Le cri du cormoran le soir au-dessus des jonques (1970) de Michel Audiard avec Michel Serrault, Bernard Blier, Paul Meurisse, Jean Carmet, Gérard Depardieu, Romain Bouteille, Carlos

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Sorte d'ancêtre franchouillard de l'After hours scorsesien, Le cri du cormoran le soir au-dessus des jonques met en scène les déboires d'un turfiste ringard (Michel Serrault) pris malgré lui dans les rets d'une sombre histoire de gangsters se battant pour une grosse somme d'argent. Comme toujours chez Audiard, on ne fait pas dans la dentelle : le trait est assez épais (ses personnages sont tous minables), frisant parfois un certain poujadisme (Serrault se retrouvant dans une soirée au milieu d'africains tous plus racistes les uns que les autres) et la réalisation est d'une désinvolture extrême (à côté d'Audiard, Mocky, c'est Bergman).

Ces réserves posées, le film se suit sans réel déplaisir malgré quelques sautes de rythme. L'absurde imprègne chaque situation d'un récit qui confine au grand n'importe quoi et l'amateur se plait à savourer les quelques bons mots goûtus qui firent la réputation de l'auteur.

Néanmoins, plus que ces répliques proverbiales, c'est la distribution hétérogène qui séduit dans ce film. Aux côtés d'un Serrault un peu trop cabotin, on retrouve les fidèles Bernard Blier (impérial!) et Paul Meurisse qui compose une délectable figure de gangster dandy, allergique à toute vulgarité.

Avoisinant cette vieille garde habituée du cinéma d'Audiard, on retrouve également quelques nouvelles têtes comme celle de Depardieu en sicaire chevelu (il parvient déjà à imposer une véritable présence à l'écran) ou encore un hilarant Romain Bouteille en flic bas du front (pléonasme) et alcoolique.

Inégal mais pas désagréable.

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