L’amour à la bouche (1974) de Gérard Kikoïne, Alex Nubbar et Alain Van Damme avec Julie Ambert (alias Nadine Perles)

 

Au rayon des antiquités érotiques dont je suis friand, je vous propose aujourd’hui le premier film de Gérard Kikoïne que tous les amateurs de films X connaissent. Pour ma part, je n’avais vu que deux films « softs » de ce cinéaste, dont l’inénarrable Lady libertine interprété par…Sophie Favier (je n’avais regardé ce film que pour découvrir la plastique affriolante de la potiche blonde zézayante de Christophe Dechavanne !). Celui-ci ne relève absolument pas le niveau des deux œuvres précédentes et s’avère d’une constante médiocrité.

Dans l’amour à la bouche, on suit l’itinéraire d’un mannequin (Nathalie) qui vit dans le souvenir de son amant défunt et se laisse entraîner dans divers types de soirées. Son parcours se finira dans un château où hôtes et invités se livrent à des agapes dont je vous laisse deviner la teneur…

Devant l’insondable nullité du résultat, laissons la parole à un spécialiste, Christophe Bier, qui dans le premier numéro de la déjà très regrettée revue Cinérotica écrit : « C’est avec l’avènement du porno que Kikoïne révèlera une véritable ambition et deviendra l’un des maîtres du genre. » Nous sommes disposés à le croire et aimerions même beaucoup découvrir Bourgeoise et pute que beaucoup de critiques (pas seulement Bier) tienne pour le joyau du cinéaste (enfin, je dis ça en passant : je doute que ce titre revienne régulièrement dans les conversations mondaines des cinéphiles parisiens ! Encore que…)

Pour l’heure, L’amour à la bouche est une œuvre de jeunesse (ils se sont quand même mis à trois pour pondre ça !) qui ne brille que le temps d’une séquence brillamment montée (un repas mondain qui tourne à la satire mordante : n’oublions pas que Kikoïne fut d’abord monteur, notamment pour Jess Franco et Claude Mulot) et qui répugne lors d’une scène de viol particulièrement dégueulasse (je n’aime pas beaucoup ce type de scène dans un film, alors quand elle est d’une rare complaisance comme ici, ça me soulève le cœur !).

Pour la petite histoire, le film a d’abord été frappé d’une interdiction totale avant d’être interdit au moins de 18 ans après quelques coupes et classé X même si le film reste soft et plutôt javellisé (à moins que d’autres coupures aient eu lieu afin de permettre une diffusion en prime time mais j’en doute : le film m’a semblé durer plus longtemps que les 76 minutes annoncées lors de sa sortie en salle).

Je ne sais pas ce que valent les pornos de Kikoïne mais, ici, tout est lisse et dénué du moindre érotisme. Le cinéaste s’amuse à quelques citations littéraires (Pauline Réage, Lawrence…) qui détonnent parfois de manière étrange (à l’image de ce cours instant « fantastique » où la créature de Frankenstein débarque sans qu’on sache pourquoi).

Tout ça n’a strictement aucun intérêt et la seule chose piquante du machin est de se dire que Kikoïne finira par réaliser un épisode de la série Commissaire Moulin !

Avouez que c’est le genre de renseignement qui apaise l’âme et satisfait l’esprit ! 

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