Mardi 26 août 2014 2 26 /08 /Août /2014 19:07
J'ai rencontré Philippe, cinéphile niçois, à deux occasions : en 2008 et 2010 lorsque je me suis rendu dans cette belle ville quand Vincent et son association Regard Indépendant m'ont gentiment invité. Il réalise lui-même des courts-métrages fantastiques et pour les 10 ans de mon blog, il m'a gentiment proposé un petit hommage à Jean Rollin qu'il avait écrit au moment de la mort du cinéaste et en réaction à l'article nécrologique de Mad Movies.  Je l'en remercie.
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En tant que fan de Jean ROLLIN, je suis ravi qu'une double page soit consacrée en hommage à ce réalisateur sous-estimé par la critique et bénéficiant d'un public confidentiel. L'article n'est ni trop élogieux, ni attaquant et descendant gratuitement son oeuvre. Bien sur, je ne suis pas d'accord avec tous les avis car la plupart des films que j'aime ne sont pas appréciés par le critique, ce qui est son droit le plus absolu.
L'avis est positif sur Le viol du vampire sorti en mai 1968 qui a bénéficié d'attaques injustes, violentes et excessives par les esprits  soixante-huitards soi disant ouverts, et pourtant malgré les maladresses d'un premier long métrage, tout l'univers de Jean s'y trouve.
Positif aussi sur 2éme long :  La vampire nue
Par contre, pas d'acord sur Fascination, où il est dit qu'on aurait peur de le revoir, juste que l'acteur masculin n'est pas très bon mais je crois que Jean choisissait mieux ses actrices  que les acteurs, je le comprends car je fais pareil.
Pas d'accord sur  La rose de fer qualifié d'austère psychodrame, pourtant ce huis clos dans un cimetière est l'œuvre d'un poète du macabre.
Pas d'accord sur l'avis sur ses romans considérés comme peu convaincants car qualifiés de scripts reconvertis en livres, pourtant là aussi ce sont de très belles œuvres.
Il est dit aussi qu'il tourne en rond avec son thèmes de prédilection qui est aussi le mien : les femmes vampires, avec comme exemple Le frisson des vampires. Ce film a beau être très kitsch années 70, je le trouve très plaisant.
Les raisins de la mort est qualifié de chef d'œuvre, le scénario est excellent mais les acteurs pas tous bons et il contient la première séquence gore du cinéma français dans un contexte émotionnel et non gratuit. Lèvres de sang est apprécié est ça c'est bien!
La fiancée de dracula réalisé en 2000 est qualifié de déplaisant, là je dis non!
L'actrice Cyrille Iste est très bien et l'humour noir du film est au contraire très plaisant et la poésie est au rendez vous!
 
En bref, Jean ROLLIN soit on n'aime pas, soit on est totalement fasciné !
A Mad Movies c'est plutôt mitigé, des qualités lui sont reconnues et des œuvres sont appréciées et ça c'est un progrès dans la critique de ses films !
 
Pour moi, il n'y a que 2 ratages dans son oeuvre
Le film de commande renié par son auteur : Le lac des morts vivants car son manque catastrophique de budget est conséquent.
Killing car : le scénario est génial, l'actrice principale très bien mais tous les autres acteurs sont les plus mauvais que Jean ROLLIN  aie dirigés !
 
LONGUE VIE A L'ŒUVRE DE JEAN ROLLIN ET SALUTATIONS DANS L'AU- DELÀ A CELUI QUI EST DEVENU "UN PROMENEUR" A L'INSTAR D'UN DE SES ROMANS !
Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Lundi 25 août 2014 1 25 /08 /Août /2014 19:32
C'est grâce au bloc-notes d'Adrien Gombeaud que mon blog a été cité une fois dans les colonnes de Positif et je dois admettre en avoir tiré une certaine fierté. Ce qui m'a valu ce très sympathique clin d'oeil, c'est une note que j'ai consacrée il y a fort longtemps à un nanar de Michel Vocoret où j'égratignais gentiment la théorie du "cinéma subtil" lancée par Burdeau et Frodon dans les Cahiers à cette époque (mais qui s'en souvient aujourd'hui?) 
Depuis, Michel Vocoret est devenu une sorte de signe de ralliement entre Adrien Gombeaud et moi sur Twitter où il fait partie de ceux que j'ai surnommé "les sages". En effet, parmi les critiques professionnels (outre Positif, il publie aussi dans Les échos) qui officient sur ce réseau social, Adrien est l'un des plus ouverts, des plus accueillants et des plus aimables. Sans jamais se départir de son sens de l'humour, il entre dans les débats sans jamais hausser le ton et en faisant preuve d'une grande ouverture d'esprit. C'est donc un avec un plaisir égal à celui que j'ai à dialoguer régulièrement avec lui que je publie ici sa contribution aux 10 ans de ce blog en le remerciant très chaleureusement. 

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Les ordonnances sévères du bon Docteur Orlof

L’ouverture du cabinet du Docteur correspond à peu près mon entrée au comité de rédaction de Positif. Dix ans, ce n’est pas grand-chose dans l’histoire d’une revue comme la notre. Je suis loin d’être un ancien, même si je ne suis plus le plus jeune. En revanche, à l’échelle de la blogosphère cinéphile, 10 ans c’est une éternité. Le Docteur Orlof est donc déjà une sommité. 
Je l’ai rencontré via Nightswimming, le site d’Edouard qui recensait la saga de Positif et des Cahiers. J’admirais l’entreprise titanesque d’Edouard mais j’aimais aussi lire les commentaires… dont ceux du bon Docteur. Nightswimming a fermé sous son ancienne forme, Orlof est devenu mon médecin traitant même si je vais régulièrement chercher des ordonnances chez Cinémoije ou chez la Critique clandestine. Et comme nous nous retrouvons presque chaque jour sur Twitter, je dois être hypocondriaque.

Je ne tiens pas de blog mais il me semble que le bon critique web ne diffère pas dans le fond du bon critique professionnel. Il trouve son lectorat par son goût, l’originalité de ses idées et sa façon de les exprimer. Les choses divergent à la pratique. Le bloggeur maîtrise bien sûr une technologie particulière. L’art de poster des vidéos ou de glisser des liens hypertextes ici ou là n’a néanmoins qu’un rapport secondaire avec le succès d’un blog. Le bien le plus précieux, ce que l’e-cinéphile doit préserver coûte que coûte, reste sa liberté. Il n’est pas limité par le nombre de signes ou par le format d’une publication officielle. Il est (si possible) financièrement indépendant. Il chronique les films non pas au gré du calendrier des sorties mais au gré de ses sorties à lui. Il peut ainsi poster une note sur Michel Vocoret le jour où sort le blockbuster le plus attendu de la rentrée… Bref, il n’a de compte à rendre à personne. Sauf à ses lecteurs. Il me semble que les bons blogs ciné sont justement ceux qui, tout en cultivant cette liberté, ont su inventer une forme précise et cohérente. Ils ont trouvé un ton bien à eux, un refrain que l’on retient… l’épice mystérieuse qui vous donne envie de revenir dans un bistro, en sachant que le plat du jour change mais que le cuistot reste fidèle au fourneau. Voilà je pense le premier secret de la longévité… l’autre, c’est bien sûr la générosité. Une façon de donner son temps comme d’autres donnent leur sang. Peut-être est-ce pour cela que sur l’écran de sa blouse blanche, le Docteur arbore depuis dix ans le pseudo d’un héros de Jess Franco.
Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Dimanche 24 août 2014 7 24 /08 /Août /2014 16:26
J'accueille aujourd'hui une nouvelle jeune cinéphile de talent, Oriane, qui fut élève de Céline et que j'ai rencontrée (une fois de plus!) grâce au blog d'Edouard mais aussi grâce aux nombreuses recommandations de David. Nous ne nous connaissons pas beaucoup mais c'est assurément une cinéphile de qualité dont le blog mérite le détour. Et je ne doute pas que les occasions de discuter seront nombreuses puisqu'Oriane vient d'arriver sur Twitter et que nous sommes désormais en contact sur Facebook. 
De quoi encore tenir dix bonnes années supplémentaires ! 

***

Le point Orlof.

Le blog du Doc Orlof a toujours été en arrière-plan de mes propres avancées de blogueuse. En vérité, il s'agit d'un blog que je connais « de loin ». Je l'ai croisé dans mes recherches de propre blogueuse cinéphile, je l'ai vu cité sur les réseaux des autres (ceux des éternels Edouard, Dasola, et David !), je l'ai lu ou survolé, je m'y suis arrêtée et je l'ai commenté parfois.

Le fait même que je vienne fêter ses 10 années de blogueur passionné montre que la cinéphilie, c'est aussi cela : s'insérer dans un large cercle, frôler les critiques des autres tout en patinant avec ardeur sur la glace de la rédaction, se trouver des foyers dans cette large et riche patinoire. Avec le Dr Orlof, nous avons partagé la violence glaciale du dernier film de Kiyoshi Kurosawa, Shokuzai, qu'il est venu soutenir sur mon Top de 2013.

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Un trajet de blogueur est comme une longue phrase agrémentée de points ou de virgules. Cette ponctuation qui interrompt le propre fil de votre blog et de vos découvertes, c'est celle des autres, rencontrés dans la blogosphère, et aussi nécessaires à l'évolution de votre propre plume. Le blog du Doc Orlof a ainsi été une balise très régulière de mon parcours, croisée au détour d'un chemin facebookien, ou d'un tweet hasardeux. J'en apprécie l'expansivité sidérante, la régularité inégalable de ses publications, et surtout sa section consacrée aux ouvrages de cinéma. Je ne peux lui que lui souhaiter un excellent anniversaire et une très belle continuation parmi les images qu'il explore avec la curiosité d'un aventurier !
Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Jeudi 21 août 2014 4 21 /08 /Août /2014 15:31

Juliette fait partie des belles rencontres que j’ai pu faire grâce à mon blog alors qu’elle n’est pas forcément spécialisée dans le cinéma (qu’elle connaît pourtant très bien). A l’origine, il y a un simple commentaire sur mon blog et une réponse de ma part où j’avouais aimer beaucoup le prénom « shakespero-sadien » de Juliette. Du coup, ce qualificatif est devenu une sorte de signe de ralliement qui m’a permis de la retrouver sur Twitter puis sur Facebook.

Ses centres d’intérêt sont nombreux : l’histoire (qu’elle étudie), les songes, la photographie (qu’elle pratique avec beaucoup de talent : voir ici), les questions sociales et le féminisme. Elle vient d’ailleurs de créer un Tumblr qui a eu un certain écho consacré à la question du « harcèlement de rue », sujet sur lequel nous avons longuement débattu sur Twitter.

Ce que j’aime chez Juliette (et chez certains autres amis féministes), c’est qu’elle a compris que si je suis très critique envers ce que j’appelle « l’idéologie féministe », cela ne fait pas de moi (enfin, j’espère !), un gros macho nostalgique de l’ordre patriarcal. Et pour me limiter au domaine du cinéma (qu’elle aborde dans sa très belle contribution), ce qui me plait dans le septième art tient justement à la complexité de la représentation où les femmes (mais les hommes aussi !) sont à la fois « objet » (de désir, de fascination…) mais également « sujet », capables de changer la face du monde (voir le rôle qu’a eu Bardot dans l’émancipation des femmes).   

Mais comme le dit Juliette, nous aurons encore de nombreuses occasions de débattre de ce sujet sans fin…

 

***

 

Pour rendre hommage au plus cinéphile des docteurs, j'aurais aimé peindre une jeune fille en bleu et lui inscrire sur le corps les vers de Cocteau cités par son amant :

 

Ecoutant ta guitare fée

Tes objets te suivent Orphée

Jusqu'à la forme que tu veux

Clio du zinc

Calliope téléphone les faits divers

Et Uranie allume les becs de gaze

Qui fardent les marroniers par dessous

 

 

Las, l'été faisant son oeuvre, le temps et les jeunes filles manquaient.

J'ai alors retrouvé cette image, souvenir exhumé d'une séance dans un vieux grenier, il y a de longues années.

 

Miroir brisé - Juliette Lancel

 

Parce qu'un certain miroir a dit un jour à une certaine jeune fille « Je suis votre miroir, la Belle. Réfléchissez pour moi, je réfléchirai pour vous ».

Parce que l'innocence diaphane des héroïnes de films vampiriques n'est jamais si limpide qu'elle le paraît.

Parce que le trouble nait de la faille.

Parce que j'ai l'intuition que le jeu croisé du sujet et de l'objet dans la représentation des femmes à l'écran pourrait être entre nous une source de discussions sans fin.

Parce qu'écrire sur une image offerte à quelqu'un pour le remercier d'écrire sur des images, à tout prendre, qu'est-ce, sinon un autre jeu de miroir ?

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Mercredi 20 août 2014 3 20 /08 /Août /2014 18:19

Lorsque j’ai connu Thomas, il s’appelait Rob Gordon et il avait toujours raison. Je ne suis pas certain que nous ayons eu beaucoup de contacts à cette époque mais je me souviens très bien de sa très belle dernière note qui faisait un point extrêmement lucide sur ce qu’était devenue alors la « blogosphère » cinéphile (ça n’a pas été en s’arrangeant !). Après l’expérience de ce blog, Thomas a continué à écrire en créant un nouveau blog spécialement dédié au cinéma argentin qu’il connaît parfaitement et en participant aux sites Accreds, Playlist Society, Slate et Snatch magazine (sans se concentrer exclusivement sur le cinéma, d’ailleurs).

C’est surtout sur les réseaux sociaux (Twitter, Facebook) que nous avons entamé le dialogue.

Et dans la mesure où nos échanges ne sont pas aussi nombreux que ça, cette contribution m’a à la fois surpris et beaucoup touché.

Un grand merci à Thomas qui vient de fêter ses 30 ans et qui a l’élégance de m’offrir ce beau cadeau…

providence.png

***

 

Été 2104 : pour fêter le centenaire du Journal cinéma du Dr Orlof, le festival de Cannes présidé par Kevin Jacob (arrière-petit-fils de) dédie son film de clôture au blog le plus ancien et le plus riche de l'histoire du cinéma français. Après avoir diffusé en ouverture l'intégralité des 269 heures du Cinématon de Gérard Courant, dont le Dr Orlof est l'un des ardents défenseurs et une vedette occasionnelle (diffusion qui, en raison de la durée exceptionnelle du film, se termine pile au moment du lancement du film de clôture), la cent cinquante-septième édition du festival international du film boucle la boucle de la plus belle des manières.

 

Simplement intitulé Orlof, ce film collectif mis en scène par les vingt derniers cinéastes à avoir remporté la Palme (dont neuf femmes, deux africains et un jeune homme âgé de 16 ans) est constitué de segments de 8 minutes, chacun étant un morceau choisi des longues séances d'écriture du Docteur, filmé en temps réel à différentes étapes de sa vie. Par la grâce et la variété des mises en scène, et par le charisme de son seul protagoniste, ce film intemporel en dit plus sur la création, la pensée critique et la passion cinéphile que tous les ouvrages publiés sur le sujet au cours des cent dernières années. Acclamé pour son inventivité de tous les instants et pour l'émotion qu'il fait subtilement affleurer, Orlof bat le record de la plus longue standing ovation (une heure cinquante-quatre d'applaudissements nourris).

 

Le lundi suivant la projection unique de ce chef-d'œuvre, les quotidiens ne parleront que de cela, remisant la première Palme d'Or tchétchène en fin d'article pour ne parler que du choc esthétique et émotionnel que constitue cet Orlof de génie. Tous regretteront que le Docteur, devenu doyen de l'humanité quelques semaines plus tôt, n'ait pas honoré la salle Pierre-Lescure de sa présence. On attribuera aux larmes qui ont embrumé leurs yeux durant toute la projection le fait qu'ils n'aient pas aperçu ce vieil homme un peu courbé, affublé d'une longue barbe blanche et de lunettes fumées, attendre que le noir se fasse en début de séance pour s'installer sur un strapontin puis quitter la salle à pas de loup, le regard mouillé lui aussi, au moment du générique de fin. Ultime symbole de la modestie et de la discrétion de cet homme réservé et passionné qui n'a jamais utilisé le cinéma pour se mettre en avant mais qui, bien au contraire, s'est toujours placé en retrait pour laisser au cinéma toute sa place.

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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