Samedi 2 août 2014 6 02 /08 /Août /2014 14:34

C’est d’abord sur le blog d’Edouard Nightswimming puis sur Twitter que j’ai fait la connaissance de David, le plus charmant des cinéphiles canadiens. Rédacteur d’un blog de très haute tenue, il pourrait faire rougir certains cinéphiles français tant sa connaissance de l’histoire des revues de cinéma françaises (surtout Positif et Les Cahiers du cinéma) est grande. David possède aussi une autre grande vertu : il est d’une grande curiosité. Il peut consacrer un texte à Gérard Courant et aimer Tony Scott,  évoquer Harun Farocki (qui vient de disparaître) comme Spielberg ou Jean-Marc Vallée, son cinéaste canadien préféré. Même si les échanges se font principalement sur les réseaux sociaux, c’est toujours un grand plaisir de discuter avec lui. Et pour la petite histoire, je lui avais proposé d’écrire sa contribution en anglais (j’aurais tenté de la traduire) mais il a eu la gentillesse de la rédiger en français, qui n’est pas sa langue maternelle (j’espère n’avoir pas trahi sa pensée en modifiant quelques tournures de phrases). A l’heure où le moindre journaliste branchouille constelle ses papiers d’anglicismes pour faire « djeune », je remercie beaucoup David d’avoir fait l’effort de s’exprimer dans notre langue…

 

***

 

Ça s’est passé graduellement. Après avoir appris l’existence du blog d’Edouard Sivière Nightswimming quand la page Facebook de la revue Positif a partagé un lien de son excellent bilan footballistique Cahiers-Positif, j’ai dévoré son histoire consacrée à ces deux revues. Par chance j’ai décidé de commenter sur cette note et j’ai été content lorsqu’il m’a répondu. J’ai aussi cité son blog et j’ai été surpris et heureux de le voir commenter sur le mien. Il faut dire que personne (ou presque) ne lit le Français en Amérique du Nord et je me sens plus proche des critiques de cinéma Français. Les posts sur Nightswimming, notamment le dernier volet sur Positif que j’avais bien hâte de lire, m’ont aidé à écrire sur les Cahiers et Positif, chose que je fais régulièrement sur mon blog, Toronto Film Review. Ces revues écrivent si bien sur les films contemporains que c’est donc plus facile pour écrire sur elles ! J’ai été vraiment content de participer à l’évènement d’Ed « En Couverture » sur Eastwood dans les Cahiers au cours des années Stéphane Delorme et je regrette de ne pouvoir contribuer à Zoom Arrière, le site est un peu plus haut que mon niveau et je ne suis pas Français.

Mais j’ai été heureux de découvrir Doc. Orlof dans les débats des commentaires, mais également Oriane Sidre, Phil Siné et les autres qui sont devenus ensuite des amis sur Facebook et Twitter. Les #FF et les listes sont une grande spécialité de Vincent sur Twitter et j’aime toujours lire ses avis sur les films contemporains et ses critiques de livres sur le cinéma que je ne verrai jamais ici. Je lui souhaite ici sincèrement un bon anniversaire pour les 10 années de son blog qui améliore beaucoup le paysage filmographique sur Internet.

 

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Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Vendredi 1 août 2014 5 01 /08 /Août /2014 18:59

Et c’est à nouveau un (très) jeune cinéphile qui a la gentillesse de participer aux festivités organisées pour les 10 ans de ce blog. Lorsque je l’ai connu, il était lycéen et témoignait déjà d’une grande passion pour le cinéma. Depuis, il est à Sciences Po et écrit déjà pour la revue Esprit ! Aimant volontiers la contradiction, Louis peut être véhément voire de mauvaise foi (je sais de quoi je parle !) mais il est porté par cette fougue qui fait le charme de la cinéphilie. C’est donc toujours agréable et intéressant d’échanger avec lui, même si nous ne sommes pas toujours (c’est un euphémisme) d’accord…

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J'ai découvert le Dr Orlof grâce au blog de Boulet.

A l'époque où on y trouvait encore les personnages animés qui jouaient de la musique ; c'est dire si cela date. Le grand avantage du Doc est qu'il classe toutes ses critiques dans un grand index, par ordre alphabétique. Du coup je me suis rué sur les listes pour voir ce qu'il disait de tel réalisateur. De plus, son personnage en début d'article permettait de savoir très vite ce qu'il en pensait. Et puis le style Orlof, c'est de l'agressivité (mais il s'est assagi ces derniers temps !) ; le type était capable de descendre Les Chansons d'Amour en titrant "Le cinéma au vomi" ; quand on est un jeune cinéphile, ça marque ! Évidemment, ces derniers temps, le Doc poste moins, mais on peut toujours parler ciné avec lui, même s'il reste au fond un satané Daneyien orienté Cahiers !

Même s'il traite assez peu du cinéma de genre, on sent qu'il se refait un parcours bis, avec les coffrets Artus Films....

J'oubliais que c'est grâce au Doc que j'ai découvert Gérard Courant ; sans doute sa critique (quasi exhaustive) des Cinématons restera.

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Jeudi 31 juillet 2014 4 31 /07 /Juil /2014 18:36

Je tenais absolument à ce que Mélanie participe à ce « livre d’or » des dix ans pour la simple et bonne raison que lorsque mon frère m’a parlé pour la première fois des blogs en 2004, c’est vers le sien qu’il m’a orienté. Dessinatrice talentueuse et bien connue (je vous recommande sa BD Romain), Mélaka fut l’une des premières à lancer la mode des blogs BD avec le succès que l’on sait. C’est donc grâce aux Mélakarnets que j’ai lancé le mien et aussi à cause d’eux que j’ai opté pour l’immonde plateforme 20six que tout le monde a fini par déserter (elle n’existe d’ailleurs plus du tout et j’ai perdu près de deux ans de textes !)

Il existait également une autre raison pour inviter Mélanie puisqu’elle a tenu un petit rôle chez un cinéaste qui nous est cher : Jean Rollin (dans Les deux orphelines vampires, elle se fait tuer après avoir erré dans un cimetière en chemise de nuit : quelle idée aussi !). Comme elle n’avait pas de temps pour une petite contribution, elle m’a autorisé à publier ici quelques anecdotes qu’elle m’avait contées, il y a quelques temps, sur Facebook. Un grand merci à elle.

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***

 

Une anecdote ?

 

Si fait ! Tiens, à propos de la couverture du livre de Gudule sorti dans une collection tenue par Jean Rollin. Il leur fallait une photo de jeune fille avec un masque de cochon. J'ai bien voulu tenir ce rôle, du coup, Jean et son amie jeséplussonnom (Véronique ?) se sont pointés à la maison. Au moment de me préparer, autrement dit de me dépoiler, je demande à Jean de se retourner. Faut préciser que le monsieur, avant d'en venir au cinéma fantastique vaguement érotique, a eu une carrière de réalisateur de pornos, quand même... Donc, des meufs dépoilées, il en a vu dans tous les sens et dans toutes les positions ! Surpris de ma demande, il se retourne, et d'après ma mère, je n'aurais pas pu lui faire plus beau cadeau ; le fait de devoir se retourner pour me laisser m'effeuiller l'aurait émoustillé au plus haut point... voilà, voilà ! Et voilà la couv en question (que je trouve d'une laideur terrible soit dit en passant - sans parler du détourage qui est affreusement mal fait)

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Jean m'avait demandé aussi de tenir un rôle dans le film qu'il a fait après Les deux orphelines vampires. J'ai accepté, il m'a donné les scénarios, disons plutôt les pré-scénarios, j'ai commencé à apprendre les lignes et tout... Mais peu de temps avant le tournage j'apprends que je vais devoir déclamer mon texte... en arrachant mon corsage et en exhibant mes nibards. Il a dû demander à quelqu'un d'autre, hein...

Et pour la dernière anecdote, c'est plutôt un regret... Peu avant sa mort, j'ai appris que je lui avais fait beaucoup de peine. Sa compagne Véro, donc, en surfant sur le web, tombe sur cette interview. J'ai pas franchement eu l'impression d'y être vexante, mais à l'instar d'un Ed Wood, Jean n'a jamais accepté la dimension drolatique pour laquelle ses films sont aimés... Je suis meurtrie dans mon âme de savoir que ce grand monsieur a quitté ce monde en étant persuadé que je le détestais et que je me moquais de son cinéma... 

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Jeudi 31 juillet 2014 4 31 /07 /Juil /2014 11:21

Coffret Max Pécas (4 films) L.C.J éditions. Sortie le 7 mai 2014

Je suis une nymphomane (1971) avec Sandra Julien, Michel Lemoine, Janine Raynaud

Je suis frigide…Pourquoi (1973) avec Sandra Julien, Marie-Georges Pascal

Club privé (1974) avec Philippe Gasté, Michel Vocoret

Sexuellement vôtre (1974) avec Yan Brian, Michel Vocoret, Tania Busselier

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La tentation est grande, lorsqu’on se trouve face à l’œuvre de Max Pécas, d’afficher une mine réjouie et le sourire goguenard de celui qui va pouvoir se faire plaisir en se vautrant dans le second degré. Un texte rigolard et plein de coups de coude dans les côtes du lecteur conquis, c’est fort aisé (je confesse y céder avec le titre de cette note !). A l’inverse, il ne s’agit pas non plus de sombrer dans une certaine complaisance nanarophile qui fait volontiers passer les vessies (pécassiennes) pour des lanternes (benazérafiennes, par exemple) et tend à tout réhabiliter au nom bien commode du kitsch-roi.

Quiconque a vu les comédies de la dernière partie de l’œuvre de Max Pécas sait qu’il n’y a absolument rien à sauver de ces navets franchouillards mal joués, mal écrits, mal filmés et d’une beauferie incommensurable. De là vient le problème : le cinéaste est désormais associé à jamais à ces comédies (notamment sa fameuse « trilogie » de Saint-Tropez : Les branchés à Saint-Tropez, Deux enfoirés à Saint-Tropez et On se calme et on boit frais à Saint-Tropez). Si elles constituent l’essentiel de la troisième et dernière partie de sa carrière (il faut visiblement mettre à part un polar musclé que je n’ai pas vu : Brigade des mœurs), elles sont un peu l’arbre qui cache la forêt et il y eu un Pécas avant Pécas.

Assistant dès la fin des années 40 et tout au long des années 50 de cinéastes du « samedi soir » hélas bien oubliés aujourd’hui (Jacques Daroy, Maurice de Canonge, Alfred Rode), Max Pécas débute comme réalisateur en 1960, au moment où déferle la Nouvelle Vague, avec Le cercle vicieux. Pendant près d’une décennie, il va suivre une carrière assez similaire à celle de José Benazeraf en tournant des polars à petits budgets agrémentés de scènes « sexy ». Sans avoir le talent flamboyant de son homologue, il semblerait que cette première partie de l’œuvre pécassienne mérite d’être redécouverte. D’une part, parce que le cinéaste devient dès 1963 et la fondation de sa maison de production « les films du Griffon » un auteur à part entière (il écrit, réalise et produit ses films). D’autre part, parce qu’il va demander à de grands écrivains de « séries noires » de participer à certains de ses scénarios. Jean-Patrick Manchette travaille sur le scénario de La peur et l’amour et Une femme aux abois tandis que Jean-Pierre Bastid est également associé à l’écriture de La peur et l’amour (décidément, on aimerait bien le voir celui-là !) et a écrit La main noire.

Max Pécas va suivre la trajectoire de la plupart des cinéastes populaires français. Après 1968 et profitant de la libéralisation des mœurs, il glisse tout doucement vers l’érotisme (dès 1970 avec Claude et Greta). Nous allons revenir sur cette période plus en détails mais même s’il pimente à chaque fois un peu plus les ébats qu’il filme, une chose est certaine : Pécas n’est pas un grand érotomane (à la différence de Don José) et filmer le sexe ne l’intéresse pas beaucoup. C’est donc surtout par roublardise et appât du gain qu’il s’est laissé tenter par le genre. Là encore, comme Korber, Mulot, Rollin, Davy, Bénazéraf et même l’ancêtre Willy Rozier, il tâtera (si j’ose dire !) à la pornographie le temps de deux films (Les mille et une perversions de Félicia et Luxure) pour abandonner définitivement un genre qui ne l’attire guère et se consacrer presque exclusivement à la comédie égrillarde à partir de 1977 (l’année du mythique Marche pas sur mes lacets).

Le coffret proposé par L.C.J regroupe quatre films érotiques de Max Pécas réalisé entre 1971 et 1974. A travers ces quatre œuvres se dessine une certaine évolution du cinéma de l’auteur, non pas dans la manière de filmer les corps et le sexe (même si Sexuellement vôtre est un peu plus pimenté – ça reste très relatif- que Je suis une nymphomane) mais dans le ton. En effet, les deux titres tournés avec Sandra Julien (Je suis une nymphomane et Je suis frigide…pourquoi ?) sont de purs mélodrames alors que Sexuellement vôtre est une comédie qui annonce clairement la dernière partie de l’œuvre pécassienne.

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Je suis une nymphomane et Je suis frigide…pourquoi ? sont construits sur les mêmes schémas. Une jeune provinciale est victime d’un « accident » qui détraque sa sexualité. Après avoir sombré dans la débauche à Paris pour tenter de guérir, elle finira sauvée en trouvant… le grand amour. Dans les deux cas, l’héroïne est incarnée par Sandra Julien et c’est sa voix-off omniprésente qui fait avancer le récit en nous faisant partager ses états d’âme.

Notons au passage que si les dialogues de ces deux films sont assez ampoulés, ils sont assez bien écrits : chez Pécas, on ne se « moque » pas, on « persifle » et lorsqu’un personnage dit « tu peux y aller », il n’oublie pas de faire la liaison !

De mon côté, j’avais un très mauvais souvenir de Je suis une nymphomane, vu autrefois un dimanche soir sur M6 sous le titre moins cru de Carole et ses démons. Je me souvenais d’un film horriblement hypocrite et réactionnaire, dénué du moindre soupçon d’érotisme. Le revoir m’a fait un peu réviser mon jugement.

Certes, sur le fond, le film est toujours aussi déplaisant puisque la nymphomanie de Carole est clairement considérée comme une « maladie » (qu’elle a contractée en faisant une chute dans un escalier !). Tout le long du récit, nous devrons subir les lamentations de cette pauvrette victime de ses désirs insatiables (il existe pire, me semble-t-il !). Qu’une femme puisse être ainsi inassouvie semble être un grand péché pour Pécas qui n’hésite pas à l’envoyer voir un curé et qui la sauvera grâce au grand et unique amour ! Dès Je suis une nymphomane, Pécas affiche clairement son double jeu : d’un côté, profiter de la libération des mœurs pour s’encanailler et montrer de la fesse à vil prix, de l’autre, jouer les moralisateurs et renvoyer tout le monde à ses foyers et à l’amour conjugal à la fin.  

Mais si on passe outre cet aspect pudibond et hypocrite, Je suis une nymphomane n’est pas un mauvais film. C’est un mélodrame correctement filmé et plutôt joliment photographié. J’ai été très surpris par la bonne tenue de nombreuses séquences et par ces jeux habiles de lumières rouges qui font que l’œuvre semble parfois éclairée comme un giallo. A ce titre, la séquence du manège où Carole commence à délirer est vraiment très réussie et assez fascinante.

L’érotisme reste très soft (Pécas n’est pas Lars Von Trier) mais la belle Sandra Julien est suffisamment bien mise en valeur pour combler le spectateur.

Avec Je suis une nymphomane et Je suis frigide…Pourquoi ?, Pécas adapte à la fiction un sous-genre de la « sexploitation » très en vogue à l’époque : l’« hygiene picture ». En effet, à la fin des années 60, il y eut une mode (surtout chez nos voisins teutons mais pas seulement : voir les films de Pierre Chevalier chez nous) pour les films « d’éducation sexuelle ». L’avantage était double : racoler un public toujours friand d’images inédites sur le sujet et se draper dans une pseudo-objectivité scientifique pour ne pas affoler les ligues de vertu.

Avec ces deux films, Pécas cherche à embrasser tout l’éventail de ce que pourrions nommer, faute de mieux, le « désir féminin ». Après être devenue nymphomane, notre pauvre Sandra Julien va devenir frigide dans le film Je suis frigide…Pourquoi ? Avouons que la raison de ce blocage est plus logique que dans le film précédent puisque, fille de jardinier, elle se fait violer par le fils (et la complicité de sa sœur) du patron ! Mais hélas, le film sera tout aussi nauséabond sur le fond que Je suis une nymphomane puisque le cinéaste ne condamnera quasiment pas ce crime, allant même jusqu’à faire dire à un docteur : «au fond, peu importe le viol » (sic !). On comprendra que Doris, au fond, était amoureuse de son agresseur et qu’elle retrouvera le plaisir en entamant une liaison avec lui ! (sous-entendu : ce n’est pas vraiment un viol puisqu’elle était déjà amoureuse du jeune homme. Mouais…)  

Pour le coup, le film n’est même pas sauvé d’un point de vue cinématographique et s’avère bien moins intéressant que Je suis une nymphomane. On s’ennuie beaucoup et ce ne sont pas les quelques gags qui parsèment le récit (lorsque Doris est devenue call-girl) qui éveilleront l’intérêt.

J’ai parlé l’an passé de Club privé, mélo coquin pas désagréable mais tout aussi moralisateur. Je n’insiste pas plus et vous renvoie à ma note. Je notais déjà la présence d’un humour égrillard qu’apportait la présence de l’ineffable Michel Vocoret (qui tient d’ailleurs un petit rôle dans Je suis une nymphomane). On retrouve le bonhomme comme acteur et aux dialogues de Sexuellement vôtre qui, pour le coup, est une véritable comédie (que cette comédie soit drôle est une autre affaire !)

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Le spectateur y suit les frasques de Gérard Casanova (Yan Brian), descendant du grand séducteur, qui exerce la profession de « call-boy ». Chaque rendez-vous galant qu’il offre, moyennant finance, à une gente féminine conquise d’avance par ce play-boy à moustaches donne lieu à une saynète paillarde. La plupart du temps, les situations relèvent du vaudeville (Vocoret fouetté par une vieille baronne en corset adepte des jeux SM) et « l’humour » repose sur des voix-off qui nous font partager les pensées contradictoires des personnages.

Un seul bon gag à sauver : Casanova se livre à de chaudes étreintes avec la belle Valérie Boisgel au son d’un violon romantique. Nous pensons qu’il s’agit d’une musique extra-diégétique mais à la faveur d’un panoramique, nous découvrons que Michel Vocoret est en train de jouer dudit violon au pied du couple !

Pour le reste, c’est assez pathétique et annonce clairement la dernière partie de carrière de Pécas : Vocoret en fait des tonnes, les gags volent au ras des pâquerettes (à l’époque, ça faisait beaucoup rire de dévoiler après coup que les femmes avec qui le héros venait de batifoler étaient en fait des travestis !), l'érotisme est presque aussi émoustillant qu'un stand de charolaises au salon de l'agriculture et la réalisation est d’une médiocrité affligeante.

De ce coffret fort sympathique au demeurant, on retiendra surtout Je suis une nymphomane (et éventuellement Club privé) et l’idée que ce Max Pécas, aussi roublard fut-il, mériterait quand même d’être redécouvert… 

Par Dr Orlof - Publié dans : Nouveautés DVD
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Mercredi 30 juillet 2014 3 30 /07 /Juil /2014 16:38

Christian fait également partie de mes plus vieux compagnons de route puisque je l’ai rencontré alors que nous officions tous les deux sur la plateforme 20six de sinistre mémoire. Ce qui nous a rapprochés immédiatement, c’est une curiosité insatiable pour tous les aspects du cinéma. Christian est un puits de science qui ne néglige ni le cinéma « bis », ni les nanars gouleyants qu’a pu produire le cinéma français, par exemple. A ce titre, c’est un grand et fin connaisseur de tous les seconds ou troisième rôles qui ont pimenté le cinéma du « samedi soir ».

Quand il a débuté avec son Coin du cinéphage, Christian livrait des critiques de films et il a continué jusqu’à 2010 à peu près. Je me souviens, par exemple, d’un excellent papier sur Les couilles en or de Mocky publié…un premier avril. Mais les déboires rencontrés sur 20six l’ont peu à peu éloigné de la « critique » à proprement parler et il a transformé son blog en passionnante encyclopédie où l’on trouve de nombreuses notices nécrologiques, des portraits de comédiens et une mine d’informations diverses et variées sur le cinéma.

Par ailleurs, j’ai retrouvé Christian avec plaisir sur Facebook où là, encore, il laisse libre court à son affection sans mesure pour les acteurs (et surtout actrices) en composant de superbes albums de photographies (rares ou méconnues) qu’il va piocher dans les recoins perdus du Net.

Cinéphile autant que cinéphage, Christian est un érudit qu’on espère (re)lire plus souvent sur la Toile…ou ailleurs !

adieu-au-langage.jpg

***

 

"Par chance, il se trouve que le cinéma était né 
dès le début sur deux jambes: une jambe absolument 
populaire, basique, triviale, imaginaire et une jambe 
cultivée, compliquée, philosophique, élitaire, et qui appelait 
la critique… Et que choisir le cinéma, c'était sans s'en rendre 
compte, d'un point de vue intellectuel et théorique, 
choisir une maison avec deux portes: une porte que 
tout le monde prend - et qu'il faut prendre, sinon on ne 
comprend rien au cinéma – et une porte dérobée dans 
laquelle les gens, dès le début, ont demandé au cinéma 
des choses absolument extravagantes
" (Serge Daney)

 

D’abord, bon anniversaire, et un salut général à Vinz pour avoir illustré, sans relâche, cette citation de Serge Daney. Il y aurait beaucoup à dire sur le petit monde du web, pour illustrer la critique de cinéma, ou pour parler amoureusement de cet art. Il faut le déplorer, mais c’est le plus souvent la roublardise qui est payante, voire le mieux référencé qui a raison de toute façon, quitte à jeter toute probité aux orties. Il faut arriver à persévérer, ce qui peut être un tantinet lassant parfois, sur un support qui peut s’avérer moyennement stable. Tout comme notre ami Orlof, (puisque c’est ce pseudonyme franquiste tendance Howardvernonien qui a été adopté par notre ami), j’ai appris en passant par la catastrophique plateforme 20six, que tout labeur pouvait devenir extrêmement volatile. On pourrait longtemps gloser sur les avatars techniques de cette ineffable plateforme, perdant en chemin toutes les données postées. Pour être passé par là tout comme « Pierrot », son premier pseudonyme, évidemment ça crée des liens, il faut parfois tout recommencer avec opiniâtreté. On ne peut donc que le louer d’avoir tenu ce cap des dix ans, tout en se renouvelant constamment, là où beaucoup, dont mézigue, se découragèrent. Et second point commun avec ma pomme, on peut donc avoir une cinéphilie tout en étant provincial, parfaitement honorable d’ailleurs. Si par exemple il n’aura pas vu le dernier Godard en 3D, il pourra se consoler, en nous donnant l’une des meilleures lectures de ce film. Donc de la salle au DVD, il nous transporte, dans ce cinéma à « deux portes », passant allègrement du « Trouble-fesses » de Raoul Foulon à « La chute de la maison Usher » classique du muet de Jean Epstein. On s’amusera à le rejoindre ou non dans ses avis toujours pertinents, portés par le petit « Ulysse » façon Télérama, azimuté à la sauce Orlof. Du cinéma expérimental de Joseph Morder ou Gérard Courant, au cinéma « Mauvais genres », aux grands classiques. Cet infatigable lecteur (On recommandera aussi la lecture de son autre blog « La cave du docteur Orlof »), a donc réussi, passant de l’actualité au patrimoine, à persister dans cette activité chronophage.

 

Donc pas de flagornerie pour ma part, ce blog reste pour moi dans les indispensables, à l’heure où des films sont parfois liquidés en 4 ou 5 lignes, même dans des magazines dits sérieux. Pour ma part, je veux bien repartir comme lecteur pour une décennie de plus. On peut rêver d’un éditeur avisé, qui nous livrerait un dictionnaire des films traités sur ce blog, et l’on retrouverait le plaisir de la lecture papier. Une réintégration des premiers textes serait aussi appréciable, même s’il reste des traces ici, mais c’est illisible si vous ne maîtrisez pas le « c?t? l? gat !pro, » nouveau langage 20six que l’on pourrait volontiers qualifier d’hermétique. Mais n’oublions pas que s’il n’est peut-être pas le meilleur support pour une critique érudite, le web nous permet de nous régaler de l’écriture passionnée de cinéphiles originaux.

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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