avais alors vu un exercice de style un peu roublard d'un étudiant en cinéma doué, témoignant d'un certain talent mais sans grande originalité.

Je dois donc faire amende honorable parce que j'ai redécouvert Tesis avec un certain plaisir. Si le côté « exercice de style » n'est pas totalement évité (notamment pour tout ce qui concerne le discours sur les images et la violence), il faut reconnaître que le film est remarquablement bien construit et rondement mené. Sans avoir recours aux gros effets du thriller sanglant contemporain, Amenabar parvient à faire sourdre l'angoisse et à instaurer un suspense diablement efficace.

 

Avouons-le quand même : le discours sur les images a un peu vieilli. La sortie de ce film me paraît relativement proche (20 ans l'an prochain quand même!) et il était presque contemporain d’œuvres interrogeant de manière similaire la question de la violence à l'écran (se souvient-on encore des débats autour du Tueurs-nés de Stone?). C'est en voyant des films comme Tesis, c'est à dire très marqués par les questions technologiques de l'époque, qu'on réalise à quel point le monde a changé rapidement.

1995, cela signifie un monde sans téléphones portables, sans Internet, sans DVD. C'est l'époque où débute réellement la démocratisation des petites caméras vidéo et cette « domestication » de l'image va être l'objet de tous les fantasmes et de toutes les craintes.

 

Dans Tesis, Angela (Ana Torrent) prépare une thèse sur la violence dans les images. Elle demande à son directeur de thèse de lui trouver des cassettes pouvant illustrer son sujet. L'homme en dégote une mais il est retrouvé mort dans la salle de projection où il la visionnait. Il se trouve que sur cette VHS, il y a un « snuff movie » et que la fille qui se fait torturer et tuer sous l’œil de la caméra est une ancienne étudiante de la fac. Aidée par Chema (Fele Martinez), un « geek » avant l'heure -fan de films pornos et d'horreur-, elle va mener l'enquête pour dénouer les fils de cette mystérieuse histoire...

 

Pour Amenabar, qui joue une fois de plus sur le fantasme de l'existence de « snuff movies » fabriqués à la chaîne par des réseaux crapuleux, la violence de l'image n'existe que parce qu'elle répond à un besoin du public. C'est le sens de la première séquence où Angela est irrésistiblement attirée vers des rails où a eu lieu un accident et ferait tout pour apercevoir le cadavre de l'homme qui s'est jeté sous la rame du métro.

La fascination morbide pour la violence et pour les « expériences limites » de l'être humain (pour le dire vite, les deux « absolus » irreprésentables selon Bazin : le sexe et la mort) aurait pu être un sujet passionnant mais Amenabar ne le traite que superficiellement. Il manque peut-être à son héroïne un côté « trouble » qui la ferait justement pencher du côté de cette violence, de cette fascination pour les gouffres et la mort. Mais Angela reste droite dans ses souliers durant tout le récit et nous a paru un peu trop « lisse ».

 

C'est donc plutôt du côté de la narration et de la dramaturgie que le film parviendra à emporter l'adhésion. Amenabar prouve d'emblée (il n'avait alors que 23 ans) qu'il maîtrise parfaitement les codes du thriller et qu'il est capable de se les réapproprier. Il y a chez lui un petit côté De Palma (notamment dans la belle scène de filature où Angelica finit par se faire suivre par celui qu'elle suivait) mais qui se concentrerait moins sur le style que sur l'efficacité narrative. C'est assez amusant car la manière de placer les chausses-trappes, de multiplier les retournements de situations, de faire peser le poids du doute sur un personnage pour ensuite le disculper est assez classique voire un tantinet mécanique à certains moments. Et pourtant, on marche et on prend plaisir à se laisser surprendre.

Les personnages sont bien campés et incarnés avec talent par Ana Torrent (l'inoubliable gamine de L'esprit de la ruche et de Cria Cuervos), par Fele Martinez (et ses improbables t-shirts Cannibal holocaust!) ou le roué bellâtre Eduardo Noriega et les rouages du genre sont parfaitement huilé.

 

Tesis n'est sans doute pas un film révolutionnaire ni le chef-d’œuvre du siècle mais c'est un bon thriller qui parvient à nous captiver pendant deux heures. Que demander de plus ?

Par Dr Orlof - Publié dans : Nouveautés DVD
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Mardi 8 juillet 2014 2 08 /07 /Juil /2014 15:34

Sur Internet comme dans la « vraie » vie, il y a les proches avec qui vous échangez souvent, qui vous soutiennent toujours et vous engueulent parfois. Et il y a ceux que vous connaissez mais de manière plus lointaine mais que vous respectez et que vous appréciez. Je ne sais plus quand j’ai croisé la route de Phil Siné mais j’ai l’impression de l’avoir toujours connu. Aussi est-ce tout naturellement, après avoir échangé quelques commentaires sur nos blogs respectifs, que nous nous sommes suivis sur Twitter et sommes devenus amis sur Facebook. Je n’ai pas le souvenir d’avoir eu de grands et vifs débats avec Phil mais il est toujours resté une présence sympathique et bienveillante. La preuve qu’il est toujours là ? Cette courte contribution qu’il fut l’un des premiers à m’envoyer…  bravo.jpg  

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Ce que j'adore dans Le Journal Cinéma du dr Orlof, c'est le petit bonhomme qui sert de système de notation des films... il est aussi classe que l'Ulysse de Télérama !

 

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Pour ceux qui l’ignoreraient encore, cette signalétique a été créée par Boulet et le petit bonhomme me ressemblait lorsque je n’avais pas rasé mon crâne et que je ne m’étais pas laissé pousser la barbe !


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Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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