Mercredi 23 juillet 2014 3 23 /07 /Juil /2014 18:47

Nolan est, avec son complice Ran, le taulier du blog bicéphale De son cœur le vampire. Je ne sais plus quand j’ai découvert ce blog mais je sais que depuis, ces deux-là sont des compagnons de route fidèles et agréables. C’est donc avec un grand plaisir que je les ai retrouvés dans les aventures collectives mises en place par Edouard (dont nous parlerons prochainement), que ce soit le défunt Panoptique ou le toujours très vivant Zoom Arrière.

Un grand merci à l’ami Nolan pour sa contribution à ces 10 ans de blog…

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***

Le journal cinéma du docteur Orlof, c'est mon point d'entrée vers la blogosphère cinéphile. 

Il y 6 ans, alors que je furetais sur le net au lieu de bosser, je suis tombé sur le Doc.

J'errais sur Google à la recherche de quelques avis pertinents sur un Burton. 

Et de fil (Burton) en aiguille (De Palma), je lis billet sur billet... Goûtant les films aimés communément, les tops assez proches, relisant ses notes sur son ancien blog... et découvrant moult blogs amis toujours captivants. Car le bon docteur parle bien de cinéma et toujours en bonne compagnie. Il fut pour moi, petit hérétique de la cinéphilie, l'un des membres de la Sainte Trinité ciné-blogueuse avec Inisfree et Nightswimming. Une belle alternative aux revues (que je ne délaissais pas pour autant). 

Alors bien sûr, impossible d'être d'accord tout le temps et parfois on bondit (les dézinguages hallucinants de L'Echange, de Gran Torino, de La Belle Personne) et d'autre fois on est bien content de le trouver (la défense de Django Unchained). Et puis le Journal du Docteur Orlof a fait partie de ceux qui m'ont donné envie me lancer dans l'aventure du blog en embringuant un ami qui avait (beaucoup) de choses à dire sur le septième art.

Joyeux anniversaire Doc.

Et longue vie.

 

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Mercredi 23 juillet 2014 3 23 /07 /Juil /2014 10:10

Necronomicon (1993) de Christophe Gans, Shûsuke Kaneko et Brian Yuzna avec Jeffrey Combs, Bruce Payne, Richard Lynch. (Editions Metropolitain films) Sortie en Blu-ray le 18 juin 2014

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Brian Yuzna est un cinéaste fort sympathique que j’ai découvert il y a bien longtemps avec l’excellent Society où le gore se mêlait joyeusement à la satire sociale. Comme son « désaltère égo » Stuart Gordon qu’il a produit, c’est également un passionné de l’écrivain Lovecraft. On lui doit d’ailleurs, comme réalisateur, la suite (assez médiocre) du mythique Re-Animator : The bride of Re-Animator.

Necronomicon est un film à sketches que Yuzna a co-produit (avec Samuel Hadida qui lançait alors son poulain Christophe Gans) et dont il a réalisé un segment (sans compter le prologue et l’épilogue). L’écrivain Lovecraft (incarné par le fidèle Jeffrey Combs qui jouait dans From Beyond et qui était Herbert West dans Re-Animator) se rend dans une mystérieuse bibliothèque tenue par d’étranges moines. Il met la main sur le fameux « Necronomicon » dans lequel il espère puiser son inspiration. Les trois histoires qu’il va y découvrir constitueront la structure de ce film en trois parties.

Paradoxalement, c’est Yuzna qui réalise le segment le moins intéressant du lot. Situé dans une Amérique très contemporaine (enfin, celle d’il y a déjà 20 ans !), il met en scène une femme flic et son partenaire lancés sur les traces d’un tueur en série nommé « le boucher ». Mais la jeune femme (enceinte) perd le contrôle de son véhicule et l’accident va la mener à un délire cauchemardesque. Trop grand-guignolesque avec ses effets-spéciaux sanglants et son accumulation d’horreurs un brin vieillottes (les trucages accusent déjà quelques rides), le cinéaste perd en route un spectateur qui se désintéresse de ce récit abracadabrant.

J’avoue que je connais très mal Lovecraft écrivain mais il me semble que ce qui le caractérise, c’est son goût pour l’innommable, les terreurs indicibles, l’onirisme… Or le travers qui consiste à tout montrer me semble contradictoire avec l’univers de cet écrivain.

Je n’attendais pas grand-chose de la partie réalisée par le « frenchie » Christophe Gans mais il faut reconnaître qu’il s’en tire pas mal. Le récit est fort classique et repose sur les éléments les plus éculés du cinéma fantastique : le vieil hôtel hanté, la malédiction familiale, le livre maudit qui réveille les morts. On pense, en vrac, à La chute de la maison Usher, à Hellraiser, à Poltergeist etc. La mise en scène manque un peu de personnalité mais le cinéaste parvient quand même à jouer plutôt bien avec ses décors et à renouer avec l’horreur gothique d’antan (vieux grimoire plein de toiles d’araignées, vers grouillants…). Si les effets « chocs » qu’il ménage sont trop convenus, Gans parvient à signer un sketch horrifique sans surprise mais qui se suit sans déplaisir.

La meilleure partie du film est assurément celle réalisée par le japonais Shûsuke Kaneko, réalisateur de la série des Gamera, des adaptations du manga Death note et d’un Godzilla récent (enfin 2001 !).

Un journaliste débarque dans la maison du docteur Madden pour enquêter sur les disparitions mystérieuses de nombreux individus. Il est tout de suite frappé par le froid qui règne dans la demeure et la jeune femme qui l’accueille prétend qu’elle souffre d’une maladie de peau qui lui fait craindre la chaleur et le soleil. Elle va alors raconter l’histoire de sa mère et de sa rencontre avec l’étrange docteur…

Le film frappe d’abord par la qualité de la mise en scène et son sens de la narration (le récit est construit sur des flash-back). Kaneko évite les excès du gore en dépit de quelques scènes où l’hémoglobine coule suffisamment pour satisfaire l’amateur pour jouer sur une atmosphère oppressante et les liens troubles qui unissent le docteur Madden et sa nouvelle locataire.

Sans dévoiler tous les tenants et aboutissants de ce segment, il est question de vie éternelle et d’expérimentations sur des cadavres frais. On songe bien évidemment à Re-Animator et à son infernal savant capable de faire revenir à la vie les morts. Mais encore une fois, Kaneko soigne davantage les ambiances et préfère aux excès horrifiques une espèce de romantisme noir qui fonctionne plutôt bien.

L’ensemble de ce Necronomicon est donc satisfaisant même si son esthétique 90’ a déjà bien vieilli. Mis à part le facétieux Yuzna, les deux autres réalisateurs ont compris que la débauche d’effets spéciaux n’était pas suffisante pour tenir un film et ils livrent deux histoires suffisamment tenues pour contenter les amateurs de sensations fortes… 

 

Par Dr Orlof - Publié dans : Nouveautés DVD
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Mardi 22 juillet 2014 2 22 /07 /Juil /2014 16:55

Je ne sais pas si j’aurais dû demander à Greg de participer aux célébrations de ces 10 ans de blog dans la mesure où on ne peut pas dire qu’il m’ait arrangé le portrait. Mais je lui pardonne volontiers pour trois raisons (la mauvaise, la bonne et la mienne) :

-La première, c’est que c’est mon frère

-La deuxième, c’est qu’il tient (tenait ?) le blog dessiné le plus drôle du monde

-La troisième, c’est que je pourrai désormais renvoyer cette image à tous ceux qui me sollicitent pour que je publie des bandes-annonces de blockbusters débilitants, qui cherchent un espace publicitaire sur mon blog, qui me proposent de faire gagner des DVD à mes lecteurs ou divers « partenariats »…

 

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Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Mardi 22 juillet 2014 2 22 /07 /Juil /2014 10:30

El Cantor (2005) de Joseph Morder avec Lou Castel, Luis Rego, Françoise Michaud, Rosette, Alexandra Stewart. (Editions La vie est belle). Sortie le 1er juillet 2014

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L’œuvre de Joseph Morder est sans doute l’une des plus singulières du cinéma français puisqu’elle compte près de 800 films (tous formats et durées confondus) dont son incroyable journal filmé qu’il tourne depuis 1967, work in progress de près de 200 heures dont seulement 8 épisodes ont été montés de manière à être présentés au public.

Son journal intime lui sert également à nourrir des films composites que l’on pourrait qualifier « d’autofiction » si le vrai et le faux ne se mêlaient pas constamment (je recommande particulièrement le très beau Romamor).

Une des caractéristiques de l’œuvre de Morder c’est que même lorsqu’il utilise les formats les plus « domestiques » (le Super 8 essentiellement mais également le téléphone portable pour le beau J’aimerais partager le printemps avec quelqu’un), il y a toujours chez lui un désir de « grand cinéma ». L’arbre mort, par exemple, est un véritable mélo sirkien alors qu’il a été tourné avec des clopinettes, une petite caméra Super 8 et les comédiens amis du cinéaste.  

El cantor est, en quelque sorte, une date dans la carrière de Morder puisque pour la première fois, il peut réaliser son rêve de toujours : tourner un « vrai » film en 35mm.

William (Luis Rego) et sa femme (la splendide Françoise Michaud, fidèle des films de Morder) attendent l’arrivée impromptue d’un cousin d’Amérique : Clovis (Lou Castel). Celui-ci est le petit-fils d’un « cantor » yiddish, détenteur d’un art vocal religieux se transmettant de père en fils. Mais la seconde guerre mondiale et la Shoah ont brisé cette tradition. Ces voix, plus personne ne veut les entendre et Clovis est peut-être revenu en France pour renouer avec ses racines…

En abordant ici la « grande forme » (film « professionnel » en 35mm, grand « sujet » dont la gravité n’échappera à personne –la mémoire de la Shoah-), Joseph Morder semble dans un premier temps un peu engoncé. S’il prouve immédiatement son sens du cadre (avec de très beaux plans d’ensemble où il joue avec les perspectives et la « géométrie » des décors naturels de la ville du Havre), son découpage est un peu « scolaire » (ces fondus au noir qui ponctuent parfois les séquences) et le montage manque aussi un peu de souffle (avec même quelques scènes bizarrement agencées où Françoise Michaud passe d’une boite de nuit à un cinéma d’un plan à l’autre).

Pourtant, même si El Cantor paraît un peu guindé et hiératique, quelque chose finit par advenir. D’abord, il y a le duo Rego/Castel qui fonctionne parfaitement. Les deux comédiens sont exceptionnels et ils parviennent à être totalement au diapason de l’ambition de Joseph Morder : mêler la fantaisie voire le burlesque (ce moment assez drôle où nos deux compères, ivres morts, s’affaissent lentement sur un vigile à l’entrée d’un hôtel) à la tragédie (le cinéaste dit avoir montré à son équipe le Elle et lui de McCarey avant de débuter le tournage pour qu’elle s’imprègne de ce mélange de rire et d'émotion).

Et surtout, parce qu’on ne se refait pas, le cinéaste parvient à faire sourdre dans son « grand » film ce qui fait le sel de son œuvre : l’autobiographique, l’intime… A ce titre, El cantor fonctionne autour de trois grandes séquences très réussies où Morder fait sourdre une émotion qui n’appartient qu’à lui.  

La première est celle du cabaret où la chanteuse Talila bouleverse Clovis en entonnant des chants yiddish. Pour cet homme déboussolé, cette voix est une réminiscence d’un passé dont il a été spolié, d’une culture immémoriale brutalement détruite par la sauvagerie de la seconde guerre mondiale. On touche alors au cœur du sujet du film : la mémoire et le désir pour un homme de renouer avec des racines brutalement arrachées après Auschwitz.

Quand la chanteuse se présente, c’est sous la dénomination de « juive tropicale » puisque comme celle du cinéaste, sa famille a dû s’exiler pendant la guerre pour échapper aux persécutions. C’est donc sa mémoire familiale qu’il convoque ici mais également dans la très belle séquence onirique où la mère défunte (Alexandra Stewart) apparaît à son fils et entame un dialogue intense avec lui (à la fois drôle et plein d’émotion) ou la confrontation de Clovis avec son père pour une éventuelle « réconciliation ».

L'émotion qui surgit de ces trois séquences emporte l’adhésion et fait oublier les quelques maladresses du film. Comme dans certains de ses films précédents (le méconnu et très beau  Avrum et Cipojra), Morder parvient à traiter la question de la mémoire juive sans jamais s’appesantir. Il reste léger et grave et trouve le ton juste.

Un ton qui n’appartient qu’à lui… 

Par Dr Orlof - Publié dans : Nouveautés DVD
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Lundi 21 juillet 2014 1 21 /07 /Juil /2014 10:50

Il y a quelques mois, Gilles me contacte et me propose d’être mon « attaché de presse » puisqu’il a décidé de se consacrer à cette activité pour le web et les nouveaux médias. Dans un premier temps, je n’ai pas tellement compris le rôle qu’il allait pouvoir tenir mais je dois avouer que mon égo a été flatté (ce n’est quand même pas rien d’avoir un attaché de presse !) d’autant plus que le CV de mon interlocuteur était assez impressionnant (critique, essayiste, producteur d’émissions à la radio, etc.)

C’est par la suite que j’ai compris son rôle et je dois bien admettre qu’il a été très efficace en me conseillant régulièrement, en m’envoyant des liens et de bonnes adresses. C’est grâce à lui que j’ai pu rédiger de nombreuses chroniques DVD (les films Hammer ou Manina, la fille sans voile, par exemple). Un grand merci à lui pour tous ces bons tuyaux et pour ce texte très flatteur qu’il m’a offert pour les 10 ans de ce blog.

l'orpheline

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Seul derrière l’écran, Dr Orlof convoque toutes sortes de cinéphilies, classiques et déviantes, en embrassant un spectre d’écritures et de films illimités. Ses choix parfois radicaux (il peut se targuer d’avoir critiqué L'orpheline avec en plus un bras en moins de Jacques Richard) n’épuisent pas le geste critique, et installent le dialogue au centre des textes – amour pour les touche-à-tout, goût pour le vampirisme, le feuilletonnesque, Bava, Franco… –, sans se départir d’un vrai point de vue, qui fuie l’expertise et invite au dédale des liens. Ce pouvoir d’exaltation fait toute la richesse de cette recherche compulsive : dans « le cabinet de curiosités » se nichent fulgurances critiques, collages dadaïstes.

Dr Orlof, passeur et fin lettré, révèle son propre Rosebud au gré des films – on sent battre comme rarement le pouls du critique.

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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