Cinématon 1411-1440 (1990) de Gérard Courant

 http://www.gerardcourant.com/photos/cinematon/img/1411.jpg

TROIS CARRÉS dans Cinématon n°1411


Contrairement à ce que les apparences pourraient laisser supposer, je n’ai pas abandonné en plein marathon et je suis toujours bien décidé à arriver au bout des 160 heures de Cinématon. J’ai simplement opté pour un nouveau rythme et laissé tomber le galop des débuts pour privilégier la flânerie et les petits plaisirs du dilettantisme cinématonesque.

C’est donc avec plaisir que j’ai renoué avec ces portraits d’autant plus que c’est le peintre TROIS CARRÉS  (n°1411) qui a ouvert le bal avec le Cinématon le plus « bruyant » du lot puisque pendant plus de trois minutes, notre bonhomme s’amuse à faire exploser des pétards et des ballons gonflables. On finit presque par entendre le vacarme qu’il a du faire même si le film est muet !

Après quelques sobres portraits d’artistes dont celui de Jérôme Schlomoff (n°1414) à qui l’on peut décerner (pour le moment) le titre du portrait le plus minimaliste de l’oeuvre (il se contente de passer furtivement devant la caméra et de nous laisser pendant 3 minutes face à un écran blanc), Gérard Courant est parti pour Marseille où il va tourner une trentaine de portraits.

Encore une fois, ces  Cinématons « à la chaîne » ne constituent pas ce que je préfère dans le film, d’autant plus qu’ils sont une fois de plus tous tournés devant le même mur blanc et que l’on ne croisera pas de noms très connus. Du coup, les visages se mélangent un peu et on peine à se souvenir de faits et gestes notables.

La journaliste Dominique Villanueva (n°1418), indépendamment du fait qu’elle possède un très joli sourire, parvient à capter notre attention en sortant divers objets de son sac (un paquet de clopes, des lunettes de soleil, un passeport et même un billet de … 50 francs). En voyant ce billet, je me suis dit que pour bien souligner la valeur « archéologique » du projet de Courant, il faudrait que les modèles n’hésitent pas à sortir les objets emblématiques de leur époque (les billets du moment, les gadgets en vogue… Je regrette – mais tout n’est pas perdu- que personne ne se soit fait filmer avec un minitel, par exemple). Futurs cinématonés, n’hésitez pas à sortir vos iphones et vos ordinateurs portables : vos enfants ou petits-enfants en riront dans 50 ans !

 

Dans le lot, on repère également une écolière pêchue (Violaine Crespin, n°1423) et un organisateur de théâtre de rue qui ressemble à Georges Brassens (Michel Crespin, n°1425), ce qui n’est pas sans nous le rendre sympathique.

Signalons également que le compositeur Eric Le Guen (n°1433) se plante élégamment une cigarette dans l’oreille et qu’il a l’air d’avoir ingurgité douze cafés après trois nuits blanches d’affilées.

Les autres, je confesse humblement que je les ai déjà un peu oubliés…   

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