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Questionnaires et futilités

Mercredi 9 janvier 2013 3 09 /01 /Jan /2013 18:01

Comme chaque année, notre ami Ludovic nous a concocté un de ces questionnaires dont il a le secret. Malgré la difficulté de l'exercice, je me lance. N'hésitez pas à faire pareil...

 

1) Avez-vous déjà accroché chez vous une affiche de film ?

 

Ah oui, énormément. Si je me souviens bien, je crois que la première était celle de La revanche de Freddy (Jack Sholder. 1985). J’ai ensuite tapissé les murs de ma chambre d’affiches grandes ou petites. Je me souviens de celle de The Wall (Alan Parker), des Incorruptibles (Brian de Palma) mais aussi de Coups de feu sur Broadway (Woody Allen), J’entends plus la guitare (Garrel) ou encore… On se calme…et on boit frais à Saint-Tropez (Max Pécas) ! 

  freddy.jpg

  2) Quelle affiche, placardée à l'intérieur d'un film, préférez-vous ?

 

Pas de véritables préférences. Simplement le souvenir le plus proche : l’affiche d’Hiroshima mon amour (Resnais) dans Vous n’avez encore rien vu (Resnais). Comme un clin d’œil rétrospectif sur une carrière en train de se boucler.

 

3) Avez-vous une salle de cinéma régulière ?

 

 Le cinéma Eldorado, à Dijon, depuis que j’ai 18-19 ans.

 

4) Quelle salle de cinéma, présente dans un film, préférez-vous ?

 

Excellent souvenir de la salle des Sièges de l’Alcazar de Luc Moullet, film vu avec mes camarades Vincent, Edouard et Joachim.

 

5) Avez-vous un souvenir marquant dans une salle de cinéma, n’ayant pas de rapport avec le film projeté ?

 

Peut-être le brouhaha incessant qui régna au cours de la projection de Freddy 3 : les griffes du cauchemar (Russell – 1987) que j’allai voir après avoir passé le brevet des collèges. Est-ce à ce moment que naquit en moi la haine des meutes et de la promiscuité ?

 

6) Avez-vous déjà assisté à un tournage ?

 

Si on excepte un court-métrage tourné à Dijon, j’ai pu assister, sur la Croisette, au tournage de quelques scènes de La cité de la peur avec Alain Chabat (Berbérian-1994)

 

7) Qu’avez-vous filmé dont vous soyez le plus satisfait ?

 

J’ai très peu filmé et rien dont je puisse me souvenir avec satisfaction.

 

8) Avez-vous une anecdote véridique à nous conter, vous mettant en scène avec une personnalité du cinéma ?

 

J’évoquerai sans doute un jour une belle soirée où Alain Cavalier me parla du « veau Orloff » de sa mère et où je fus très fier d’apprendre que Joseph Morder avait lu et apprécié mes articles le concernant.

Pour l’heure, je me souviens aussi de ce moment où, en ouvrant la porte des toilettes du cinéma, je me retrouvais nez-à-nez avec Emmanuel Mouret, un peu embarrassé tous les deux, ne sachant ni l’un ni l’autre qui devait entrer ou sortir.  Ce qui m’a fait sourire dans cette anecdote, c’est que j’en ai vu une semblable sur l’écran quelques minutes après au cours de la projection de Changement d’adresse

 

9) Quelle personnalité du cinéma aimeriez-vous rencontrer pour nourrir une telle anecdote ?

 

Chaque rencontre avec une personnalité du cinéma est enrichissante. Cependant, j’ai presque envie de citer Virginie Ledoyen car elle devait venir présenter à Dijon La fille seule (Jacquot, 1995) mais la rencontre a été annulée pour cause de neige. Depuis, je hais la neige.

 

10) Quel est le personnage cinématographique le plus proche de ce que vous êtes, ou de ce que vous avez été ?

 

Pendant longtemps, je me suis identifié au « héros » d’un film que je n’aime pas beaucoup de Philippe Harel : L’histoire du garçon qui voulait qu’on l’embrasse. Dans le genre timide et emprunté, je préfère désormais le personnage incarné par Vincent Macaigne dans Le naufragé et Un monde sans femmes de Guillaume Brac. Mais ce personnage est désormais assez loin de moi…

 

11) Avez-vous une quelconque ressemblance physique avec une actrice ou un acteur ? 

 

Récemment, un étudiant m’a dit que je ressemblais à Jimmy Somerville. Et il se trouve (je l’ignorais) que ce chanteur a aussi fait du cinéma. Alors…

 

12) Apparaissez-vous réellement dans un film ?

 

Dans La cité de la peur mais une demi-seconde (silhouette), un court-métrage intitulé Ceci est un homme (Bénédicte Portal. 2006) (figuration) et dans 8 films de Gérard Courant. J’apparais dans 5 de ses séries (Cinématon, Couple, Portrait de groupe et deux fois dans la série Cinéma –le n°59 à Dijon et le n°61 à Nice-) et dans trois Carnets filmés (Carnet de Nice, Veni, vidi, vici et Cœur d’automne en Bourgogne)

 

13) Quel regard-caméra vous a le plus touché ?

 

Celui de l’héroïne du magnifique Moment (1968) de Stephen Dwoskin

 

14) quelle séquence en caméra subjective vous a le plus marqué ?

 

L’ouverture d’Halloween de Carpenter, peut-être. Le cinéma d’horreur use et abuse de la caméra subjective. Finalement, je me demande si je ne préfère pas la semi-objectivité de l’étonnant Angst de Gérald Kargl où nous sommes toujours dans la tête du tueur sans le recours de la caméra subjective.

 

15) Existe-t-il un remake que vous appréciez ?

 

Le Psychose de Gus Van Sant n’est pas mauvais et j’attends avec impatience le remake de Crime d’amour d’Alain Corneau par Brian de Palma (Passion). Mais les plus satisfaisants sont sans doute Le secret magnifique et Mirage de la vie de Douglas Sirk, remakes très supérieurs aux originaux de John Stahl.

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16) Un que vous détestez ?

 

A peu près tous les remakes des grands classiques de l’horreur des années 70 (La colline à des yeux, Massacre à la tronçonneuse…), l’immonde Frankenstein de Branagh, et les « classiques » de la comédie française revus par Hollywood (Les visiteurs en Amérique, Trois hommes et un bébé, Two much, etc.)

 

17) Quelle est votre image ou séquence favorite parmi celles faisant allusion, au sein d’un film, à un autre film ?

 

Il doit y en avoir énormément mais peut-être ce moment poignant où Anna Karina pleure devant La passion de Jeanne d’Arc de Dreyer dans Vivre sa vie de Godard.

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18) Citez votre scène préférée parmi celles utilisant un miroir

 

L’inconvénient avec ce genre de questionnaire, c’est que les images ne reviennent pas immédiatement alors qu’on sait qu’il y en a des centaines ! Celle qui me vient néanmoins à l’esprit, c’est ce moment où Laura Harring, amnésique, voit dans un miroir l’affiche de Gilda (tiens, une autre belle utilisation d’affiche dans un film !) et décide de se nommer Rita. Nous sommes, bien entendu, dans Mulholland drive de David Lynch.

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19) Avez-vous le souvenir d'une apparition involontaire de l'équipe de tournage à l'image ?

 

Quelqu’un a déjà cité Sacré Graal de Gilliam et Jones mais c’est une apparition volontaire. Pour ma part, je me souviens de toute l’équipe de De Palma se reflétant dans la vitre d’une voiture dans Les incorruptibles. Récemment, j’ai repéré qu’on apercevait également la caméra dans une vitre au début des Demoiselles de Rochefort, quand un ample mouvement à la grue part de la place où se sont installés les forains et nous conduit à la chambre des sœurs jumelles…

 

20) Quelle est votre préférence parmi les actrices/acteurs ayant joué plusieurs rôles dans le même film ?

 

En vrac : Peter Sellers (Docteur Folamour), Kim Novak (Vertigo), Patricia Arquette (Lost Highway), Naomi Watts et Laura Harring (Mulholland Drive).

 

21) Quel est pour vous le meilleur interprète d’un personnage traité à plusieurs reprises dans l'histoire du cinéma ?

 

Je n’arrive pas à décider qui fut le meilleur interprète de Dracula : Bela Lugosi ou Christopher Lee ?

 

22) Parmi les cinéastes ayant fait l’acteur chez les autres, qui mérite d'être retenu ?

 

Welles et Von Stroheim, bien entendu. Mais aussi Chabrol chez Zucca (Alouette, je te plumerai). Mais que dire des acteurs qui devinrent réalisateurs par la suite (Gérard Blain, Charles Laughton, Clint Eastwood ?)

 

23) Quelle apparition d’un réalisateur dans son propre film vous semble la plus mémorable ?

 

Ma préférence va assurément aux grands corps burlesques de l’histoire du cinéma : Keaton, Chaplin, Woody Allen, Nanni Moretti et Joao César Monteiro. Oui, Jean de Dieu dans La comédie de Dieu et Les noces de Dieu est peut-être le personnage le plus mémorable incarné à l’écran par un acteur-réalisateur.

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24) Quel est à vos yeux le plus grand film sur le cinéma ?

 

Sans grande originalité, Le mépris de Godard et, de manière indirecte, Mulholland drive de Lynch.

Par Dr Orlof - Publié dans : Questionnaires et futilités
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Jeudi 28 octobre 2010 4 28 /10 /Oct /2010 22:39

Après un remarquable (et remarqué) questionnaire dédié à l'érotisme, notre cher voisin Ludovic propose de plancher sur un questionnaire un peu moins frivole mais néanmoins passionnant sur la question de "La mort au cinéma".

 

Voici mes réponses et n'hésitez pas à vous prêter au jeu...

 

1 - Quel est le plus beau meurtre cinématographique ?


Sans doute celui qui est parvenu à devenir le stéréotype même en la matière : le fameux meurtre sous la douche de Psychose d’Hitchcock qui a permis tant de jolies déclinaisons (la belle scène d’ouverture de Pulsions de De Palma, entre autres) 


 

 

2 - Quel est à vos yeux le cinéaste le plus morbide ?


 Gilling, Fisher, Corman, Fulci, Freda, Bava… Je ne parviens pas à choisir.


3 - Et le film le plus macabre ?


 Le chef-d’œuvre de John Gilling avec Peter Cushing : L’impasse aux violences. En revanche, si l’on prend le mot « macabre » dans un autre sens, je dirais que les deux films les plus traumatisants dans la manière qu’ils ont d’aborder la question de la mort sont Cris et chuchotements de Bergman et Salo de Pasolini.


4 - Quel est le personnage dont la mort à l'écran vous a le plus ému ?


 Peut-être le suicide de Mouchette dans le film de Bresson.


5 - Celle qui vous a le plus soulagé ?


 Celle de Bill dans Kill Bill (Tarantino) car ce qu’on pouvait imaginer comme le climax atroce du film s’avère finalement être la mort la plus « douce » du diptyque.


6 - Quel est votre zombi favori ?


Il me semble que la principale caractéristique des « zombies » est de ne pas se distinguer de la masse de leurs congénères. Je triche donc en écrivant que mes films de zombies préférés sont ceux qui constituent la grande saga de Romero (je n’ai pas vu le sixième).


7 - Pour quelle arme du crime, gardez-vous un faible ?


 Peut-être le rasoir qui fait des merveilles lorsqu’il s’agit de trancher un œil (Un chien andalou) ou de permettre au mari éconduit de s’égorger (Une chambre en ville). Il garde également une certaine tenue chez les petits maîtres du « giallo » italien.

 


 

 



 

Notons également, pour être un peu plus original, que la vache peut constituer un excellent projectile pour repousser l’ennemi (Monty Python sacré Graal).


8 - Quelle personnification de la mort vous a le plus marqué ?


La délicieuse infirmière du Ciel peut attendre de Lubitsch. Viva la muerte !


9 - Quelle séquence d'enterrement vous a semblé la moins convenue ?


 Je ne sais pas si c’est la moins convenue mais c’est la plus belle : celle de Mirage de la vie de Sirk (Ah ! le fameux gospel !)


 

 

10 - Quel est votre fantôme fétiche ?


 Rex Harrison dans L’aventure de Madame Muir. Je préfère évidemment Gene Tierney mais comme le film de Mankiewicz est le plus beau film de fantômes qui soit…


11 - Avez-vous déjà souhaité la mort d'un personnage ?


 Qui n’a pas souhaité la mort de l’affreux Liberty Valance dans le film de Ford ? Mais je me rends compte que ce genre de souhait m’arrive davantage dans la vie qu’au cinéma. Et que je n’ai malheureusement pas les « pouvoirs » d’Archibald de la Cruz…


12 - A l'approche de votre mort, si vous aviez le temps de mettre en ordre vos affaires, quel film souhaiteriez-vous avoir la possibilité de regarder une toute dernière fois ?


 Un film de Christophe Honoré pour me dire qu’il n’y a décidément rien à regretter ici-bas ? Plus sérieusement, peut-être Pierrot le fou pour entendre une dernière fois les mots de Rimbaud (« Elle est retrouvée. Quoi ? -L’éternité. C’est la mer allée avec le soleil. ») ou un film de Jacques Demy.


13 - Pour quel tueur en séries avez-vous de la fascination ou à défaut de l'indulgence ?


 Je copie mais j’ai également beaucoup de sympathie pour Monsieur Verdoux.


14 - Quel est votre vampire de chevet ?


 Malgré toute l’admiration que je porte aux Dracula incarnés par Bela Lugosi et Christopher Lee ; je choisis la divine Linda Romay dans La comtesse noire de Jess Franco.

15 - Quel film retenez-vous parmi tous ceux dont le titre (original ou traduit) évoque la  mort ?


 L’amour à mort d’Alain Resnais puisqu’il n’y a rien de plus beau que les histoires d’amour qui se terminent tragiquement (l’empire des sens, Pierrot le fou, Duel au soleil, les amants de la nuit…). Dans une version plus légère, j’aime également beaucoup le Love and death (Guerre et amour) de Woody Allen qui résume si bien toute l’œuvre du maître…


16 - Rédigez en quelques lignes la future notice nécrologique d'une personnalité du cinéma


 Je suis absolument nul pour les notices nécrologiques et je regrette de n’avoir pas le talent d’un Benjamin Péret lorsqu’il rédigeait des poèmes (Je ne mange pas de ce pain-là) à la « gloire » des morts célèbres. Par exemple, Aristide Briand :


« Enfin ce sperme mal bouilli jaillit du bordel maternel

un rameau d'olivier dans le cul

Terrine d'eaux grasses

coiffant le chou-fleur socialiste

qui se frottait les fesses

sur le drapeau français

en pétant

La France est le roi des animaux

le pays des capotes anglaises

Vive la France

et les chiens décorés

du sang des 1500000 morts

qui enrichirent des ventres ballonné

Voilà Monsieur Briand »

 

[…]

«  CHŒUR DES OUVRIERS TRAHIS 

Dommage qu'il soit mort trop tôt

Notre guillotine n'aurait jamais si bien fonctionné

Heureusement qu'il nous reste des banquiers des généraux des députés des évêques »


17 - Quelle représentation d'exécution capitale vous a semblé la plus marquante ?


 Celle de Marlène Dietrich dans X 27 de Sternberg (comment oublier ce moment où elle se mire dans le sabre de son bourreau pour se remettre du rouge à lèvres ?)


18 - Quel est votre cimetière préféré ?


 Les cimetières sont toujours très beaux chez Jean Rollin. Donc optons pour le film qui se déroule entièrement dans ce lieu : La rose de fer (d’après Tristan Corbière !).


19 - Possédez-vous un bien en rapport avec le cinéma que vous pourriez coucher sur votre testament ?


Pas vraiment même si j’aime beaucoup ma collection de DVD et  certains livres plus ou moins rares consacrés au cinéma (La science-fiction au cinéma de Bouyxou, Godin par Godin, les trois volumes de Ze craignos monsters de Putters, Les yeux de la momie de Manchette, un Bréviaire de cinéphilie dissidente dédicacé par l’auteur auquel je tiens beaucoup…)

Par Dr Orlof - Publié dans : Questionnaires et futilités
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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /Déc /2009 10:56
Le très beau questionnaire de Ludovic sur l'érotisme a suscité quelques réponses toujours passionnantes mais moins nombreuses que ce que nous aurions pu espérer.
Voilà pourquoi je suis très heureux (et très fier) aujourd'hui de vous donner les réponses de Jean-Pierre Bouyxou qui a bien voulu se prêter au jeu (je le remercie très chaleureusement).
Inutile de présenter Jean-Pierre Bouyxou à mes lecteurs réguliers qui savent parfaitement  qu'il est l'un des historiens du cinéma les plus passionnants (ceci dit sans fausse flagornerie!) dans la mesure où il a toujours manifesté une curiosité sans limite pour les continents les plus inconnus du cinéma (séries Z improbables, érotisme, cinéma expérimental; etc.). La science-fiction au cinéma (chez 10/18) est l'un de mes livres de chevet sur le septième art et je lis et relis sans arrêt les magnifiques articles que l'auteur a donné pour Une encyclopédie du nu au cinéma. Je pourrais également vous parler de Fascination pendant des heures, de l'admirable Aventure hippie mais je vous laisse découvrir pour l'heure ses réponses à ce fameux questionnaire, en espérant qu'elles susciteront un regain d'intérêt pour icelui...

1 - Quel est votre plus ancien souvenir d'émoi érotique ayant un lien avec le cinéma ?

 

Ça remonte à loin ! Mes parents, qui n’avaient trouvé personne pour me garder, m’avaient emmené avec eux voir Elle n’a dansé qu’un seul été, un mélo d’Arne Mattson qui faisait alors scandale. Ils savaient que ce n’était pas « un film pour les enfants », mais sans doute considéraient-ils que j’étais encore trop mioche (je devais avoir six ans) pour percevoir l’érotisme de celui-là. Ouiche ! J’en ai tout oublié depuis, je serais incapable de dire de quoi parlait le scénario, je ne me rappelle pas d’une seule séquence, mais je me souviens parfaitement que j’avais été tourneboulé jusqu’à l’os par les fugitives images de nudité féminine qu’on y apercevait.

Mais je pourrais aussi bien, un autre jour, citer un autre film : j’allais très souvent au cinoche quand j’étais gosse, et mes souvenirs de cette époque sont aussi entremêlés que nombreux.

 

 

2- Quels films (un par décennie depuis les années 20) représentent pour vous le summum de l'érotisme ?

 

Dure tâche ! Je vais être obligé de citer des titres presque au hasard, que je pourrais indéfiniment remplacer par d’autres en y réfléchissant un peu. Mais bon, allons-y sans trop gamberger !


* Années 20 : L’Aurore, de Murnau. Ou L’Inconnu, de Tod Browning. Ou Folies de femmes, de Stroheim. Ou La Femme et le pantin, de Jacques de Baroncelli. Ou un film avec Louise Brooks (Une fille dans chaque port, de Hawks, ou Loulou, de Pabst)…


* Années 30 : impossible de départager Dracula, de Tod Browning, King Kong, de Schoedsack et Cooper, Dr Jekyll and Mr Hyde, de Mamoulian, Tarzan et sa compagne, de Cedric Gibbons, et, disons, L’Impératrice rouge, de Sternberg. Plus, en joker, Il est charmant, de Louis Mercanton.


* Années 40 : Le Corbeau, de Clouzot. Ou Pattes blanches, de Grémillon.


* Années 50 : pourquoi pas Ah ! les belles bacchantes, de Jean Loubignac ? Ou alors J’avais sept filles, de Jean Boyer. Ou Le Sang du vampire, d’Henry Cass. Ou La Fille dans le filet, une production brésilienne dont le nom du réalisateur m’échappe (ne pas confondre avec La Red, d’Emilio Fernandez, qui, dans le genre, n’était d’ailleurs pas mal non plus). Ou L’Etrange Obsession, de Kon Ichikawa.


* Années 60 : un Benazeraf, au choix, ex æquo avec L’Horrible Dr Orloff, de Jess Franco (dans sa version française, dotée de plans additionnels tournés spécialement pour notre beau pays). Et, bien sûr, les trois titres-phares de l’érotisme horrifique anglais du tout début de la décennie : Les Maîtresses de Dracula, de Fisher, Peeping Tom, de Powell, et L’Impasse aux violences, de Gilling. Avec, en prime, quelques « nudies » incontournables : Faster, Pussycat ! Kill ! Kill !, de Russ Meyer, The Animal, de Robert Lee Frost, Mondo Keyhole, de John Lamb, Sinderella and the Golden Bra, de Loel Minardi. Ne pas oublier, non plus, le plus toqué des nanars allemands : Le Mort dans le filet, de Fritz Böttger. Ni un bon petit Rolf Thiele de derrière les fagots (j’hésite entre Lulu, Venusberg ou Wälsungenblut). Ni Quand l’embryon part braconner, de Wakamatsu. Ni un quelconque film italien de music-hall (mettons Sexy proibitissimo, de Marcello Martinelli). Ni L’Effroyable Secret du Dr Hichcock, de Riccardo Freda. Ni Embrasse-moi, idiot, de Billy Wilder. Ni, enfin, un des trois courts métrages psychédéliques d’Etienne O’Leary (peut-être Day Tripper, le premier chronologiquement, qui fut un choc pour moi).

* Années 70 : Ma femme est un violon, de Pasquale Festa Campanile. Ou Les Expériences érotiques de Frankenstein, de Jess Franco. Ou SuperVixens, de Russ Meyer. Ou L’Empire des sens, d’Oshima. Ou Behind the Green Door, des frères Mitchell. Ou Just Another Woman, de Toby Ross. Ou Les Désaxées, de Michel Lemoine. Ou Frustration, de Benazeraf. Ou Lèvres de sang, de Jean Rollin. Ou Pakeezah, de Kamal Amrohi. Ou… ou des dizaines d’autres. Ce fut une décennie tellement faste !


* Années 80 : plus dure a été la chute ! Là, aucun titre ne me vient spontanément à l’esprit. Ah, si : S.O.B., de Blake Edwards. Et Pandora’s Mirror, de Warren Evans. Et La Clef, de Tinto Brass.


* Années 90 : n’importe quel film sauf Eyes Wide Shut, de Kubrick. Tirons au sort et sortons de notre gibecière Curse of the Cat Woman, de John Leslie.


* Années 2000 : Baise-moi, de Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi, cité ici par défaut.

 

 

3 et 4- Quelle acteur/actrice a su vous montrer la plus belle chevelure ? Les plus beaux pieds ?

 

La chevelure : celle de Louise Brooks (mais il serait plus juste de parler de sa coiffure). Ou celle d’Yvette Mimieux quand, dans La Machine à explorer le temps, de George Pal, elle relève coquettement ses cheveux sur sa nuque pour demander à Rod Taylor si ce genre de coupe lui siérait.

Les pieds : après avoir hésité entre ceux de Miriam Hopkins dans le Jekyll/Hyde de Mamoulian et ceux d’une actrice dont j’ignore le nom dans Les Secrets derrière le mur, de Wakamatsu, j’opte pour ceux de l’interprète anonyme (Kiki de Montparnasse ?) d’un court métrage clandestin (et sans titre) de la fin des années 20 ou du début des années 30, non signé mais attribuable à Man Ray. On n’y voit pratiquement que les ripatons de ladite dame et la verge de son partenaire.

 

 

5- Si tout comme dans La Rose pourpre du Caire, un personnage devait sortir de l'écran et vous accompagner quelques jours avant de disparaître à jamais, qui serait-il ?

 

La jeune Carol Lynley d’El Perdido me tenterait assez.

 

 

6- Quelle est votre scène de pluie préférée ?

 

Celle de Et mourir de plaisir, de Vadim (eh oui !), où Elsa Martinelli et Annette Stroyberg, pour s’abriter d’une averse, se réfugient dans une serre où elles échangent un baiser. La musique de Jean Prodomidès contribue pour beaucoup à l’érotisme de la séquence.

 

 

7- Y a-t-il une musique de film qui saurait accompagner vos ébats amoureux ?

 

La BO de The Wall, par les Pink Floyd. Mais il est évident que ma compagne et moi cesserions de l’écouter, et même de l’entendre, au bout de quelques secondes d’ébats.

 

 

8- Avez-vous vu dans un film un vêtement que vous aimeriez porter ou offrir ?

 

Porter : la cape de Bela Lugosi dans Dracula, mais j’aurais probablement l’air con en me baladant avec ça sur le dos.

Offrir : la tenue arachnéenne d’Estella Blain dans Dans les griffes du maniaque, de Jess Franco.

 

 

9- Existe-t-il une actrice de films pornographiques que vous aimeriez voir dans un film d'un autre genre ?

 

Je verrais bien Zara White reprendre le rôle de Marguerite dans un remake de La Vache et le prisonnier.

 

 

10- Quelle est la scène (ou le film) ayant le mieux stimulé votre odorat ?

 

Chaque fois que je vois L’Ange bleu, de Sternberg, j’ai l’impression que le film est en odorama : on y renifle un parfum de petites culottes. Et le Nosferatu de Murnau, dans un registre tout différent, me paraît toujours sentir la moisissure, la putréfaction, la mort.

 

 

11- Si vous pouviez prolonger une séquence soudain interrompue, quelle porte fermée rouvririez-vous, quel rideau tiré écarteriez-vous ou quel panoramique s'esquivant vers le décor anodin, redresseriez-vous ?

 

Chaque fois qu’il y a une ellipse dans un film, j’ai envie de voir ce qu’on a décidé de me cacher. Mais, dans le fond, n’est-ce pas encore mieux de l’imaginer, de le fantasmer ?

 

 

12 et 13- Quelle actrice ou quel acteur a su vous montrer la plus belle poitrine ? Les plus belles dents ?

 

Même si je ne suis pas un inconditionnel de l’hypertrophie mammaire à la Russ Meyer, les lolos les plus émouvants de toute l’histoire du cinéma sont indubitablement ceux de Christina Lindberg, à la fois plantureux et mignards.

Les plus belles quenottes ? Celles d’Andree Melly dans Les Maîtresses de Dracula.

 

 

14- Vous êtes enfermé jusqu'au matin, avec le partenaire de jeu de votre choix, dans un musée berlinois qui a reconstitué des centaines de décors de films. Lequel choisissez-vous pour votre nuit ?

 

Plutôt qu’un partenaire, je préfèrerais une partenaire. Par exemple, Louise Willy dans le décor du Coucher de la mariée. Je suis persuadé que ce serait exquis…

 

 

15- Quel est pour vous le mot, la phrase ou le dialogue le plus empreint de sensualité ?

 

« Encule-moi », feulé d’une voix mourante par une actrice d’allure virginale, dont j’ai oublié le nom, dans un film X de la fin des années 70, dénué de tout intérêt par ailleurs, dont j’ai oublié le titre.

 

 

16- Quelle est votre scène de douche préférée ?

 

Est-ce bien au début de Red Dust, de Victor Fleming, que Jean Harlow prend une douche tout à fait affriolante ? J’ai la flemme de vérifier !

 

 

17- Existe-t-il une actrice que vous aimeriez-vous voir dans un film pornographique ?

 

Bardot à l’époque de ses débuts.

 

 

18- Quel film et/ou quel cinéaste vous paraît le moins érotique ?

 

Le Genou de Claire. Eric Rohmer.

 

 

19 et 20- Quelle actrice ou quel acteur a su vous montrer le plus beau ventre ? Les plus belles mains ?

 

Le ventre de Martine Beswick dans Prehistoric Women, de Michael Carreras.

Les mains de Kathleen Burke quand on découvre ses griffes de femme-panthère dans L’Ile du Dr Moreau, d’Erle C. Kenton.

 

 

21- Quelle est la scène (ou le film) ayant le mieux stimulé votre goût ?

 

Sophie Daumier servie sur un plateau, toute nue et parée de persil, aux gourmets d’Aimez-vous les femmes ?, de Jean Léon.

 

 

 22- Quelle est votre comédie musicale préférée ?

 

Sous un angle strictement érotique, la scène de Blonde Venus où Marlene Dietrich émerge d’une peau de gorille en chantant « Hot Voodoo ». Ou Prix de beauté, d’Augusto Genina, lorsque Louise Brooks meurt au-dessous de l’écran où elle interprète « Je n’ai qu’un amour, c’est toi » avec la voix d’Hélène Regelly. Mais ni Blonde Venus ni Prix de beauté ne sont des comédies musicales ; alors, s’il faut absolument en citer une vraie, ce sera Le congrès s’amuse, d’Erik Charrel, pour la délicieuse Lilian Harvey.

 

 

 23- En inversant le principe de La Rose pourpre du Caire, si vous pouviez pénétrer dans un film, lequel choisiriez-vous ?

 

Les Compagnons de la nouba, de William A. Seiter, pour faire la bringue chez les femmes de mauvaise vie avec Laurel et Hardy.

 

 

 24- Quelle est votre scène muette entre deux amants préférée ?

 

La longue orgie de Behind the Green Door. Et, s’il faut vraiment se limiter à deux personnages, l’étreinte d’Yvonne Monlaur et Michel Lemoine dans Le Concerto de la peur, de Benazeraf.

 

 

 25- Quel film vous a toujours semblé manquer d'une ou de plusieurs séquences érotiques ?

 

La Passion de Jeanne d’Arc, de Dreyer. Avec un peu de cul, ce serait peut-être un film moins mortellement chiant.

 

 

 26- Quel est pour vous le plus beau plan de femme ou d'homme endormi ?

 

Barbara Steele dans L’Effroyable Secret du Dr Hichcock, de Freda.

 

 

 27 et 28- Quelle actrice ou quel acteur a su vous montrer la plus belle nuque ? Le plus beau sexe ?

 

La nuque : Louise Brooks, encore elle.

La foufoune : Lina Romay, parce que Jess Franco nous fait partager la fascination qu’elle exerce sur lui.

 

 

 29- Vous prenez miraculeusement, au sein d'un film, la place d'un potentiel partenaire sexuel : lequel ?

 

J’adorerais être à la place d’Earle Foxe dans The Last Man on Earth, de John G. Blystone, où il est le dernier homme sur une Terre peuplée de femmes.

 

 

30- Quelle voix vous a le plus troublé au cinéma ?

 

Celle de Zarah Leander lorsqu’elle chante « Der Wind hat mir ein Lied erzählt » dans La Hanabera, de Detlef Sierck (Douglas Sirk).

 

 

 31- Y a-t-il un film classé X, dont vous aimeriez découvrir le remake sans aucune scène pornographique ?

 

Non.

 

 

 32- Quelle est votre scène de danse préférée (hors comédies musicales) ?

 

Le tango lesbien de Harlis, de Robert van Ackeren. Mais un autre tango est presque aussi godant : celui que guinchent Rita Cansino (future Rita Hayworth) et Gary Leon dans Dante’s Inferno, de Harry Lachman.

 

 

 33 et 34- Quelle actrice ou quel acteur a su vous montrer les plus belles fesses ? Le plus beau sourire ?

 

Les fesses : celles de Bardot dans La Femme et le pantin, de Duvivier (qui est pourtant un mauvais film).

Le sourire : celui – à peine esquissé - de Melissa Stribling dans Le Cauchemar de Dracula, de Fisher, quand elle dissimule à son mari que Dracula vient de la vampiriser.

 

 

 35- Existe-t-il un plan, une séquence ou un film qui aient réussi à vous émoustiller sans avoir à priori été conçus à cet effet ?

 

Je n’ai jamais compris pourquoi Les Chagrins de Satan, de Griffith, m’avait mis dans un fol état d’excitation la première fois que je l’ai vu : c’est, je crois, l’un des rares films qui m’ont fait physiquement bander. Lors des visions suivantes, il a continué de me troubler plus que de raison, mais sans me porter à pareil degré d’émoi.

 

 

36- Quelle actrice ou quel acteur aimeriez-vous voir grimé en l'autre sexe ?

 

Aucun, aucune, encore que Marlene Dietrich en smoking me semble tout à fait désirable. Mais si Jack Lemmon (Certains l’aiment chaud), Charlie Chaplin (Charlot joue Carmen) ou Lionel Barrymore (Les Poupées du diable) m’amusent ou m’époustouflent quand ils se vêtent en femme, ils ne me troublent pas.

 

 

37-Quel regard-caméra vous a le plus ému ?

 

A la fin de Monika, de Bergman. Mais je ne suis pas sûr que cela me remuerait de la même façon en revoyant le film aujourd’hui.

 

 

38- Quel réalisateur est selon vous le mieux parvenu à  filmer l'acte sexuel (hors films pornographiques) ?

 

Freddie Francis dans Dracula et les femmes (l’initiation vampirique de Veronica Carlson par Christopher Lee : elle est allongée sur son lit et tient une poupée de son enfance ; il se penche sur elle ; la caméra descend et cadre sa main qui lâche la poupée…).

 

 

39- Est-ce le même que celui que vous considérez comme le plus grand maître en érotisme ?

 

Non. Le champion toutes catégories, en matière d’érotisme, reste Sternberg.

 

Par Dr Orlof - Publié dans : Questionnaires et futilités
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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /Nov /2009 21:27

Le questionnaire qu’a concocté pour nous notre ami Ludovic sur l’érotisme est à la fois très stimulant et totalement inhibant. Comme le souligne justement AMG, ces questions ont des effets très pervers et donnent le sentiment d’avoir tout oublié en matière de titillements érotiques cinématographiés. Je suis certain que lorsque mes petits camarades vont commencer à publier leurs réponses, je vais me frapper la tête contre un mur en me disant « mais bon sang, pourquoi n’ai-je pas songé à ça » mais puisqu’il faut bien se lancer un jour, allons-y, allons-zo (par pitié, surtout pas Isabelle !)

 

1- Quel est votre plus ancien souvenir d'émoi érotique ayant un lien avec le cinéma ?

 

Sans doute Claudia Cardinale dans Cartouche (De Broca)

 

2- Quels films (un par décennie depuis les années 20) représentent pour vous le summum de l'érotisme ?

 

-années 20 : Loulou (Pabst)

-années 30 : L’âge d’or (Buñuel)

-années 40 : La féline (Tourneur)

-années 50 : Un été avec Monika (Bergman)

-années 60 : La nuit la plus longue (Bénazéraf)

-années 70 : L’empire des sens (Oshima) (mais c’est la décennie la plus difficile car il y en a beaucoup)

-années 80 : La clé (Brass)

-années 90 : l’amateur (Smolders)

-années 2000 : Mulholland drive (Lynch)

 

 3- Quelle acteur/actrice a su vous montrer la plus belle chevelure ? Les plus beaux pieds ?

 

Voilà la question typique qui va me faire pousser des cris du style « mais oui, bien sûr, pourquoi n’y ai-je pas pensé avant ! » en voyant les réponses de mes petits camarades. En attendant, pour la plus belle chevelure, j’opte pour celle de geai de Mariko Okada dans les films de Yoshida.

N’étant pas fétichiste du pied, j’essaie de me souvenir d’une scène où cette partie du corps serait érotisée. Je pense à l’âge d’or mais il s’agit d’une statue. Alors élisons la jeune Amanda Langlet dans Pauline à la plage (Rohmer), pour ce moment où Feodor Atkine cherche à la réveiller en lui baisant le pied…

 

 

 4- Si tout comme dans La Rose pourpre du Caire, un personnage devait sortir de l'écran et vous accompagner quelques jours avant de disparaître à jamais, qui serait-il ?

 

Un seul ! C’est trop injuste ! En présentant mes excuses à Audrey, Gene, Louise, Anna et tant d’autres, je ne rechignerais pas à passer quelques temps avec Ava Gardner (surtout si elle se présente à moi sous les traits de l’héroïne de Pandora)

 

 5- Quelle est votre scène de pluie préférée ?

 

Evidemment, aucune ne me revient précisément maintenant. Mais il me semble que les scènes de pluie chez Woody Allen sont toujours érotisées à l’extrême (Match point, Alice...). Je crois me souvenir qu’il y en a une très belle dans Annie Hall. Me trompé-je ?

 

 6- Y a-t-il une musique de film qui saurait accompagner vos ébats amoureux ?

 

Pourquoi seuls des airs tristes me viennent à l’esprit ? Le plus beau que je puisse associer au sentiment amoureux est celui-ci. Sad, isn’t it ?

 

 7- Avez-vous vu dans un film un vêtement que vous aimeriez porter ou offrir ?

 

Pour sortir du fantasme communément partagé par la gent masculine des bas/porte-jarretelles (Ah ! Nancy Allen dans Pulsions de De Palma !), j’offrirais volontiers le manteau de fourrure de Dominique Sanda dans Une chambre en ville à condition que la destinataire du cadeau le porte de la même manière que l’actrice dans le film…

 

8-  Existe-t-il une actrice de films pornographiques que vous aimeriez voir dans un film d'un autre genre ?

 

Estelle Desanges : je lui trouve une vraie classe.

 

9- Quelle est la scène (ou le film) ayant le mieux stimulé votre odorat ?

 

Les saveurs épicées de Jambon, jambon de Bigas Luna.

 

 

10- Si vous pouviez prolonger une séquence soudain interrompue, quelle porte fermée rouvririez-vous, quel rideau tiré écarteriez-vous ou quel panoramique s'esquivant vers le décor anodin, redresseriez-vous ?

 

Un petit travelling vertical sur le corps de Catherine Deneuve lorsqu’elle ouvre son manteau dans Tristana de Buñuel

 

11- Quelle actrice ou quel acteur a su vous montrer la plus belle poitrine ? Les plus belles dents ?

 

Pour la poitrine, j’opte pour la divine Christina Lindberg (même si j’écarte à regret celle de Pauline Lafont qui m’a tant marqué gamin). Les plus belles dents ???? hum, une femme comme Barbara Steele, peut-être…

 

 12- Vous êtes enfermé jusqu'au matin, avec le partenaire de jeu de votre choix, dans un musée berlinois qui a reconstitué des centaines de décors de films. Lequel choisissez-vous pour votre nuit ?

 

THE CASTLE OF ANTHRAX !!!! (avec les figurantes, bien entendu)

 

 13- Quel est pour vous le mot, la phrase ou le dialogue le plus empreint de sensualité ?

 

Le « Let’s fuck » susurré par Nicole Kidman à la fin d’Eyes wide shut.

 

14- Quelle est votre scène de douche préférée ?

 

Ca n’étonnera personne tant j’en ai parlé : la scène de douche qui ouvre Pulsions (Brian de Palma)

 

 15- Existe-t-il une actrice que vous aimeriez-vous voir dans un film pornographique ?

 

Beaucoup !

 

 16- Quel film et/ou quel cinéaste vous paraît le moins érotique ?

 

Adrian Lyne

 

 17- Quelle actrice ou quel acteur a su vous montrer le plus beau ventre ? Les plus belles mains ?

 

Ces questions sont atroces, laissant l’esprit vide alors que ce sont des centaines d’images qui devraient nous venir. Pour le ventre, je songe à celui de Myriem Roussel magnifié par Godard dans Je vous salue Marie.  Quant aux mains, je réalise à l’instant que c’est sans doute la partie du corps féminin à laquelle je prête le moins attention car je n’en ai pas la moindre idée (mais je soupçonne l’auteur du questionnaire de vouloir montrer à quel point cette partie du corps est davantage prisée par les femmes que par les hommes).

 

 18- Quelle est la scène (ou le film) ayant le mieux stimulé votre goût ?

 

Carole Laure plongée dans du chocolat dans Sweet movie (Makavejev)

 

 19- Quelle est votre comédie musicale préférée ?

 

Tous en scène (Minnelli) (Rhaa ! les jambes de Cyd Charisse !)

 

 20- En inversant le principe de La Rose pourpre du Caire, si vous pouviez pénétrer dans un film, lequel choisiriez-vous ?

 

Je partirais bien aux côtés d’Anna Karina sur les routes de France, comme dans Pierrot le fou

 

 21- Quelle est votre scène muette entre deux amants préférée ?

 

Il y en a tellement ! Chez Wong Kar Wai, Chaplin, Murnau, Demy et tant d’autres. Alors même si il est probable que j’en choisirais une autre dans une semaine, optons pour la scène où Jean Dasté plonge dans les eaux profondes pour aller chercher Dita Parlo dans L’atalante de Vigo.

 

 22- Quel film vous a toujours semblé manquer d'une ou de plusieurs séquences érotiques ?

 

Beaucoup et en même temps, je me demande si certains grands films « érotiques » (par exemple Belle de jour) ne tirent leurs potentiels érotiques de la suggestion. En revanche, comme beaucoup, j’aimerais énormément voir de « grands » cinéastes aborder de front la question de la représentation de la sexualité à l’écran.

 

 23- Quel est pour vous le plus beau plan de femme ou d'homme endormi ?

 

Plus qu’un plan, j’aime beaucoup la scène où Riton profite du sommeil de Carole Laure pour tenter de voir son corps dans Préparez vos mouchoirs de Blier.

 

 24- Quelle actrice ou quel acteur a su vous montrer la plus belle nuque ? Le plus beau sexe ?

 

Pardon pour le manque d’originalité mais peut-on imaginer plus belle nuque que celle de Kim Novak dans Vertigo d’Hitchcock ? Quant au sexe, sélectionnons celui qui a peut-être été filmé le plus impudiquement et le plus amoureusement : celui de Lina Romay dans les films de Jess Franco.

 

25- Vous prenez miraculeusement, au sein d'un film, la place d'un potentiel partenaire sexuel : lequel ?

 

Tony Leung dans 2046 de Wong Kar-Wai

 

26- Quelle voix vous a le plus troublé au cinéma ?

 

La voix métallique de Deborah Kara Unger dans Crash (Cronenberg)

 

27- Y a-t-il un film classé X, dont vous aimeriez découvrir le remake sans aucune scène pornographique ?

 

Je ne suis (malheureusement) pas un spécialiste du film X et comme c’est la manière de filmer le sexe qui fait l’intérêt des œuvres les plus réussies du genre (et jamais le « scénario »), je ne vois pas vraiment. Peut-être Baise-moi de Virginie Despentes dans la mesure où le film devient plus intéressant quand la réalisatrice oublie ses provocations épate-connards (les scènes « pornos » du film sont ignobles, comme ses scènes de violence) 

 

28- Quelle est votre scène de danse préférée (hors comédies musicales)

 

J’aime beaucoup celle de Juliette Binoche et Denis Lavant dans Les amants du pont-neuf de Carax.

 

29- Quelle actrice ou quel acteur a su vous montrer les plus belles fesses ? Le plus beau sourire ?

 

Comment résister aux fesses de Bardot dans Le mépris de Godard ? Quand au sourire, j’ai un gros faible pour celui d’Elsa Zilberstein.

 

30- Existe-t-il un plan, une séquence ou un film qui aient réussi à vous émoustiller sans avoir à priori été conçus à cet effet ?

 

Presque tous les films de Rohmer mais je me demande si, en réalité, toute son œuvre n’a pas été réalisée pour nous émoustiller.

 

 31- Quel réalisateur est selon vous le mieux parvenu à  filmer l'acte sexuel (hors films pornographiques) ? 

 

Catherine Breillat, en se concentrant surtout sur les visages…

 

32- Est-ce le même que celui que vous considérez comme le plus grand maître en érotisme ?

 

Non parce que Breillat est même le contraire d’une cinéaste érotique.

Des grands maîtres, il y en a pas mal (Franco, Borowczyk, Bénazéraf, Russ Meyer…) mais indépendamment de la qualité (très inégale) de ses films, j’élirais volontiers Tinto Brass dont toutes les séquences érotiques sont toujours empreintes d’une grande sensualité…

 

J'espère que cette modeste contribution va délier les plumes : n'hésitez pas à vous prêter au jeu...(je ne suis pas sûr qu'il vienne régulièrement par ici mais s'il passe, je serais vraiment très curieux de connaître les réponses de Jean-Pierre Bouyxou)

Par Dr Orlof - Publié dans : Questionnaires et futilités
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Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /Nov /2009 20:17

Me voilà très occupé par le flot de DVD que je reçois en ce moment. Je vous propose ce soir, avant de revenir à des plats plus consistants, un petit questionnaire que j’ai trouvé dans Libération (ça m’arrive de feuilleter cette horreur !) et qui m’a plutôt plu (les questions étaient, à l’origine, adressées à Soderberg).

 

  • Le film que vos parents vous ont empêché de voir ?

 

-La soupe aux choux (J.Girault) et Le père noël est une ordure (JM.Poiré).

Lorsque j’étais adolescent, ma mère a aussi « oublié » de m’enregistrer Possession de Zulawski mais je soupçonne mon père de lui avoir interdit de le faire…

 

  • Une scène fétiche ou qui vous hante ?

 

Difficile de faire un choix alors je vais opter pour celle dont je vous ai déjà parlé : la toute fin des Anges déchus de Wong Kar-Waï et son romantisme absolu.

 

  • Vous dirigez un remake : lequel ?

 

Les particules élémentaires. Je n’ai pas vu le film original mais le livre me correspond assez bien et vaut donc bien un remake.

 

  • Le film que vous avez le plus vu ?

 

Le père noël est une ordure (Jean-Marie Poiré)

 

  • Qui ou qu’est-ce qui vous fait rire ?

 

Tenons nous en au présent : Woody Allen et Noël Godin

 

  • Votre vie devient un biopic…

 

L’histoire du garçon qui voulait qu’on l’embrasse (Harel)

 

  • Le cinéaste absolu ?

 

Question intéressante car elle dépend vraiment des critères que l’on souhaite mettre en valeur : le classicisme (Ford, Hawks, Renoir…), l’innovation formelle (Welles, Hitchcock, Eisenstein…) ou la modernité (Resnais, Godard, Lynch…).

Du coup, je choisis Luis Buñuel parce qu’il est un peu tout ça à la fois et, suprême élégance, il ne le montre jamais…

 

  • Le film que vous êtes le seul à connaître ?

 

C’est bien prétentieux de prétendre être le seul à le connaître mais je suis assez content d’avoir pu découvrir (sur la télévision suisse romande) le très beau Les enfants jouent à la Russie de Godard.

Plus récemment, pourquoi ne pas citer non plus Nuages américains de Joseph Morder et la Promenade dans les lieux de mon enfance dijonnaise de Gérard Courant.

 

  • Une citation de dialogue que vous connaissez par cœur ?

Je commence à bien connaître le long monologue de Belmondo dans sa voiture au début d’A bout de souffle.

 

  • L’acteur que vous auriez aimé être ?

 

Marcello Mastroianni ou Tony Leung (je ne sais pas lequel des deux a tenu le plus de belles femmes dans ses bras)

 

  • Le dernier film que vous avez vu ? Avec qui ? C’était comment ?

 

L’âge de Cosme de Médicis de Roberto Rossellini. En DVD, seul à la maison et pour être honnête, c’était assez chiant !

 

  • Un livre que vous adorez, mais impossible à adapter ?

 

Lolita de Nabokov, dirais-je avec une pointe de provocation car j’aime beaucoup le film de Kubrick.

Les belles endormies de Kawabata (mais est-ce vraiment impossible à adapter ?)

 

  • Quelque chose que vous ne supportez pas dans un film ?

 

Qu’on me démontre les choses au lieu de me les montrer.

 

  • Le cinéma disparaît. Une épitaphe ?

 

« A reprendre depuis le début »

 

A vous de jouer maintenant…

 

Par Dr Orlof - Publié dans : Questionnaires et futilités
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