Questionnaires et futilités

Lundi 2 novembre 2009

Me voilà très occupé par le flot de DVD que je reçois en ce moment. Je vous propose ce soir, avant de revenir à des plats plus consistants, un petit questionnaire que j’ai trouvé dans Libération (ça m’arrive de feuilleter cette horreur !) et qui m’a plutôt plu (les questions étaient, à l’origine, adressées à Soderberg).

 

  • Le film que vos parents vous ont empêché de voir ?

 

-La soupe aux choux (J.Girault) et Le père noël est une ordure (JM.Poiré).

Lorsque j’étais adolescent, ma mère a aussi « oublié » de m’enregistrer Possession de Zulawski mais je soupçonne mon père de lui avoir interdit de le faire…

 

  • Une scène fétiche ou qui vous hante ?

 

Difficile de faire un choix alors je vais opter pour celle dont je vous ai déjà parlé : la toute fin des Anges déchus de Wong Kar-Waï et son romantisme absolu.

 

  • Vous dirigez un remake : lequel ?

 

Les particules élémentaires. Je n’ai pas vu le film original mais le livre me correspond assez bien et vaut donc bien un remake.

 

  • Le film que vous avez le plus vu ?

 

Le père noël est une ordure (Jean-Marie Poiré)

 

  • Qui ou qu’est-ce qui vous fait rire ?

 

Tenons nous en au présent : Woody Allen et Noël Godin

 

  • Votre vie devient un biopic…

 

L’histoire du garçon qui voulait qu’on l’embrasse (Harel)

 

  • Le cinéaste absolu ?

 

Question intéressante car elle dépend vraiment des critères que l’on souhaite mettre en valeur : le classicisme (Ford, Hawks, Renoir…), l’innovation formelle (Welles, Hitchcock, Eisenstein…) ou la modernité (Resnais, Godard, Lynch…).

Du coup, je choisis Luis Buñuel parce qu’il est un peu tout ça à la fois et, suprême élégance, il ne le montre jamais…

 

  • Le film que vous êtes le seul à connaître ?

 

C’est bien prétentieux de prétendre être le seul à le connaître mais je suis assez content d’avoir pu découvrir (sur la télévision suisse romande) le très beau Les enfants jouent à la Russie de Godard.

Plus récemment, pourquoi ne pas citer non plus Nuages américains de Joseph Morder et la Promenade dans les lieux de mon enfance dijonnaise de Gérard Courant.

 

  • Une citation de dialogue que vous connaissez par cœur ?

Je commence à bien connaître le long monologue de Belmondo dans sa voiture au début d’A bout de souffle.

 

  • L’acteur que vous auriez aimé être ?

 

Marcello Mastroianni ou Tony Leung (je ne sais pas lequel des deux a tenu le plus de belles femmes dans ses bras)

 

  • Le dernier film que vous avez vu ? Avec qui ? C’était comment ?

 

L’âge de Cosme de Médicis de Roberto Rossellini. En DVD, seul à la maison et pour être honnête, c’était assez chiant !

 

  • Un livre que vous adorez, mais impossible à adapter ?

 

Lolita de Nabokov, dirais-je avec une pointe de provocation car j’aime beaucoup le film de Kubrick.

Les belles endormies de Kawabata (mais est-ce vraiment impossible à adapter ?)

 

  • Quelque chose que vous ne supportez pas dans un film ?

 

Qu’on me démontre les choses au lieu de me les montrer.

 

  • Le cinéma disparaît. Une épitaphe ?

 

« A reprendre depuis le début »

 

A vous de jouer maintenant…

 

Par Dr Orlof
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Lundi 3 août 2009
Quoi de mieux pour nous sortir de la torpeur estivale qu'un petit questionnaire tout droit venu des Etats-Unis et que notre ami Vincent a bien voulu traduire?
Voici mes réponses : à vous de jouer...

1) Quel est votre second film favori de Stanley Kubrick ?

Difficile de hiérarchiser au sein d’une filmographie aussi magistrale. Choisissons Shining qui, d’une certaine manière, a tout pour être un parfait « outsider »…


2) Quelle est l'innovation la plus significative / importante / intéressante dans le cinéma de la dernière décade (pour le meilleur ou pour le pire) ?

Je ne suis pas certain de bien saisir la question mais ma réponse est la suivante : les récits en « rubans de Möbius » de David Lynch…


3) Bronco Billy (Clint Eastwood) ou Buffalo Bill Cody (Paul Newman)?

Pour ne pas passer pour anti-eastwoodien primaire : Bronco Billy


4) Meilleur film de 1949.

Allez coucher ailleurs de Howard Hawks


5) Joseph Tura (Jack Benny) ou Oscar Jaffe (John Barrymore)?

Jack Benny (Lubitsch for ever!!!). Mais je n’ai pas vu le film de Hawks...


6) Le style de mise en scène caméra au poing et cadre tremblé est-il devenu un cliché visuel ?

Pas mieux que Vincent : tout dépend de qui tient la caméra…


7) Quel est le premier film en langue étrangère que vous ayez vu ?

Bonne question à laquelle je suis bien incapable de répondre. Sans doute America, america de Kazan avec l’école : un de mes pires cauchemars…


8) Charlie Chan (Warner Oland) ou Mr. Moto (Peter Lorre)?

Peter Lorre, en souvenir de Fritz Lang (je ne connais pas les films évoqués).


9) Citez votre film traitant de la seconde guerre mondiale préféré (période 1950-1970).

Même s’il ne traite que d’un aspect de la seconde guerre mondiale et qu’il est difficile d’en parler comme d’un film « préféré » mais plutôt comme d’une œuvre indispensable, je dirais sans hésiter Nuit et brouillard d’Alain Resnais.


10) Citez votre animal préféré dans un film.

Hum… Le lapin tueur dans Monty python sacré graal…(I WARNED YOU ! )


11) Qui ou quelque en soit le fautif, citez un moment irresponsable dans le cinéma.

Vous ai-je déjà dis que je n’arrive toujours pas à digérer la petite robe rouge dans La liste de Schindler de Spielberg (voilà comment on récompense Vincent de bien vouloir traduire les questionnaires !)


12) Meilleur film de 1969.

Très grande année mais nous optons pour L’amour fou de Rivette.


13) Dernier film vu en salles, et en DVD ou Blu-ray.

En salle : Les vacances de M.Hulot de Jacques Tati. En DVD, Les anges déchus de Wong Kar-Waï (je me regarde la fin en boucle depuis une semaine sur You Tube)


14) Quel est votre second film favori de Robert Altman ?

« I think Robert Altman sucks ». Je ne suis pas loin de partager l’opinion de notre cousin américain Flickhead. Mais comme je suis renommé pour ma modération, je dirais qu’après mon film « préféré » du cinéaste Nashville (que je n’adore pas), le deuxième meilleur Altman (disons le deuxième « moins pire ») serait pour moi le brillant et agaçant Short cuts.


15) Quelle est votre source indépendante et favorite pour lire sur le cinéma, imprimé ou en ligne ?

Les blogs que je lie sont ceux que je lis…


16) Qui gagne ? Angela Mao ou Meiko Kaji ?

MEIKO KAJI  (Urami Bushi : une autre chanson que je me passe en boucle sur You Tube)


17) Mona Lisa Vito (Marisa Tomei) ou Olive Neal (Jennifer Tilly)?

Je ne me souvenais plus que Jennifer Tilly s’appelait ainsi dans le délicieux Coups de feu sur Broadway. Mais c’est évidemment elle que je choisis (Woody for ever !)


18) Citez votre film favori incluant une scène ou un décor de fête foraine.

Les demoiselles de Rochefort de Jacques Demy


19) Quel est à aujourd'hui la meilleure utilisation de la video haute-definition sur grand écran ?

L'anglaise et le duc (2001) d'Eric Rohmer. (copieur ! colleur !)


20) Citez votre film favori qui soit à la fois un film de genre et une déconstruction ou un hommage à ce même genre.

Peut-être Kill Bill de Tarantino.


21) Meilleur film de 1979.

Manhattan de Woody Allen


22) Quelle est la plus réaliste / Sincère description de la vie d'une petite ville dans un film ?

Le conformisme provincial fustigé dans Tout ce que le ciel permet de Douglas Sirk.


23) Citez la meilleure créature dans un film d'horreur (à l'exception de monstres géants).

Contentons nous de la dernière vue : l’être hybride que finit par former le savant Seth Brundle (Jeff Goldblum) et une mouche dans The fly de Cronenberg.


24) Quel est votre second film favori de Francis Ford Coppola ?

Très, très dur à dire : Conversation secrète, peut-être. Mais en y réfléchissant bien, c’est peut-être mon Coppola préféré…


25) Citez un film qui aurait pu engendrer une franchise dont vous auriez eu envie de voir les épisodes.

Mulholland drive de David Lynch (je ne suis pas certain de bien comprendre la question : j’ai l’esprit un peu brumeux ce soir)


26) Votre séquence favorite d'un film de Brian De Palma.

Difficile à dire car tous les films de De Palma contiennent de superbes morceaux de bravoure. J’aime beaucoup le final de l’impasse mais j’opte, souvenirs d’adolescence obligent, pour la scène de douche qui ouvre Pulsions.


27) Citez votre moment préféré en Technicolor.

La fin de Duel au soleil de King Vidor.


28) Votre film signé Alan Smithee préféré.

Je n’en ai vu qu’un, l’épouvantable Hellraiser IV, bloodline signé, en fait, par Kevin Yacher.


29) Crash Davis (Kevin Costner) ou Morris Buttermaker (Walter Matthau)?

Pas vu les films mais comme je n’aime pas Kevin Costner, choisissons Walter Matthau.


30) Quel film post-Crimes et délits de Woody Allen préférez vous ?

Harry dans tous ses états, Whatever works, Meurtre mystérieux à Manhattan… Ah, on avait dis un seul ?...


31) Meilleur film de 1999.

The hole de Tsai Ming-Liang)


32) Réplique préférée.

« You William Blake? Yes I am. Do  you know my poetry ? »


33) Western de série B préféré.

Je ne suis pas un spécialiste du western, et encore moins de série B. Alors optons pour un Bud Boetticher comme Le déserteur de Fort Alamo


34) Quel est selon vous l'auteur le mieux servi par l'adaptation de son oeuvre au cinéma?

Difficile à dire mais Flickhead n’a pas tort : avec des films comme Carrie, Shining, Christine, Stand by me et Misery, Stephen King n’a pas été si mal servi que ça au cinéma…


35) Susan Vance (Katharine Hepburn) ou Irene Bullock (Carole Lombard)?

Katharine Hepburn pour le film de Hawks, Carole Lombard pour le minois.


36) Quel est votre numéro musical préféré dans un film non musical ?

« Moi j’ai une toute p’tite ligne de chance… » (Pierrot le fou)

« In heaven, everything is fine… » (Eraserhead)


37) Bruno (Le personnage si vous n'avez pas vu le film, ou le film si vous l'avez vu) : une satire subversive ou un ou un stéréotype ?

Une daube, sans doute…


38) Citez cinq personnes du cinéma, mortes ou vivantes, que vous auriez aimé rencontrer.

Anna Karina, David Lynch, Woody Allen, Alain Resnais, Wong Kar-Wai…(Mais il y en a tellement d’autres, et pour des raisons si diverses…)  

Par Dr Orlof
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Samedi 4 avril 2009

Grâce soit rendue à l'ami Joachim qui me pousse à revenir un peu sur mon blog en proposant une jolie série de listes à la Nick Hornby. Je prends donc le relais en espérant que mes voisins suivront l'initiative...

 

5 films dont la deuxième vision est meilleure que la première, puis la troisième meilleure que la deuxième puis la quatrième meilleure que la troisième puis la cinquième...

 

Les savates du bon dieu (Brisseau), Dead man (Jarmusch), In the mood for love (Wong Kar-Wai), La véritable histoire d'Abe Sada (Tanaka), Les parapluies de Cherbourg (Demy)

 

5 films que j'ai dû voir trois, quatre, cinq, six fois et plus, mais je  n'aimerais pas trop que ça se sache : 


Tous sont liés à l'enfance et l'adolescence, forcément :


La vie est un long fleuve tranquille (Chatiliez), La moutarde me monte au nez (Zidi), Pour cent briques, t'as plus rien (Molinaro), Re-animator (Stuart Gordon), Trois hommes et un couffin (Serreau)


5 réussites incontestables (qui plus est, signées de grands cinéastes) mais qui ne me touchent pas trop :


L'avventura (Antonioni), Le voleur de bicyclette (De Sica), Ordet (Dreyer), Alexandre Nevski (Eisenstein), Rome, ville ouverte (Rossellini)


5 films qui m'ont laissé de mauvais souvenirs, mais vu le calibre de leurs auteurs, j'ose à peine le dire :


Lancelot du lac (Bresson), Satyricon (Fellini), India song (Duras), Le pas suspendu de la cigogne (Angelopoulos), Mean streets (Scorsese)


5 films réputés mineurs ou oublié, signés par des cinéastes reconnus, mais qui m'ont davantage impressionné que certains de leurs titres emblématiques : 


Mouchette (Bresson), Les gens de la pluie (Coppola), A scene at the sea (Kitano), Les idiots (Lars Von Trier), Monsieur Verdoux (Chaplin)


5 grands chocs cinématographiques malgré les conditions déplorables de leur découverte :

 Quatre nuits d'un rêveur (Bresson, en DVD « qualité » You tube), La grande bouffe (Ferreri sur un petit écran noir et blanc de 10 cm sur 10), Le mirage (Jean-Claude Guiguet, sur la télévision suisse romande : image de très mauvaise qualité, avec une « neige » perpétuelle), Le temps des gitans (Kusturica, en noir et blanc !), Kika (Almodovar, malgré deux abrutis discutant dans la salle pendant les 20 premières minutes du film avant de sortir)


5 films dont j'ai (ou aurais) eu une vision totalement différente selon la période de la vie à laquelle je les ai vus


Grands souvenirs d'enfance ou d'adolescence. Pas revus depuis. Craintes.

The breakfast club (John Hugues), The wall (Alan Parker), Diabolo menthe (Diane Kurys), L'effrontée (Claude Miller), Le cercle des poètes disparus (Peter Weir)


5 films dont j'ai dit à tout le monde que je les avais vus, alors que ce n'était que par fragments, parfois espacés de plusieurs années, au hasard des diffusions télé, de la disponibilité du magnétoscope ou du DVD :


Aucun titre puisque je suis un peu comme Woody Allen dans Annie Hall, je n'arrive pas à me dire que j'ai vu un film à partir du moment où j'ai loupé le générique (même en suédois !)


5 films que tout le monde aime, mais moi j'y arrive pas 

Hôtel du nord (Carné), Gran Torino (Eastwood), La traversée de Paris (Autant-Lara), Le guépard (Visconti), Les chansons d'amour (Honoré)


5 films où j'ai d'abord souffert / été déçu au début de la projection puis au bout d'un moment, whaoooaaaaah :

 

Ma liste ne correspond pas tout à fait à l'intitulé de Joachim car je ne considère aucun de ces cinq films comme des « chefs-d'œuvre ». J'ai plutôt cherché à mettre en valeur des films ayant tout pour me déplaire sur le papier et que j'ai apprécié et eu envie de défendre :


La fabrique des sentiments (Moutout), Irréversible (Noé), Moulin-rouge ! (Luhrmann), Tueurs nés (Stone), Funny games (Haneke)

 

5 films que je continue à défendre bien que signés de cinéastes qu'on adore détester 

 

Cours privé (Pierre Granier-Deferre), Chamanka (Zulawski), Mes meilleurs copains (Jean-Marie Poiré), Manderlay (Lars von Trier), La vie est un miracle (Kusturica)


5 films d'abord aimés puis ensuite rejetés :

 

Un seul correspond vraiment à l'intitulé c'est :

Dupont Lajoie (Yves Boisset),


Sinon, il faut citer deux films qui m'avaient dans un premier temps beaucoup marqué avant de me décevoir beaucoup en les revoyant :

Merci la vie (Blier), La lectrice (Deville)


Et deux films adorés autrefois et que je suis quasiment sûr de détester aujourd'hui :

Subway (Besson), Midnight express (Parker)


5 films d'abord incompris ou rejetés puis ensuite aimés voire adorés : 


Ceux rejetés parce que découverts en classe puis adorés ensuite :

Freaks (Browning), Le dictateur (Chaplin), Alice dans les villes (Wim Wenders).


Rejeté parce que trop symbolique d'une cinéphilie de « parents » (ou de grand-parents)

Psychose (Hitchcock)


Redécouvert à l'aune de l'œuvre des auteurs après une première vision où j'avais presque honte de rire

Dumb and dumber (Farrelly)


Bonus :


5 films dont je me souviens parce que j'étais galamment accompagné dans la salle :


Playtime (Jacques Tati, avec E.), Casino (Scorsese, avec F.), Tout le monde dit I love you (Woody Allen, avec R.), Le monde de Némo (A.Stanton avec C.), Les temps qui changent (Téchiné, avec C.)


5 cinéastes que je chéris plus que tous en ce moment (même si ce ne sont pas forcément mes « préférés »)


Douglas Sirk, Jacques Demy, Kiju Yoshida, Rainer Werner Fassbinder, Claude Chabrol


5 rencontres avec des cinéastes venus débattre de leurs films :


Jess Franco à la cinémathèque (La comtesse noire), Catherine Breillat (Parfait amour), Jean-Claude Brisseau (L'ange noir), Alain Cavalier (Libera me), Otar Ioselliani (La chasse aux papillons)

Par Dr Orlof
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Jeudi 7 août 2008


Finalement, les cinéphiles sont comme tous les vacanciers de France et de Navarre : pendant l’été, ils font des tests et répondent à des questionnaires. L’ami Joachim vient d’avoir la judicieuse idée d’adapter le « questionnaire portrait chinois » en un questionnaire « proustien » où il s’agit, encore une fois, moins de citer nos films préférés que ceux qui ont marqué notre jeunesse.

Allons-y et n’hésitez pas à vous prêter au jeu :

 

Un film : Assurément, le père noël est une ordure, vu des milliers de fois avec mes frères, sœurs et cousins, cousines. Certains étés, je pense que nous n’hésitions pas à le regarder une fois par jour à tel point que certains passages de notre vieille VHS étaient devenus illisibles.

 
Un réalisateur : A l’époque, les acteurs comptaient davantage que les réalisateurs. Il faudrait donc citer tous ceux qui ont fait tourner mes idoles d’enfance : Jean Girault, Edouard Molinaro, Claude Zidi, Gérard Oury (pour De Funès), Jean-Marie Poiré, Patrice Leconte (pour les films avec la bande du Splendid), Georges Lautner (pour les Belmondo)…

 
Un acteur : Michel Blanc (celui qui me faisait le plus rire dans la bande du Splendid)


Une actrice : Sandrine Bonnaire. J’ai découvert à 16, 17 ans A nos amours de Pialat et je suis tombé amoureux de l’actrice tout en me disant que le cinéma était peut-être autre chose que les comédies et films d’horreur dont je me goinfrais !

 
Une rencontre d’acteurs : Gérard Depardieu et Patrick Dewaere dans Les valseuses de Blier. Je découvre ce film en terminale et il devient, pour un ami et moi, un film culte. A tel point que je l’appelle alors Jean-Claude et qu’il m’appelle Pierrot. Ce surnom m’est resté chez mes plus vieux amis tandis que je suis le seul à persister à l’appeler Jean-Claude !


Un gag : Dans la chèvre de Francis Véber. Pierre Richard est dans la jungle et se fait enlever par un singe sous le regard éberlué de Depardieu. Mais au moment où le quadrumane s’enfuit avec sa victime, la liane cède. Stupeur de la bête qui dégage sous le regard compatissant de Depardieu tandis que Richard s’exclame « Il est con ce singe » ! J’ignore pourquoi ce gag nous faisait pleurer de rire mais nous le regardions image par image avec ma cousine ! 

Une révélation : Le plaisir qu’on peut prendre à une comédie dépend de l’environnement dans laquelle on la découvre. Je me souviens d’une soirée superbe où nous nous étions tous entassés à une quinzaine (encore une fois, avec mes cousins et cousines) devant un vieux poste de télé pour regarder La vie est un long fleuve tranquille
(Chatilliez). J’avais énormément ri au film que j’ai revu et trouvé absolument sinistre quelques temps après, par un morne après-midi chez mes grands-parents, alors que tout le monde était absent…

 
Souvenir cinéphilique qui pourrait figurer dans une chanson de Vincent Delerm (ou d’Aldebert) : Les yeux rougis de mes copines de seconde (Sandra, Emmanuelle…) à la sortie du Cercle des poètes disparus de Peter Weir. Je pense que c’est l’année suivante que Guilaine avait écrit au blanco sur sa trousse « Carpe diem »…

 
Une histoire d’amour : La plus lointaine dont je me souvienne est sans doute celle de Cartouche de Philippe de Broca. Tout gamin, j’étais tombé fou amoureux de Claudia Cardinale (déjà !) et je n’ai jamais pu admettre que Jean-Paul Belmondo (pourtant mon idole) lui préfère une noble blonde absolument fadasse !

 
Une bande son : Encore le père noël est une ordure puisque avec un frère que je ne citerai pas eu égard à sa célébrité, nous avions enregistré nos films fétiches sur cassette audio et nous nous les sommes écoutés durant un long voyage en voiture vers le Portugal. Je me souviens que nous avions également La chèvre et Les héros n’ont pas froid aux oreilles (Charles Nemes) 

 
Un baiser et une scène d’amour : Là, je me répète mais c’est sans doute Sailor et Lula de Lynch qui m’a le plus frappé. Déjà ce goût pour l’amour fou dès le lycée…

Une grossière erreur de jugement : Les rires sarcastiques avec lesquels nous accueillîmes Le cauchemar de Dracula de Terence Fisher. 

 
Une faute de goût impardonnable : mon grand-père avec une vidéothèque incroyablement fournie en classiques en tout genre (westerns de Ford, Hawks, comédies de Wilder, films d’aventures etc.) et quand nous allions chez lui en vacances, le film que nous regardions toujours avec mes cousines était… Trois hommes et un couffin (Serreau) !


Un gâchis : En 1988, Godard  et Chabrol sont venus à Dijon (pas en même temps !) présenter un de leurs  films. J’étais trop jeune alors pour m’intéresser à leur cinéma et il est fort probable que je n’aie plus jamais l’occasion de les rencontrer… (Cette même année, décidément faste, Vecchiali est venu également)


Un grand moment de honte : La mouche de Cronenberg est l’un des premiers films que j’ai du voir tout seul au cinéma. J’avais adoré le film mais j’ai encore en mémoire la remarque d’un type qui, en me voyant arriver dans la salle, a dit à son voisin « je croyais que le film était interdit au moins de 13 ans ». Je ne pouvais pas deviner à l’époque que c’est une bénédiction de faire plus jeune que son âge ! 

 
Une scène qui a éveillé ma libido : Beaucoup puisque le plaisir du cinéma a longtemps été pour moi un moyen de transgresser les interdits. S’il ne fallait citer qu’un film, ça serait sans doute L’été en pente douce et la merveilleuse poitrine de la très regrettée Pauline Lafont.

Réactions bizarres entendues dans une salle de cinéma :

1-     l’incroyable brouhaha dans lequel je vis Freddy 3 (C.Russell) juste après avoir passé mon brevet des collèges.

2-     Les deux types venus voir Kika d’Almodovar et qui ont discuté pendant 20 minutes avant de se lever et de sortir de la salle sans avoir regardé un seul instant le film.

3-     La sainte-nitouche effarouchée par les sexes masculins montrés dans Les milles et une nuits de Pasolini qui soupirait toute les deux minutes en disant à sa copine « on y va ! » mais qui est quand même restée toute la séance !

 

"Pire film vu de toute ma vie" :  J’en ai vu au cours de ma jeunesse mais je pense que celui que j’ai détesté le plus (et que je déteste toujours autant !) est bien Mad Max 3 de George Miller.


Un faiseur surestimé : Patrice Leconte (parce qu’il était bon comme faiseur quand il tournait pour Blanc ou le Splendid et qu’il est devenu épouvantablement mauvais lorsqu’il s’est pris pour un auteur).

 
Une œuvre sous-estimée : Pas vraiment sous-estimée mais je la considère comme un véritable petit chef-d’œuvre : le magnifique de Philippe de Broca.

 
Un décor : L’école si familière et pourtant si lointaine de The breakfast club (John Hugues)


Un somnifère : J’avais pris l’habitude, adolescent, de regarder les films programmés autour de minuit sur la Télévision Suisse Romande. J’y ai découvert énormément de classiques du cinéma fantastique et d’épouvante (de Poltergeist à la série des Damien en passant par Les griffes de la nuit et les Halloween). Une fois, j’ai regardé Deux filles au tapis de Robert Aldrich (avec Peter Falk) et c’est sans doute la seule fois de ma vie où je me suis endormi devant ma petite télé noir et blanc…Jamais revu le film depuis.

Un choc plastique : 2 films : The wall d’Alan Parker (comment ai-je pu être bluffé par ce gros clip boursouflé ?) et Trop belle pour toi de Blier, découvert en première avec un copain grâce à Mad Movies (eh, oui ! je me souviens très bien de la notule élogieuse de Putters) et qui m’avait donné pour la première fois l’impression de voir un film « philosophique » (sic !)

Et pour terminer, quelques souvenirs à la Perec :

 
Je me souviens que mon père nous a toujours défendu de regarder La soupe aux choux qu’il jugeait « vulgaire » alors que les derniers de mes frères en firent leur film culte.


Je me souviens avoir refusé de regarder La nuit du chasseur avec toute la famille pour découvrir, dans ma chambre, Tranches de vie de Leterrier (d’après Lauzier)

 
Je me souviens avoir été hébergé chez un copain pendant que mes parents étaient en voyage. Nous avions commencé à regarder le roi des cons de Claude Confortes avec Francis Perrin (toute une époque !) mais au bout de 20 minutes, son père a jugé le film « scabreux » et nous a envoyé nous coucher.


Je me souviens de la diffusion en prime-time de Joy sur feue La 5 de Berlusconi. Tous les internes du lycée (dont j’étais) avaient réservé leur soirée télé hebdomadaire pour cette diffusion. Après moult tergiversations, les surveillants nous avaient autorisé à le regarder. Je n’ai absolument plus aucun souvenir de ce film.


Je me souviens des films avec un carré blanc.

 
Je me souviens être tombé sur une scène très crue de masturbation féminine un soir sur la chaîne suisse allemande. J’étais persuadé alors de découvrir mon premier film porno (précisons que chez mes parents, nous ne recevions pas même en clair Canal +) alors qu’il s’agissait du beau film d’Alain Tanner Une flamme dans mon cœur.

 
Je me souviens avoir regardé sur Arte Jambon, jambon le soir de la finale de la coupe du monde de foot de 1998. (eh oui, aux sportifs velus, j’ai toujours préféré Pénélope Cruz !)

 
Je me souviens du premier film que j’ai vu tout seul en salle : Une créature de rêve de John Hugues tandis que mon cousin avait été voir de son côté Dream lover de Pakula.

 
Je me souviens de Grace de Capitani, de Christine Dejoux, de Thérèse Liotard, de Fanny Cottençon, d’Anne Jousset, de Corinne Charby (la petite Bens !) et de la merveilleuse Isabelle Pasco.

 
Je me souviens de Rue Barbare de Gilles Béhat, vu chez un copain du village.

 

Je me souviens que mon père avait empêché ma mère de m’enregistrer Possession de Zulawski.

 
Je me souviens de mon petit frère (qui ne devait pas avoir plus de 7, 8 ans) mangeant sans rechigner devant l’écran pendant que nous regardions à la télévision les exactions sanglantes de Ré-animator de Stuart Gordon.

 
Je me souviens de certains titres qui m’ont fait rêver en les découvrant dans Pariscope : la nuit porte-jarretelles, Ce plaisir qu’on dit charnel, Glissement progressif du plaisir


Je me souviens de Diabolo menthe (Diane Kurys), du Grand chemin (JL. Hubert)  et de l’argent de poche (Truffaut)

 
Bon, je m’arrête là pour cette fois ! A vous de jouer…

Par Dr Orlof
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Dimanche 27 juillet 2008

En attendant de revenir à un rythme de publication plus régulier (ce qui ne devrait pas tarder puisque je me suis acquitté de toutes mes tâches cinéphiles annexes), je vous propose ce petit questionnaire chipé chez ma camarade Dasola et que je trouve intéressant puisqu’il s’agit d’un autoportrait chinois : il s’agit donc moins de sélectionner les films préférés que de trouver ceux qui nous correspondent le plus. Dur !

Lançons-nous (et vous avec !)

 

Si j’étais…

 

Un film : Fenêtre sur cour d’Hitchcock (je ne sais pas si c’est une caractéristique de tous les cinéphiles mais j’ai l’impression d’être un éternel spectateur de la vie plutôt qu’un véritable acteur !)


Un réalisateur : Douglas Sirk 


Une histoire d'amour : L’aventure de Madame Muir de Mankiewicz (les plus belles histoires d’amour sont celles qui dépassent même la mort !)


Un sourire : Celui d’Hanna Schygulla

 

Un regard : Celui de Naomi Watts lorsqu’elle découvre Hollywood dans Mulholland drive. Puissions-nous toujours regarder le monde avec cet air émerveillé !


Un acteur : Jean-Pierre Mocky dans Solo (la révolte, l’individualisme, la rage…)

 

Une actrice : Juliet Berto (mon icône)

 

Un début : (et aussi un fantasme de jeunesse) la scène d’Angie Dickinson sous la douche dans Pulsions de De Palma.


Une fin : Sans doute celle de Vive l’amour de Tsai Ming-Liang

Un générique : Vertigo d’Hitchcock

 

Une scène clé : le moment où la balade de Fred Astaire et Cyd Charisse se transforme en pas de danse dans Tous en scène de Minnelli. La quintessence de l’harmonie entre un homme et une femme !

Une révélation : le cinéma de Debord


Un gag : Ce n’est pas vraiment un gag mais une maladresse que commet Emmanuel Mouret en ouvrant une porte d’un commerçant dans Changement d’adresse. Tout simplement parce que le jour où le cinéaste est venu présenter son film, j’ai commis exactement la même maladresse sur sa personne avec la porte des toilettes !

Un fou rire : Toutes les catastrophes provoquées par les frères Marx

Une mort : Celle de Don Ameche dans Le ciel peut attendre de Lubitsch : la mort idéale !

Une rencontre d'acteur : Maggie Cheung et Tony Leung dans In the mood for love

Un baiser : le baiser sous-marin de l’Atalante de Vigo (en fait, je ne suis même pas sûr qu’il s’agisse d’un baiser mais je le fantasme comme tel !)

Une scène d'amour: Toutes les scènes de l’empire des sens d’Oshima tant l’amour y est exalté contre la société et ses structures normatives.


Un plan séquence : le monologue de Françoise Lebrun dans La maman et la putain d’Eustache

Un plan tout court: les larmes d’Anna Karina dans Vivre sa vie de Godard.

 

Un choc plastique en couleurs :  Pierrot le fou de Godard

 

Un choc plastique en N&B :  Eros+massacre de Yoshida

Un choc tout court:  Sailor et Lula de Lynch (sans doute pas le meilleur film du cinéaste mais celui qui m’a fait véritablement un électrochoc lorsque je l’ai découvert lycéen)

 

Un artiste surestimé : Spielberg


Un traumatisme : Cris et chuchotements de Bergman


Un gâchis : José Bénazéraf


Une découverte récente : Le cinéma de Yoshida

Une bande son : celle de Dead man de Jarmusch


Un somnifère : le cinéma de Marguerite Duras ou le seigneur des anneaux.

 

Un monstre : l’horrible Docteur Orlof 

Un torrent de larmes : Mirage de la vie (Imitation of Life) de Douglas Sirk et tous les mélos de ce cinéaste.


Un frisson : Amityville de Rosenberg qui m’avait empêché de dormir lorsque je l’ai découvert enfant.

Un artiste sous-estimé : Marco Ferreri


Un rêve : Ceux de Gary Cooper dans Peter Ibbetson d’Hathaway d’après le sublime roman de George Du Maurier. Quels rêves peuvent être plus beaux que ceux qui permettent de retrouver sa bien-aimée dans le sommeil, malgré toutes les distances ?


Un fantasme : Avoir le même pouvoir que Mia Farrow dans La rose pourpre du Caire (et aller embrasser Gene Tierney ou Ava Gardner !)

Par Dr Orlof
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