The wedding party (1969) de Brian de Palma, Cynthia Munroe et Wilford Leach avec William Finley, Robert de Niro

 

L’un des gros avantages des chaînes câblées est qu’il leur arrivent d’exhumer des œuvres méconnues et de permettre au cinéphile de découvrir les films « invisibles » des grands cinéastes.

Si je peux me vanter, par exemple, de connaître plutôt pas mal le cinéma de Brian de Palma, je dois également reconnaître n’avoir jamais vu ses tous premiers films.

Au détour d’une diffusion sur le câble, j’ai néanmoins pu voir l’intéressant Hi, mom ! (où, pour le coup, se dessine en filigrane tous les thèmes du cinéaste) et ce Wedding party datant de 1969.

Disons le tout net, ce film de jeunesse s’inscrit dans le genre qui sied le plus mal à De Palma : la comédie. Son film parodique sur la mafia (Wise guys) est sans doute ce qu’il a fait de plus mauvais et même la verve satirique du Bûcher des vanités n’est pas de la meilleure eau (je ne déteste pourtant pas cette adaptation de Tom Wolfe).

The wedding party se veut quasiment burlesque et n’hésite pas à recourir à des procédés fort datés (cartons introduisant les séquences, images accélérées…) pour singer le genre. Malheureusement, la tentative tourne assez court et se révèle vite absolument vaine.

L’argument narratif est des plus basiques : Charlie va se marier et se rend dans la belle-famille quelques jours avant le grand moment.

Le ressort comique s’appuie sur ces préparatifs de dernière minute et repose sur deux registres. D’une part, la satire d’une famille qui, visiblement, n’accepte pas le jeune homme. D’autre part, sur l’évolution « psychologique » du personnage qui rembarre dans un premier temps tous ceux qui veulent le dissuader de cette union conjugale avant de tourner casaque et de tout faire pour se défiler lorsque tout le monde lui présente ce sacrement comme la panacée.

Est-ce parce que le genre burlesque nécessite une incroyable rigueur (voir Keaton) pour être opérant que ce film à l’esthétique je-m’en-foutiste du cinéma indépendant ne fonctionne pas ? Ce n’est pas impossible car ces afféteries stylistiques (les accélérés, les incessants jump-cut…) annihilent toute velléité comique. On ne voit alors à l’écran que lourdeur à la Benny Hill !

De plus, tout cela s’essouffle assez rapidement et aurait du constituer le synopsis idéal d’un court-métrage de 20 minutes. Sur 90, on trouve le temps long !

Reste alors la curiosité de déceler la « patte » de De Palma (dans un film tourné à trois !) dans quelques scènes (bien rarement) et, surtout, de voir s’affairer à l’écran deux acteurs que nous retrouveront plus tard chez le maître.

Les deux amis de Charlie sont, en effet, interprétés par William Finley, qui sera l’inoubliable « monstre » de Phantom of the paradise et un jeune homme nommé Robert Denero au générique et qui jouera près de 20 après Al Capone sous la direction du cinéaste (les incorruptibles).

Vous avez, bien entendu, reconnu Robert de Niro…

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