Samedi 26 juillet 2014 6 26 /07 /Juil /2014 09:33

Que dire en quelques mots de Vincent, le plus Fordien de tous les blogueurs ? Que son calme est olympien ? Que sa gentillesse est proverbiale ? Que son amour du cinéma est immodéré ? Que sa culture est sans faille ? Evidemment, mais il faudrait aussi ajouter sa curiosité insatiable (du Super 8 au blockbuster, des classiques indéboulonnables aux westerns italiens de série Z en passant pour un penchant coupable pour les belles italiennes se faisant trucider dans les gialli ou exhibant leurs poitrines généreuses dans des comédies discutables – Ah Edwige Fenech !-)

Le génial récit que vous allez lire est assez long alors je vais tâcher de ne pas trop m’étendre mais c’est difficile dans la mesure où Vincent fait partie de mes plus vieux compagnons de route (en retrouvant quelques archives 20six égarées dans le cosmos, j’ai réalisé qu’il était déjà là pour répondre à ma grande enquête sur « les films les plus érotiques de l’histoire du cinéma » en 2005 !) et un véritable ami que j’ai eu l’occasion de rencontrer deux fois.

C’est cette dimension que je voudrais mettre en valeur ici : son côté fédérateur.

Sur son blog (qui fêtera aussi très prochainement ses 10 ans), il y eut d’abord les « blogs-à-thon », invitations lancées à tous les blogueurs pour écrire un texte autour d’un cinéaste aimé. Je crois avoir participé à celui autour de Ford (forcément !) et de Godard.

Il y eut surtout, en 2008, le désir de faire se rencontrer quelques blogueurs. Me voilà donc invité dans la belle ville de Nice à visionner Les sièges de l’Alcazar de Moullet, à participer à une table ronde sur le thème de la « critique à l’heure d’Internet » avec mes amis Edouard Sivière et Joachim Lepastier et à faire partie d’un jury pour une petite compétition de films Super 8. Je garde un excellent souvenir de ce week-end mémorable et du dynamisme de notre hôte courant sur tous les fronts.

Intrigué par mes nombreuses critiques des films de Gérard Courant, Vincent renouvelle son invitation deux ans plus tard et me voilà de retour aux « Rencontres cinéma et vidéo » de Nice. Il s’agira pour moi de présenter très rapidement l’œuvre du cinéaste (qui ne manquera pas de filmer cette intervention pour ses « carnets filmés » !) et d’être à nouveau membre du jury pour la compétition Super 8. Là encore, même s’il fut plutôt pluvieux, le souvenir de ce week-end reste gravé dans mon esprit. J’assistai à quelques tournages de Cinématons et Vincent et moi firent même une petite apparition dans un des films de la série Cinéma de Courant.

Il eut d’autres projets malheureusement non-concrétisés (organiser des « rencontres Kinok » dans une ville médiane pour tous) mais je reste persuadé que nous arriverons bien à nous revoir un de ces jours, que ce soit du côté de Caen, Paris, Nice ou de Dijon…

Pour ces belles rencontres qu’elle m’a permis, l’aventure du blog méritait vraiment d’être tenté et ne serait-ce que pour taquiner Vincent avec mes piques régulières contre l’œuvre de Spielberg, j’ai bien envie de la poursuivre encore quelques années…

 ***

Une visite

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Je suis arrivé chez lui par un bel après-midi de juillet. Une belle demeure XVIIIeme, élégante, aux grandes fenêtres ouvrant sur un jardin à la française. Remontant l'allée centrale, j'ai aperçu Jack Nicholson courant après Danny Lloyd, le gamin avait sans doute fait une nouvelle bêtise. De l'autre côté, à la lisière du parc, Éric Rohmer dirigeait une saynète avec Rosette et Amanda Langlet sous le regard amusé de Pascal Greggory coiffé d'un canotier. Devant le perron, attablés autour de plusieurs bouteilles de Nuits-Saint-Georges, discutaient avec animation Jean Rollin, Jésus Franco, Russ Meyer et Shunya Ito. Les épithètes fusaient : « Anarchie ! Érotisme ! Révolution ! Pornographie ! Fantastique ! Poésie !». Je distinguais, sereine, Brigitte Lahaie qui tricotait derrière Rollin. Un pull pour l'hiver sans doute. Un homme filmait la scène avec une petite caméra super 8. Quand il me vit, Gérard Courant s'interrompit et s'avança vers moi en souriant. « Il t'attend avec impatience. Joseph et Luc doivent nous rejoindre à vélo ce soir. Ça sera une belle fête ». Gérard m'entraîna vers la porte d'entrée devant laquelle m'attendaient Lina Romay et Edwige Fenech. « Je te laisse en de bonnes mains. Je te revois plus tard, je dois finir ce portrait 259 de groupe ».

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« Vous avez fait bon voyage ? » demandèrent mes hôtesses. « Il nous a demandé de vous faire patienter un moment, Il est en retard pour l'éditorial de Zoom Arrière ». « Venga, caro, précisa Edwige, nous allons vous faire visiter. Ça va vous plaire ». Un bossu ouvrit la porte. Je demandais : « Igor ? ». L'homme sourit en roulant ses grands yeux : « On prononce eye-gor ». Nous entrâmes. Le vaste hall était dominé par deux grandes statues, chacune veillant sur une enfilade de salles. A droite, environné de flocons de neige et d'un air de violon, Douglas Sirk en marbre rose. A gauche, entouré de méduses flottantes, Alain Resnais en granit breton avec la cape de Mandrake. Nous avons pris à gauche. Passant devant la statue, une voix solennelle se fit entendre : « Tu n'as rien vu à Hiroshima ». Lina éclata de rire.

La première salle était meublée à l'espagnole, mais d'une étrange façon. Un âne dormait sur un piano. Un évêque se décomposait sagement dans un coin. Michael Lonsdale lisait Sade assis sur une cuvette de WC. Sur un canapé, Fernando Rey essayait des escarpins à Delphine Seyrig. Une faille du mur laissait passer une colonne de fourmis. Un homme que je n'identifiais pas aiguisait un rasoir. J'eus l'impression que je ne pourrais pas sortir de cette pièce, mais non. Un coup de trompette salua mon entrée dans la salle suivante. Contraste, celle-ci était peinte en rose et vert pomme. Un piano à queue blanc était installé au centre et Michel Legrand chantait « Police, milice, flicaille, racaille... Je n'aurais pas fait mieux ». Michel Piccoli triait des parapluies tandis que Catherine Deneuve essayait une robe couleur d'orage. Je cherchais quelque chose à lui chanter, à Deneuve, pas à Piccoli, mais déjà mon escorte charmante m’entraînait dans la pièce suivante. « Mais je ne pourrais jamais... oups !». Un train siffla.

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A peine étais-je entré que les frères Marx lâchèrent Margaret Dumont pour se jeter sur moi. Harpo, tout ciseaux dehors s'en prit à mon col de chemise. Groucho joua des sourcils sur Lina tandis que Chico entraînait Edwige « Un petit morceau de piano, pianissimo, sostenuto, mia bellissima ? ». « Messieurs, gronda Lina, gardez votre énergie pour la réception ». Harpo lança un coup de trompe et s'envola au plafond. Ses frères l'attrapèrent chacun par une jambe et nous en profitâmes pour passer à la salle suivante. « C'est la bibliothèque, précisa Lina, vous pourrez y repasser demain ». Je notais les collections de carnets où il tient sa comptabilité précise des films vus, les volumes de la Brigandine et de chez Losfeld, « Amour, Érotisme et Cinéma » d'Ado Kyrou, l'intégrale Boulet et les livres de Ludovic. Dans un fauteuil profond, Brian De Palma lisait le Hitchbook. « Quel est le secret ? » murmurait-il en boucle.

« Et voici sa salle favorite » introduisit Edwige, « Mais je préfère Sergio Martino » me glissa-t-elle dans l'un de ses inimitables soupirs. Étrange endroit... du plafond venait une voix éraillée et grave, comme d'un ancien magnétophone mal réglé, débitant des histoire(s) de cinéma. Sur la droite, une enfilade de portes qu'Eddie Constantine ouvrait l'une après l'autre, compulsivement. Anna Karina et Anne Wiazemsky jouaient sur un flipper. Assise sur la carcasse d'une Alfa Roméo rouge, au centre de la pièce, Mireille Darc lisait Elie Faure à Myriem Roussel. Nathalie Baye et Jean-Claude Brialy réparaient des vélos. Samuel Fuller parlait cinéma à Raymond Devos qui lui caressait la main. Dans un angle, Jean-Paul Belmondo peignait de la dynamite en jaune. Il se tourna vers nous : « S'il n'aime pas la ville, s'il n'aime pas la campagne, qu'il aille faire un tour dans la cave ». La lumière baissa soudain. Une trappe s'ouvrit devant l'Alfa rouge, découvrant une volée de marches. « Nous sommes tous encore ici » dit la voix au plafond. Lina me tendit un bougeoir. « Allez-y, il a pensé que ça vous amuserait ».

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Je descendis, suivi par le rire cristallin de mes hôtesses. Peu à peu je m’habituais à la pénombre et dans le même temps, je perçu des sons curieux, gémissements, métal, sifflements. Enfin, je débouchais dans une grande crypte aux voûtes de pierre éclairées façon Bava où m'attendait un spectacle dantesque. Barbara Steele taquinait du fouet un Indiana Jones à demi nu, attaché à un chevalet. « Tu n'avais jamais pensé l'utiliser comme ça ? » dit-elle en se mordant les lèvres. Dans une cage en fer suspendue au plafond, une étrange créature couinait « Maison... maison... ». Ailes déployées, Ingrid Pitt volait autour de lui en découvrant ses charmantes canines. Elle se posa avec grâce sous une tête de requin empaillée. N'en croyant pas mes yeux, je continuais d’avancer. Je passais devant deux Tom enchaînés au mur. « C'est pire qu'à Omaha Beach » soupira Hanks. « Plutôt les martiens » cria Cruise. Plus loin encore, un homme, barbu, au bon regard cerclé de lunettes, était attaché devant une télévision qui diffusait un film de Haneke. « L'horreur... l'horreur... » murmurait-il. Je m’avançais. « Steven, que faites-vous là ? ». Tout à coup, un éclair de lumière. Je me retournais, il était là, les yeux pétillants, un large sourire aux lèvres : « Vous aimez mon parc jurassique ? ».

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Je tendis la main. « Docteur Orlof, je présume ? Bon anniversaire ! ».

 

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Vendredi 25 juillet 2014 5 25 /07 /Juil /2014 18:04

Théo ne lisait certainement pas ce blog au moment de sa création pour la bonne et simple raison qu’il n’avait que… six ans ! Comme je le disais à propos de Barbara, il fait partie de ces (très) jeunes cinéphiles qui m’impressionnent par leur maturité et leur connaissance déjà très pointue du cinéma (à un âge où je ne jurais que par le festival d’Avoriaz et les comédies de la troupe du Splendid !). En plus d’avoir une excellente culture cinématographique et une vision de cet art très affirmé, Théo est le plus courtois des cinéphiles, ne se laissant jamais aller à des jugements péremptoires (son art d’argumenter est déjà proverbial sur Twitter où il lui faut au moins douze tweets pour exprimer sa pensée) ou à des colères intempestives. Il a déjà écrit quelques articles pour le site Cinecdoche (dont un très beau sur La vie d’Adèle de Kéchiche) et il fait partie de la jeune et dynamique équipe d’Outsiders.

Théo Charrière, retenez bien ce nom : quelque chose me dit que vous en entendrez forcément parler un jour !

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***

Ce qu’il y a de très beau avec les critiques du docteur Orlof, c’est qu’elles assument pleinement leur fugacité : écrites dans l’instant, se justifiant d’abord par l’urgence, sachant qu’un jour elles seront noyées dans quelque chose de plus large qu’elles. L’on se perd avec plaisir dans cet amas d’émotions –parce que l’on sait bien que les grandes critiques sont celles qui parviennent à viser quelque chose de l’ordre de la révélation tout en ne reniant jamais la subjectivité d’un ressenti. Ainsi peut-on aisément pardonner les accès de mauvaise foi cinéphile (« j’admets volontiers qu’on puisse aimer ses films mais j’affirme que ce n’est pas un grand metteur en scène », à propos de Spielberg, bête noire de la plume électrique), disons celle qui nous anime tous, tout simplement parce que cet ensemble est poursuivi par l’idée la plus romantique qui soit de l’exercice critique. L’on voit, l’on écrit, et puis l’on jette aux loups. Il faut en outre tout suivre sur Twitter, Facebook, avec des porte-jarretelles et des colères, des admirations (souvent partagées, de Resnais à Cronenberg) et des éphémérides. Le blog est alors cela, et c’est déjà énorme : une boîte précieuse dont l’on ôterait chaque jour une feuille pour en ouvrir une autre. Et il s’agit d’en retrouver certaines, un matin, au recoin d’un débat –là seulement, plus qu’un réceptacle d’analyses, il s’agit bien du plus frais des journaux intimes, celui des fluctuations d’une passion.

Encore dix années, dix années de sables mouvants, dix années de goûts et de couleurs !

 

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Vendredi 25 juillet 2014 5 25 /07 /Juil /2014 10:51

Alps (2011) de Yorgos Lanthimos avec Aggeliki Papoulia, Ariane Labed. (Editions La vie est belle) Sortie le 1er juillet 2014

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Je n’avais vu aucun film du cinéaste grec Yorgos Lanthimos qui s’est taillé une petite réputation en France avec son précédent long-métrage Canine. J’ignore ce que vaut ce titre mais en découvrant Alps, j’ai tout de suite catalogué ce cinéaste dans la catégorie d’un certain cinéma d’auteur autiste pétri de fausse radicalité.

Je débuterai ma démonstration par un plan qui revient deux fois dans le film. L’actrice est filmée de dos, avance vers une porte et la caméra la suit par derrière. A chaque fois, le plan débute sur cette nuque mais ni l’actrice, ni la caméra ne sont en mouvement. On pense alors à ces « ateliers cinéma » scolaires où le réalisateur précise bien de compter jusqu’à trois avant de débuter l’action et où une petite erreur de montage donne l’impression que le plan débute trop tôt.

On me dira que c’est voulu par Lanthinos (sans doute !) puisque son film ne parle que d’image et de représentation. Mais j’y vois surtout un film incapable de faire exister quelque chose en dehors des plans qu’il montre et qui s’asphyxie immédiatement dans son petit « théâtre » décalé. Il n’y a pas de hors-champ, pas de monde extérieur, pas de vie pour précéder ou suivre le plan. Il n’y finalement rien entre le clap de départ et le clap de fin.

Mais revenons à l’argument de l’œuvre. Alps, c’est le nom que s’est donnée une troupe de « comédiens » un peu particulier : ils interviennent dans la « vraie vie » pour jouer le rôle d’individus disparus. Pour prendre un exemple, l’infirmière de la troupe incarnera une adolescente morte dans un accident ou la maîtresse d’un homme parlant anglais (qui, de son côté, est lui aussi un comédien !). Idée saugrenue qui aurait pu être intéressante sur la question du rôle et de la représentation « sociale » de chacun (à ce titre, la comédie de Jean Boyer Sénéchal le magnifique était beaucoup plus réussie et plus amusante !) mais gâchée par un système formel ostentatoire et totalement verrouillé (une certaine tendance du cinéma d’auteur contemporain allant de Mungiu à Haneke en passant par La soledad de Rosales).

Du coup, je dois reconnaître humblement que ce film hiératique et sinistre où un père recommande à sa fille de substitution de se « ronger les ongles » m’est passé totalement au-dessus de la tête ! De la même manière, je n’aime pas cette façon qu’ont ces films de jouer sur des scènes « à l’estomac ». Haneke est spécialiste du genre mais là, on aura le droit à une scène insoutenable où le « maître » du groupe Alps (à savoir, « Mont blanc ») file un grand coup de massue à l’infirmière après l’avoir fait patienter un bon moment.

Sans être aussi violent, tout est à l’avenant : saynètes qui n’existent que le temps du plan (pas de hors-champ dans Alps, je le redis), personnages qui n’ont aucune consistance et qui n’existent que comme « image ». On va me dire que c’est justement le propos du film (la plupart se définissent d’ailleurs par rapport à un « acteur préféré ») mais il aurait fallu qu’on sente un univers tangible et « réel » autour pour que ce petit théâtre morbide puisse avoir une chance d’exister. Là, tout relève de l’artifice et le dispositif semble permettre n’importe quoi (ce fou-rire qui interrompt un plan sans qu’on sache si c’est vraiment celui des acteurs ou celui des personnages jouant des acteurs…).

Vous l’aurez compris, je suis resté totalement hermétique à ce film. Mais j’ai peut-être tort. Dans un des suppléments du film, Jérôme Momcilovic compare Alps à Holy motors de Carax et même à Opening night de Cassavetes ! Si j’avais trouvé ne serait-ce qu’un tout petit peu de ces deux films chez Lanthimos, j’aurais adhéré sans problème. Et même si certains ont fait le reproche (à mon avis erroné) à Carax, je dirais plutôt qu’Alps est un film poseur et desséché.  

Par Dr Orlof - Publié dans : Nouveautés DVD
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Jeudi 24 juillet 2014 4 24 /07 /Juil /2014 18:45

C’est en 2010 que Louis me contacte pour me proposer d’écrire quelques chroniques pour le site Interlignage. A cette époque, je travaille toujours pour Kinok mais j’accepte avec beaucoup de plaisir la proposition et j’écris ma première critique sur un DVD de Roger Corman.

Louis, qui s’occupe alors de la rubrique cinéma, est d’une patience à toute épreuve avec moi qui n’y entend pas grand-chose à la technique et qui peine avec une interface où les articles sont soumis à la relecture, mis en attente et où le format des photos répond à des critères très précis. Du coup, je garde un excellent souvenir de ces quelques mois passés dans l’équipe de ce webzine. Arrivant avec mes gros sabots, je suis parvenu à faire passer un article sur un film porno (The devil in miss Jones) mais j’ai également pu écrire sur De Palma (Hi, mom !) et Bergman (L’heure du loup). Eclectisme, toujours.

Un des gages de qualité du site, c’est que chaque texte est soumis à la relecture d’un autre membre de la rédaction. C’est ainsi que j’ai fait connaissance avec « Nekkonezumi » (qui peut commencer à s’échauffer car elle ne va pas tarder à venir parader dans ces pages) qui a eu la gentillesse de relire un de mes textes (la plupart, c’est Louis qui s’en est chargé). J’aurais dû, de mon côté, relire quelques textes de mes collègues mais, à ce moment, mon emploi du temps était surchargé et c’est ce qui m’a poussé à arrêter ma collaboration avec Interlignage.

Mais d’autres de mes petits camarades firent partie de cette équipe (Ran et Nolan, Anna…) et c’est donc peu dire que son travail mérite le détour. Quant à Louis, il se consacre désormais à des blogs sur sa passion : la musique du monde en général et la musique brésilienne en particulier.

Un grand merci pour ce petit mot qui me rappelle une autre des belles aventures de ces dix dernières années…

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***

Parmi les nombreux sites auxquels tu as participé durant ces 10 ans, interlignage.fr ne fut sans doute pour toi qu'une brève parenthèse. Mais pour moi qui m'occupais à l'époque de la modeste rubrique cinéma de ce webzine, ce fut une vraie fierté que de te compter parmi nous. 

Je me souviens qu'il y a encore pas si longtemps que ça, on n'admettait avoir un blog ou une "page perso" que tout bas et un peu honteux. Alors, plus que du plaisir que j'ai eu à lire tes critiques durant ces années, je te remercie d'avoir participé à faire des blogs l'espace le plus vivant et passionnant de la cinéphilie et des discussions culturelles, dont je peux désormais m'enorgueillir de faire partie.

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Jeudi 24 juillet 2014 4 24 /07 /Juil /2014 10:16

Superargo contre Diabolikus (1966) de Nick Nostro avec Ken Wood, Loredana Nusciak. Editions Artus Films. Sortie le 1er juillet 2014

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Moi qui ne suis pas un fanatique de la saga des James Bond (c’est peu dire mais il faudrait peut-être que je me décide à la redécouvrir), je dois avouer que dans la série des « fumetti », Superargo contre Diabolikus est peut-être celui que je préfère alors que c’est celui qui se rapproche le plus de l’univers du célèbre agent 007.

Je reste plus sensible à la cruauté et à l’érotisme désuet du délicieux Satanik de Vivarelli mais le film de Nick Nostro est sans doute le plus enlevé, le plus agréable à suivre.  

Superargo contre Diabolikus est une œuvre composite qui se nourrit de divers courants de la culture populaire. Superargo est un catcheur masqué dans la lignée du fameux Santo. Sur le ring, il tue par erreur son ami le Tigre et décide d’abandonner le catch à jamais. Mais voilà que son ami le colonel Kinski lui propose une mission : traquer de dangereux trafiquants d’uranium qui mettent la planète en danger…

Outre la référence à Santo, Superargo est un mélange improbable entre un héros de « comics » (Superman, évidemment) pour sa force extraordinaire, sa quasi-invincibilité et de James Bond puisqu’il est équipé de tout un attirail où les gadgets se taillent la part du lion : pilules qui permettent une « mort apparente », émetteurs en tout genre (parfois cachés dans une sorte d’olive !), véhicule sophistiqué, petites caméras…

Le film ne sera ensuite qu’une longue course-poursuite entre ce héros singulier (je ne suis pas convaincu que sauver le monde avec un masque noir et un collant rouge soit donné à tout le monde et, surtout, qu’il s’agisse de la tenue la plus appropriée !) et le terrible Diabolikus (Gérard Tichy a de faux airs de Roland Giraud, ce qui le décrédibilise un peu en tant que génie du mal !).

Le récit est fort classique mais il est mené sans temps morts et il faut bien admettre qu’on prend un certain plaisir à ces aventures rocambolesques auxquelles le temps a donné un charme indéfinissable (les tenues « pop » de Loredana Nusciak, les éclairages rouges et verts qui évoquent parfois les films de Mario Bava…)

Bien sûr, rien n’est vraiment « crédible » et c’est à certains films parodiques que l’on songe de temps en temps : Le magnifique de De Broca lorsque Superargo s’en tire seul contre vingt ennemis ou encore à l’excellent Quand la panthère rose s’emmêle, lorsque le commissaire Dreyfus pète un câble et devient savant fou.

Mais d’un autre côté, ce premier degré naïf est vivifiant et évoque les grands moments d’une littérature (ou d’un cinéma) populaire sans prétention, ne cherchant qu’à divertir mais sans en mettre plein la vue avec de gros moyens. Du coup, l’appareillage technologique ne vient pas interférer sur le plaisir d’un récit plein de rebondissements et mené tambour battant.

Même si je n’aime pas trop désigner les films de cette manière, nous conclurons en disant que Superargo contre Diabolikus est un excellent divertissement, beaucoup plus agréable que la plupart des grosses bouses produites par Marvel actuellement…

Par Dr Orlof - Publié dans : Nouveautés DVD
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