Cinématon 945-970 (1987) de Gérard Courant

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Professeur Choron Cinématon n°961

 

Il faudra attendre la soirée du 29 septembre pour égayer une course quelque peu monotone (un peu de fatigue se ferait-elle sentir à l’approche de la borne 1000 ?).

Signalons néanmoins le joli portrait de Marie-France (n°949) qui utilise son temps à l’image pour se maquiller et laisser apparaître en fin de course une chevelure blonde qui la fait ressembler à Marilyn Monroe (encore un Cinématon « frustrant » puisque la coquine ouvre  son peignoir sans rien dévoiler !).

Le critique Jean A. Gili, n°950, (au tour de Positif d’être représenté !) effectue une « chorégraphie » minimaliste. Je n’ai pas calculé mais, à vue de nez, il reste une minute avec les mains posées sur ses yeux fermés. Passée cette minute, il enlève une main puis une autre la minute d’après. Enfin, il finit par ouvrir les yeux (un regard clair, vert) et fixer intensément le spectateur.

Quelques « nababs » à la française font également leur entrée en scène : l’académicien académique et spécialiste d’« œuvres » adipeuses et bedonnantes Max Gallo (n°954), l’éditeur Pierre Belfond (n°965) qui affiche un visage assez outrecuidant tandis que Pierre Lescure (n°968) feuillette un beau livre qu’il présente parfois à la caméra.  

Lescure nous offre une excellente transition puisque cette période de la carrière de Courant est sans doute la plus « mondaine » du cinéaste (Cf. son carnet filmé L’artifice et le factice). A l’orée du millième Cinématon qui lui vaudra une rétrospective intégrale, il fréquente beaucoup les couloirs de Canal + où il a ses entrées.

Nous le retrouvons donc lors de cette fameuse soirée du 29 septembre où il va pouvoir filmer une partie de l’équipe « historique » d’Hara-kiri, également acoquinée avec la nouvelle chaîne de télévision payante.

Nous croiserons d’abord l’écrivain et journaliste Jean Teulé (n°958) qui était alors « auteur de bande dessinée » et qui raconte à l’aide de cartons sa rupture. Lorsqu’il montre le visage de sa « fiancée » tatouée sur son bras, le film devient presque poignant même si l’hypothèse que tout soit faux n’est pas totalement exclue (j’ai quand même envie d’y croire !)

Puis c’est au tour des anciens combattants Cavanna (n°959) et du Professeur Choron (n°961) d’entrer en piste. Est-ce que ça étonne quelqu’un si je dis qu’ils n’ont vraiment pas l’air frais ?

Courant le confie lui-même :

« Hara-kiri fêtait son numéro 300. Le champagne coulait à flots. Le Prof était saoul. Moi aussi. (Je ne sais toujours pas comment j’ai pu le filmer). »

Jackie Berroyer (n°962) faisait également partie de cette joyeuse équipe et, lui aussi, semble plus beurré qu’un Petit Lu !

Au milieu de ces joyeux drilles, Courant filme également une des plus grandes stars du porno français : Sylvia Bourdon (n°960). Mais la « hardeuse » reste très sage et se contente d’imprimer au sexe qu’on lui a peint sur la joue un petit mouvement en jouant avec sa bouche. Elle fait mine de le lécher mais le résultat n’a rien de véritablement « érotique ».

 

En revanche, le cinéaste chinois Hu Bin (n°964) (inconnu au bataillon !) gagne son ticket d’entrée dans la catégorie des « cinématons érotiques » en faisant mine de se masturber. Quand il se lève (en slip !), on réalise qu’il se contente de se frotter le ventre.

L’honneur est sauf !

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