Dimanche 20 juillet 2014 7 20 /07 /Juil /2014 12:01

Sylvain fait partie d’une espèce en voie de disparation : celle de mes fidèles lecteurs qui persistent à commenter les notes que je publie. C’est par ce biais que je l’ai rencontré il y a déjà un certain temps et j’ai toujours apprécié ses avis éclairés, sa manière d’argumenter avec une constante modération même lorsqu’il n’est pas d’accord avec moi. Sylvain tient par ailleurs son propre blog et écrit régulièrement pour le magazine en ligne Ragemag. C’est surtout un « honnête homme » avec qui nous partageons de nombreux goûts communs : le surréalisme, le mouvement situationniste, les anars, le cinéma, bien entendu… Mais il possède également une grande ouverture d’esprit qui le fait s’intéresser à la littérature en général (il est président de l’association Le littérarium) et aux écrivains « conservateurs » en particulier (comme si un Philippe Muray était moins « subversif » que l’immonde Aymeric Caron !) sans jamais tomber dans le travers des chapelles « rebelles » à la mode (djeunisme, bien-pensance de « gôôôche », féminisme flic à la Najat Vallaud-Belkacem…) ou du conformisme de « l’anticonformisme réac » à la Zemmour/Rioufol.

De manière générale, je retiendrais de ces 10 ans de blog ces discussions passionnées avec tous mes lecteurs et cette opportunité de rencontrer des cinéphiles de qualité comme Sylvain…

 

***

Ce qu’il y a d’énervant avec les critiques comme toi, Doc, c’est que tu décourages d’écrire à ta suite. Il suffit de lire quelques-uns de tes articles sur Alain Resnais ou Jess Franco et ça flingue la motivation. Mais cela donne surtout envie de voir les films, c'est l'essentiel ! Tu publierais une Encyclopédie non pas des nuisances mais des films bis que je n'en serais pas surpris. Tu contribues – avec tes camarades de Zoom Arrière – à rendre vivant la cinéphilie sur la Toile à une époque où la critique ciné se résume principalement à des étoiles sur Allociné. Pour ce haut fait d'armes, je ne peux que te souhaiter une vigoureuse continuation.

Joyeux anniversaire et let’s Rock Doc !

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Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Samedi 19 juillet 2014 6 19 /07 /Juil /2014 11:12

J’aurai sans doute l’occasion de vous en parler ici mais les blogs de mes frères sont tellement connus qu’ils pourraient se passer de présentation. En revanche, il n’est sans doute pas encore de notoriété publique que ma sœur tient un excellent blog littéraire. Il y a quelques mois, elle m’a demandé une petite contribution pour fêter sa 400ème note et j’avais écrit un texte sur les adaptations littéraires au cinéma. Juste retour des choses, je lui ai demandé un témoignage pour les 10 ans de ce blog. Je n’aurais peut-être pas dû puisqu’elle lève un coin de voile sur mon passé de cinéphile maniaque. Mais j’ai décidé de tout assumer (ou presque) en publiant ce « livre d’or ». Je me permettrai juste de corriger quelques « erreurs » et d’ajouter quelques précisions :

1-       Nous utilisions un dé à 8 faces et non à 12 faces

2-     Les fiches et les notes des critiques ne venaient pas de Mad Movies mais de Première et Starfix. Je peux même confesser qu’il m’est arrivé de changer les notes pour favoriser mes films favoris. Ainsi, pour Sailor et Lula, les notes de Starfix étaient assez partagées. Du coup, j’ai opté pour celles de La revue du cinéma, beaucoup plus favorables au film de Lynch (si vous n’avez pas encore lu le texte de Beux, vous risquez de ne rien comprendre !)

3-     En cas d’égalité, les films étaient départagés avec un dé à 6 faces classique.

4-     Working girl est vraiment un très, très mauvais film.

http://ddata.over-blog.com/0/23/00/64/yo2.jpg

***

Quand mon frère m’a demandé de lui écrire un article, j’ai bien évidemment songé à me venger de toutes ces années de chroniques consacrées à des films croates muets en écrivant une note à la gloire du Seigneur des Anneaux ou du Pirate des Caraïbes. Mais je préfère à tout prendre lui rendre un vibrant hommage en vous dévoilant aujourd’hui un petit secret de famille.

Le monde selon Garp, Ghost, L’arme fatale… Qui croirait aujourd’hui que c’est grâce au docteur Orlof que je me suis initiée à ces films ? Que grâce à lui je reste persuadée que Working Girl (que je n’ai jamais vu) est un chef-d’œuvre tandis que je fuis Ils vont tous bien que je n’ai jamais vu non plus ?

C’était toujours dans la chambre du docteur Orlof que nous nous réunissions. Nous étions généralement trois, parfois deux, plus rarement quatre et nous jouions à la bataille. Mais attention ! Pas n’importe laquelle : la bataille des films. Cela commençait toujours de la même manière : assis en rond par terre, notre frère nous distribuait des cartes d’un genre un peu particulier. Il s’agissait en fait de petites affiches de films découpées dans des magazines. Après la distribution, le docteur sortait ensuite un dé à douze faces ainsi que les notes correspondant à ces films et établies par des critiques. Le jeu se déroulait ensuite presque comme une bataille normale ; nous confrontions les films et lancions le dé. En fonction du lancer, nous avions une note (une étoile, deux étoiles, etc.) qui déterminait la force de la carte en question. Le gagnant gardait sa carte et la replaçait en dessous de son tas. Le perdant en revanche se délestait de l’œuvre boudée par les critiques et espérait avoir plus de chances avec le prochain film. A la fin du jeu nous avions un gagnant mais, plus important, nous avions également un classement et nous déterminions le film de la partie. Tout cela était évidemment soigneusement enregistré et noté par le docteur Orlof qui témoignait déjà bien par-là de son goût pour les archives.

Que dire ? Ce jeu en apparence anodin avait un côté un peu surréaliste car c’est je pense assez rare que Les Compères côtoient Robocop. Il y avait les cartes toutes pourries, celles avec qui vous saviez que vous n’iriez pas bien loin : Comme un oiseau sur la branche, rien qu’à voir l’affiche vous saviez que c’était mort. A l’inverse, il y avait les indétrônables : The King of New York, Working Girl… Et puis, il y avait ces films plus mitigés: La Belle Noiseuse, adulée par presque tous mais que deux ou trois critiques avaient détesté et qui, à cause d’un mauvais lancer, pouvait dégager, ou des films comme A propos d’Henry qui, sur un malentendu, pouvait aller assez loin dans la compétition. C’était assez grisant je le reconnais : on soupirait devant la photo de Mel Gibson sur une affiche, on craignait les suites (Argh non pas Highlander III !), on jubilait quand on parvenait à battre un « gros » film avec Le jumeau… Ainsi, au fil du temps, j’ai acquis une certaine culture cinéphile de façade et me suis uniquement fiée, quand j’y songe, aux appréciations de Mad Movie pour juger un film. OK, en fait le jeu du docteur Orlof n’était pas si génial que ça. Reste que ces séances ont agréablement occupé de nombreuses soirées et me laissent un souvenir ému. Merci donc à mon frère pour cela ainsi que pour ses articles aujourd’hui qui me permettent de répondre aux questionnaires de cinéma des jeux télévisés et de frimer en parlant de films obscurs que je n’irai jamais voir.

Plus sérieusement, merci pour des critiques comme celles de Bright Star ou de Grand Budapest Hotel qui m’ont incitée à aller au cinéma pour m’en rendre compte par moi-même. Longue vie au blog et j’attends toujours, ceci dit, ta critique de Comme un oiseau sur la branche

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Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Vendredi 18 juillet 2014 5 18 /07 /Juil /2014 15:04

Formateur (il intervient dans les collèges, lycées et pour des formations destinées aux adultes) et réalisateur ; Aurélio Savini et moi nous sommes rencontrés il y a bientôt 10 ans dans le cadre de mon travail. Il réalise en partenariat avec le cinéma Eldorado à Dijon Les entretiens de cinéDV qu’on peut trouver en ligne sur Vimeo et que je vous recommande chaleureusement.

Bavard impénitent, c’est toujours un plaisir de le croiser à la sortie d’un film pour discuter longuement (cinéma, évidemment !). Aurélio (qui par ailleurs a soutenu une thèse sur la mise en scène cinématographique et a publié une contribution dans l’ouvrage Analyse et réception des sons au cinéma portant sur L’enfance d’Ivan de Tarkovski) possède une vision très précise et fine de la mise en scène au cinéma. C’est en partie grâce à lui que je me suis détaché des cinéastes utilisant leur outil pour intimider le spectateur à grands renforts de plans-séquences bien voyants (les derniers Haneke, Mungiu…) et qui m’a fait comprendre les subtilités de la mise en scène de Kéchiche dans La graine et le mulet (tout est construit sur des raccords/regards mais ces regards sont très différents d’une séquence à l’autre, qu’il s’agisse de la scène du couscous familial ou de la scène avec le banquier). Dernièrement, c’est lui qui attirait mon attention sur la finesse de la mise en scène de Pascale Ferran dans Bird people, cette manière « d’attaquer » (au sens où l’entend Bergala) les plans de manière à la fois moderne (plans sur les mains, micro-ellipses…) et pourtant totalement invisible.

Bref, c’est avec un grand plaisir que j’accueille ici ses quelques mots amicaux…

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Hello Doc,

J'aurais bien écrit un article de 10 pages sur une certaine tendance de la critique française, un peu l'équivalent de ce que Truffaut a pu faire avec le cinéma français mais comme l'a dit Godard à propos de certains films, c'est même plus la peine, certaines critiques tombent d'elles-mêmes... Alors, continue tranquillement d'évoquer les mystères de la mise en scène dans tes chroniques, c'est pas si courant même sur Internet.

A bientôt,

Hitch Hitch

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Jeudi 17 juillet 2014 4 17 /07 /Juil /2014 11:48

Je ne connais Michel que depuis peu mais il est la preuve vivante que Facebook peut aussi être le lieu de belles rencontres. Très aimablement, il a tout de suite été volontaire pour participer aux festivités des 10 ans de ce blog. Comme il fait partie de l'équipe organisatrice des Rencontres des Cinémas d’Europe à Aubenas, j'espère bien que nous aurons un jour l'occasion de nous rencontrer, que ce soit sur ses terres ou sur les miennes !

 

***

 

Cher Dr Orlof,

 

J’ai découvert au début de cette année ton Blog, un peu par hasard, fatigué d’aller d’un portail cinéma à l’autre, pour retrouver les mêmes critiques de films aussi peu inspirées que trop souvent péremptoires. C’est toute la difficulté de l’exercice, donner son point de vue de manière argumentée, faire partager ses passions, assumer ses déceptions.

 

Le nom de ton Blog constitue déjà un bel indice, référence à Jess Franco, nous entrons dans l’univers d’un amoureux du cinéma, affranchi des canons « classiques », qui nous fait voyager de la série B à Lars Von Trier, du cinéma du patrimoine aux œuvres contemporaines.

 

Le plus souvent d’accord avec toi, avec parfois des divergences, j’aurais envie de pouvoir prolonger la discussion au delà du virtuel, autour d’un «coffee and cigarettes ». 

 

Merci pour cet amour du cinéma, partagé.

 

Baron von Klaus

 

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Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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Mercredi 16 juillet 2014 3 16 /07 /Juil /2014 19:03

Timothée a sans aucun doute une meilleure mémoire que moi car j'étais persuadé qu'il faisait partie de l'équipe de Kinok avant moi. Toujours est-il que je suis certain d'avoir découvert son excellent blog Fenêtre sur cour par le biais du site où nous furent « collègues de bureau » pendant quelques années.

Loin des pavés indigestes que l'on subit parfois sur le web, les textes de Timothée sont souvent concis mais son écriture rigoureuse, précise parvient à saisir avec une rare acuité l'essence des œuvres qu'il analyse.

Et ce que j'apprécie aussi énormément chez mon jeune camarade, c'est sa grande ouverture d'esprit, sa tolérance et sa modération. Nous ne partageons pas les mêmes convictions (il est croyant, je suis agnostique) et pourtant je me sens beaucoup plus proche de lui que nombre de pseudo- « rebelles » sectaires et dénués de tout sens de l'humour.

Et puis de toute manière, quelqu'un qui apprécie autant Chesterton et Demy ne peut mériter que toute notre estime : n'hésitez pas à le suivre sur son blog ou sur la revue en ligne Independencia où il écrit désormais...


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***

 

Le Dr Orlof fait partie des quelques blogs que je suivais au moment où j’ai commencé le mien en 2006. Il y avait lui et d’autres comme Nightswimming, Cinématique, ou Inisfree. Je m’étais aperçu qu’ils critiquaient des DVD pour le site Kinok, auquel je m’étais empressé de postuler. C’est comme ça que Vincent Roussel, aka Dr Orlof, est devenu un « collègue du bureau » – et il l’est devenu une seconde fois quand des gens inspirés chez Causeur ont repris ses chroniques. Ce n’est pourtant pas ce double motif de camaraderie qui me pousse à dire ceci à propos du Dr Orlof : il représente pour moi une certain idée du blogueur cinéphile, qui a aujourd’hui quasiment disparu. Et je le démontre !

 

  • Le blog est le terrain de jeu parfait pour ceux qui, comme Vincent, semblent avoir entrepris de voir tous les films qui existent. Un billet par film, un avis argumenté par billet, en dix ans son journal s’est mis à ressembler à une encyclopédie de poche.

 

  • Le blog du Dr Orlof est aussi une caverne d’Ali Baba où l’on tombe sur des objets insolites comme Le Cinématon de Gérard Courant ou les films de Jesús Franco. Faire découvrir : que demander de plus à un blog ?

 

  • Derrière le Dr Orlof, il y a Vincent. On tient bien là un « journal », c’est-à-dire le recueil quasi quotidien d’impressions de spectateur, et une personnalité qui se dessine à travers les verdicts, les formules, les choix et les obsessions.

 

  • Vincent est un vrai cinéphile parce qu’il n’est pas qu’un cinéphile. Il a le bon goût d’aimer Chesterton et les écrivains anars en tous genres.

 

  • Enfin, ce Dr Orlof que je n’ai jamais rencontré m’a l’air très sympathique. Ce qui ne gâche rien, l’appréciation des films passant aussi par la conversation.

Par Dr Orlof - Publié dans : 10 ans
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