Les décalés du cosmos : saison 3 (2007). Créateurs : Chuck Austen et Chris Moeller. Réalisation : Bernie Denk (L.C.J. Editions)

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Les plus fidèles de mes lecteurs savent déjà que mes goûts m’ont toujours éloigné, d’une manière générale, des séries. D’une part, parce que je me lasse assez vite de ce qui constitue l’essence du genre : la loi de la répétition et du retour du même (mêmes personnages auxquels le téléspectateur s’identifie, même schémas scénaristiques, etc.). D’autre part, parce qu’à part quelques glorieuses exceptions (Twin Peaks en premier lieu, L’hôpital et ses fantômes…), il me semble que les séries ne se distinguent jamais par une certaine recherche formelle et esthétique. Leur intérêt est sans doute ailleurs (je ne tiens pas à me fâcher avec tous mes lecteurs qui deviennent d’ailleurs de plus en plus silencieux !) mais j’avoue que le genre m’a toujours laissé froid.

 

Ce n’est malheureusement pas avec Les décalés du cosmos que je vais me réconcilier avec le genre. Série d’animation canadienne créée en 2004 et composée de trois saisons (la dernière datant de 2007), Les décalés du cosmos narre les aventures d’un équipage extra-terrestre qui sillonne l’univers à bord d’un vaisseau spatial capricieux prénommé Bob. Aux commandes, le capitaine Ardillon, une espèce de blob mauve à trois yeux épaulé par un cyborg extrêmement sexy (Sixe), un robot gay (Gus), une sorte de reptile au look « ado attardé » (Flip, le neveu d’Ardillon) et Técha, monstre hideux à trois seins et plein de bubons.

Ces joyeux drilles qui passent leur temps à s’envoyer des amabilités à la figure croisent également le chemin d’adversaires réguliers : les confédérés et les Sales Clowns menés par Dark Bobo…

On l’aura compris en découvrant le nom de ce dernier personnage, la série est éminemment parodique et cite allégrement Star Wars (lors d’un combat de sabre, Ardillon est obligé de « masturber » le sien pour qu’il devienne plus grand et apte au combat !) et Star Trek.

Je dirais, pour commencer sans être trop méchant, que la dimension parodique de la série est la plus intéressante. Dans la saison 3, certains épisodes sont construits comme de pures parodies de films célèbres : Skankenstein (épisode 1) s’amuse avec le mythe de Frankenstein en parodiant à la fois les classiques de James Whale (l’héroïne ressemble vraiment à Elsa Lanchester dans La fiancée de Frankenstein) mais également les variations plus récentes d’un Tim Burton. Eliminons Ardillon (épisode 2) reprend la structure dramatique des Terminator tandis que 23.5 (épisode 4) fonctionne comme un épisode de la série 24. Les Aventuriers du */@?#!" de trésor (épisode 9) est à la fois une parodie des Indiana Jones mais on y cite également Predator et Alien

 

Mais s’il fallait chercher une référence plus globale à ces Décalés du cosmos, c’est sans doute du côté du Spaceballs (La folle histoire de l’espace) de Mel Brooks qu’il faudrait chercher (le cinéaste est d’ailleurs cité directement dans le premier épisode de cette troisième saison : hommage sans doute au créateur de Frankenstein junior). En effet, les classiques de la science-fiction y sont détournés de manière graveleuse avec une prédilection pour les gags en-dessous de la ceinture. La principale caractéristique de cette série est d’être extrêmement vulgaire. La vulgarité peut être parfois salutaire mais ici, elle lasse rapidement car elle tourne toujours autour des mêmes obsessions : la scatologie (pas un épisode où l’on n’évoque les « chiottes » et le plaisir de « couler un bronze » : au-dessus de sept ans, je pense qu’il est impossible de sourire !) et le sexe : Ardillon est un obsédé, Sixe est un objet de désir et de blagues foireuses en permanence (à noter que c’est notre chère Frédérique Bel qui prête sa voix à la plantureuse cyborg) et le robot Gus est constamment titillé sur sa sexualité ambiguë (il ne l’avoue pas vraiment mais il est totalement gay !).  

 

Au bout du compte, il semblerait que le personnage qui ressemble le plus au « public cible » de la série soit Flip, ce lézard mou qui ne rêve que de perdre sa virginité dans les bras de Sixe et qui passe ses journées à jouer aux jeux vidéo ou à glander. Les décalés du cosmos ne s’adresse (et encore !) qu’à l’adolescent geek puceau dont l’univers se limite à Star Wars, aux jeux et à surfer sur Internet. L’obsession du sexe est permanente mais de manière puérile, par le biais de ce second degré référentiel (mais qui se souvient encore, en 2013, de Marcel Beliveau ? Et qui se souviendra des « personnalités » parfois citées dans la série ?) qu’affectionne tant notre époque puritaine et bien-pensante.

 

Bref, j’avoue que cette série m’est passée bien au-dessus de la tête : je laisse désormais la parole à ceux qui veulent la défendre et la recommander… 

 

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