Plutôt qu'un interlude « icône », je vous propose un petit classement pour agrémenter le week-end (je ne pouvais pas laisser passer une telle aubaine lorsque je l'ai découvert ici.)

Pour ma part, mon classement des « meilleures comédies françaises » serait le suivant :


1-     Playtime (Jacques Tati)

2-     La poison (Sacha Guitry)

3-     Le soupirant (Pierre Etaix)

4-     Le magnifique (Philippe de Broca)

5-     Dieu seul me voit (Bruno Podalydès)

6-     Changement d'adresse (Emmanuel Mouret)

7-     La fiancée du pirate (Nelly Kaplan)

8-     Un drôle de paroissien (Jean-Pierre Mocky)

9-     Le père noël est une ordure (Jean-Marie Poiré)

10-   Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (Jean Yanne)


Quelques remarques s'imposent.

Le cinéma français n'étant pas, à l'inverse du cinéma classique hollywoodien, structuré en « genres », il est très difficile de dire d'un film s'il s'inscrit ou pas dans la catégorie (Dieu seul me voit est-il vraiment une comédie ?). J'ai néanmoins tenté de me restreindre aux œuvres relevant, à mon sens, le plus strictement du genre. Ce qui m'a conduit à évincer un tas de films extrêmement drôles mais dont on peine à les réduire au seul genre comique.

Exit ainsi les « comédies » tordues et tordantes de Bertrand Blier (les valseuses, Tenue de soirée) ou Joël Séria, les expériences surréalistes de Don Luis Buñuel (et pourtant, dieu sait que des films comme Le charme discret de la bourgeoisie et Le fantôme de la liberté me font rire !), les fables sarcastiques de Marco Ferreri (La grande bouffe),  l'humour caustique de Chabrol ou nostalgique de Truffaut (Baisers volés). J'ai du aussi me résoudre à éliminer Jacques Rozier, Eric Rohmer ou Pascal Thomas dont l'humour s'inscrit dans un ensemble plus vaste de chroniques sentimentales ou de mœurs. Je pense que j'en oublie d'autre et j'ai bien conscience qu'il n'y a aucune raison objective d'écarter des films comme Céline et Julie vont en bateau (Rivette) ou Le carrosse d'or (Renoir) de cette liste mais j'ai fait ce choix. Vous n'êtes pas obligé de vous y tenir.

(Mon classement était d'ailleurs plus « frivole » au début mais je n'ai pas pu me résoudre à évincer Guitry et Etaix. Du coup, Pierre Richard et Claude Zidi que je voulais citer ont disparu)

Venons-en maintenant à un petit commentaire de ces choix et ce qui m'a poussé vers ces films.

Primo : distinguer les vrais maîtres d'une tradition de comédie à la française, qu'elle soit purement visuelle (Tati, Etaix) ou orale (Guitry) et saluer les nouveaux talents dans le genre (Podalydès, Mouret auxquels j'aurais pu ajouter Pierre Salvadori)

Deusio : rendre hommage à ceux qui utilisent le rire comme une arme contre la connerie environnante et qui se servent de la comédie comme du poil à gratter (Mocky, Kaplan, Yanne).

Tertio : se souvenir des films qui ont marqué notre adolescence au point que nous les connaissions par cœur. M'étant limité à un film par réalisateur ou par « groupe comique » (sinon, Tati, Mocky et Guitry auraient pu se partager toutes les places !), il me fallait quand même citer :

-L'équipe du Splendid (les deux premiers épisodes des Bronzés ou Mes meilleurs copains de Poiré auraient pu remplacer l'indéboulonnable Père noël est une ordure mais j'ai aussi de bons souvenirs de la trilogie Leconte/Blanc, de Marche à l'ombre ou de Gazon maudit)  

-Belmondo (surtout pour ses films avec De Broca mais Cartouche relève plus de l'aventure et l'homme de Rio me semble avoir un peu vieilli, beaucoup plus que l'extraordinairement drôle Le magnifique)


Et je n'ai pas eu de place pour :


-Claude Zidi (dont je persiste, même si je ne les ai pas revus depuis une éternité, à bien aimer Les ripoux et association de malfaiteurs)

-Pierre Richard (je voulais citer La chèvre)

-Louis de Funès (pour moi, les Girault sont d'affreux nanars et les Oury ont très mal vieilli puisque seul les aventures de Rabbi Jacob me semble encore visible. Je leur aurais donc préféré l'étourdissant Oscar de Molinaro où l'acteur nous offre un numéro assez inoubliable)

Pour conclure, j'aurais aussi aimé citer l'inégal mais fort sympathique Jean Boyer qui, dans sa prolifique production, nous a concocté quelques joyaux (Sénéchal le magnifique) que je déguste avec grand plaisir.

A vous de jouer !

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