Cinémarathon

Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 22:59

 Cinématon 1801-1831 (1996-1997) de Gérard Courant

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Patrick Besson Cinématon n°1803

 

Après deux étapes haletantes et riches en rebondissements, nous avons repris le cours normal de notre marathon. Pour être tout à fait franc, le chemin parcouru n'a pas été désagréable mais ne nous a pas tellement surpris. Maintenant que l'habitude commence à se faire sentir, les portraits découverts aujourd'hui peuvent presque paraître un brin routiniers, à l'image de cette série italienne que Gérard Courant réalisa au festival de Taormina à la fin de l'année 96.

 

De ce séjour, on retiendra quelques gracieux visages féminins baignant dans une belle lumière (par exemple, Branco de Camargo, n°1817), un journaliste qui a un faux air de Claude-Jean Philippe (Stefano Della Casa, n°1821) et, surtout, la présence de deux proches de Pasolini : le cinéaste Sergio Citti (n°1823) en premier lieu, arborant le même sourire radieux que Ninetto Davoli (n°1824), le comédien fétiche de l'auteur du Décameron et de Théorème, qui arrive ensuite.

 

Avant cela, nous aurons croisé le chemin de l'écrivain Patrick Besson (n°1803), sans doute la personnalité la plus connue de ce parcours. Affalé sur un canapé, la tête retenue par sa main, Besson semble s'ennuyer à mourir. Il faut attendre la fin de son portrait pour voir se dessiner timidement un sourire sur ses lèvres.

 

Je ne connais pas la comédienne Marine Martin (n°1801) mais son Cinématon baigne dans un clair-obscur envoûtant qui donne une véritable intensité au visage triste qu'elle affiche (elle finit avec les larmes aux yeux). Quant à Peter Berling (n°1802), son film marque ses retrouvailles avec le cinéaste puisque Courant l'avait filmé au festival de Cannes en 1987. Il arbore toujours une cigarette et pose, cette fois, derrière des branchages.

 

Claude Trinquesse (n°1805) est sans doute celui qui tente le dispositif le plus original du lot. Il pose de dos et l'on ne voit qu'un tout petit bout de sa chevelure. Discrètement relégué aux marges du cadre, le modèle permet au spectateur de voir un moniteur qui diffuse... les images du Cinématon en train de se faire. On apperçoit donc Gérard Courant en train de tourner tandis que Trinquesse apparaît de face (mais en plan général). Vers la fin du film, notre homme ne résiste cependant pas au plaisir de rejouer le jeu de Cinématon et de revenir dans le champ, en gros plan.

Moins originale, Joséphine Jaroshevich (n°1806) commence par allumer deux grosses bougies qui occupent une bonne partie du plan. Ensuite, elle s'assied et embrasse des individus qui apparaissent dans le champ.

 

Francis Schwartz (n°1810) et Mathilde Daudy (n°1812) jouent la carte de l'expressivité en s'agitant beaucoup, en ouvrant la bouche comme s'ils articulaient exagérément les mots ou chantaient et en roulant des yeux. On constate une fois de plus que la contrainte du film muet est un facteur très déstabilisant pour les personnes filmées qui cherchent à tout prix à occuper leur temps...

 

Mais le « toujours plus » n'est jamais un gage de réussite du Cinématon, même si ces deux là restent estimables...

Par Dr Orlof - Publié dans : Cinémarathon
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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 09:17

Cinématon 1771-1800 (1995-1996) de Gérard Courant

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Robert Hue Cinématon n°1776

 

Qu'on le veuille ou non, les Cinématons sont aussi un témoignage précieux sur leur époque. En découvrant cette série de portraits tournés à La Courneuve à l'occasion de la « fête de l'Huma » après la « série rouge », je me suis dit que Gérard Courant était parvenu à saisir quelque chose de cet « homo festivus » très lucidement décrit par Philippe Muray.

Ce dont témoignent ces films, à travers notamment l'arrogance « nouveau riche » d'un Karl Zéro ou les pathétiques exhibitions branchouilles d'un Royer ou d'un Séguret ; c'est de cette normalisation de la subversion, de cet anticonformisme domestiqué dont Canal + fut le fer de lance.

A La Courneuve, Courant accentue ce sentiment de se retrouver dans une période « post-historique » où la véritable critique a depuis longtemps déserté et où l'on croise un certain nombre de ceux passés sans vergogne « du col Mao au Rotary » pour citer le grand Guy Hocquenghem (à lire ici), convertis désormais au festivisme et aux revendications partielles (n'est-ce pas, Roland Castro?).

 

Dans le genre, ça commence très fort avec Jacques Gaillot (n°1771). Mes lecteurs de moins de 30 ans ne se souviennent sans doute pas de ce sinistre évêque médiatique qui s'illustra en prenant des positions relativement « progressistes » par rapport à l’Église (soutien aux homosexuels, éloge du préservatif, etc.). D'une certaine manière, Gaillot fut au catholicisme ce que Mélenchon est aujourd'hui au stalinisme orthodoxe : une version « light », « moderne » ; donnant aux vieilleries les plus décrépites un vernis respectable et séduisant d'un point de vue médiatique.

Dans le même genre, il faut citer Robert Hue (n°1776), avatar postmoderne du stalinisme version nain de jardin. Comme ses confrères politicards (Cf. Jack Lang), notre bonhomme est mal à l'aise dans la mesure où il ne bénéficie pas du son pour pouvoir mentir !

Mais n'est-ce pas en Didier Daenincks (n°1775) que se mesure le mieux la mort de cette Gauche reconvertie à une unique lubie : la lutte antifasciste et anti-Le Pen ? Que « DD la donneuse, cette ordure de stal mouchard et frustré » [Thierry Marignac] présente à la caméra de Courant toute sorte de papiers (permis de conduire, carte d'électeur, carte d'identité...) n'étonne pas du tout de la part de quelqu'un qui n'a cessé de jouer les inquisiteurs et de ranger les individus dans des cases. Si vous n'êtes pas encarté comme DD, vous êtes un nazi en puissance à éliminer !

Finalement, ce qui résume bien cette récupération de la contestation par le Spectacle, c'est peut-être ce t-shirt de Che Guevara qu'arbore Messaoud Hattou (n°1777) : la révolte est devenu une marchandise et un produit publicitaire !

 

Par chance, le cinéaste ne va pas filmer que des individus de cet acabit. Le cinéaste Jacques Maillot (n°1773), très souriant, paraît beaucoup plus sympathique. Et c'est avec un grand plaisir qu'on croise le chemin d'André S. Labarthe (n°1778). Le réalisateur s'est séparé de son chapeau mais parvient à dégager une présence assez puissante en ne faisant pourtant rien à part tirer sur sa cigarette. On songe, dans le même genre, au Cinématon de Godard.

 

La fin du séjour à La Courneuve se révèle un peu plus lassant dans la mesure où les modèles ne font rien et défilent sur un fond blanc-bleu pâle toujours identique. Tout au plus pouvons-nous citer le rougissement de l'architecte Jean-Michel Daquin (n°1784) et les sautes d'image qui rendent le portrait de Céline Narcel (n°1790) assez intéressant.

 

Sur sa lancée, Gérard Courant va nous offrir quelques très jolis Cinématons. Mon préféré, c'est sans aucun doute celui du cinéaste Jacques Richard (n°1791) (dont le dernier film n'est malheureusement pas sorti à Dijon). L'auteur de Rebelote pose devant la Cinémathèque et descend vers la porte d'entrée qui se situe plus bas (la caméra est placée en haut d'un escalier). Il remonte lesdits escaliers, sort du champ (laissant au spectateur le loisir de contempler une véritable « vue Lumière ») et réapparaît...derrière la porte d'entrée avec des bobines de pellicules à la main. Il répétera ce petit manège plusieurs fois, jouant avec bonheur sur l'échelle des plans (on passe du gros plan au plan d'ensemble) et la profondeur de champ...

 

Le Cinématon de l'écrivain Maryse Condé (n°1793) se révèle aussi très beau dans la mesure où l'image est totalement surexposée. Du coup, notre modèle disparaît parfois totalement dans un halo éclatant de blancheur. Le reste du temps, alors qu'elle consulte un livre sur la peinture, son visage est nimbé dans cette lumière qui lui donne un aspect aussi primitif (on se croirait chez Griffith) que fantomatique.

 

C'est désormais un classique mais il faut citer le cas de Jérôme Amimer (n°1794) qui dégaine sa caméra Super 8 et se livre, une fois de plus, à un duel filmé avec Gérard Courant.

Le dessinateur Trez (n°1796), quant à lui, paraît plus concentré et montre beaucoup d'application à dessiner... une main tenant un stylo-feutre.

 

Nous disions la dernière fois que les Cinématons érotiques étaient terminés. Cela n'empêche pas le sexe de revenir par une autre porte. Ainsi, le cinéaste et Morlock Guy Pezzetta (n°1797) frise la crise d'apoplexie en feuilletant une revue porno qu'il présente parfois à la caméra. Après vérification, cela ne nous a pas vraiment étonné puisque Pezzetta fut assistant réalisateur sur de nombreux films X (la plupart signés James H Lewis alias Gilbert Roussel ou Jean Desvilles alias Georges Fleury) et qu'il assista également... Jess Franco sur son polar sexy Kiss me killer (une production Eurociné qui nous aimerions beaucoup découvrir!).

 

Enthousiaste, le comédien Jacques Penot (n°1798) montre divers d'objets à l'écran : un globe terrestre, de vieux albums photos, une plaque de rue etc. A l'inverse, Laure Adler (n°1799) impose une présence marmoréenne et elle ne consent à bouger que pour boire son café. La très légère contre-plongée accentue son allure glaciale.

Pour terminer, la chorégraphe Bianca Li (n°1800) commence par se barbouiller la figure en passant ses mains sur son maquillage. Puis elle enlève ses faux cils, sa perruque et se « recoiffe » frénétiquement.

C'est sur ce portrait agité que se termine l'étape du jour.

To be continued...

Par Dr Orlof - Publié dans : Cinémarathon
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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 11:52

Cinématon 1741-1770 (1995) de Gérard Courant

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Sandrine Bonnaire Cinématon n°1742

 

Même si à ce stade de mon parcours il paraît encore un peu prématuré de tirer des conclusions sur Cinématon l’œuvre complète, il me semble néanmoins que les années 80 constituèrent une sorte d' « heure de gloire » du film. C'est avant le numéro 1000 que se trouvent les portraits les plus célèbres et la plus importante densité de « personnalités ». Pourtant, il faut se défier de tout jugement définitif. Primo, parce que les portraits de « stars » ne sont pas systématiquement les plus beaux. Secundo, parce que la série que j'ai découverte hier fut sans doute l'une des plus intenses depuis ce fameux cap du numéro 1000.

 

S'il fallait choisir un Cinématon emblématique du film, on opterait sans aucun doute pour celui de Sandrine Bonnaire (assurément le plus célèbre avec celui de Godard). Si tout le monde a encore en mémoire les traits souriants et juvéniles de l'actrice en 1982, on oublie trop souvent que Gérard Courant l'a filmée à nouveau treize ans plus tard (n°1742). Et ce qu'il y a d'étonnant, c'est la similitude des deux portraits. L'actrice paraît dans un premier temps plus mature et pose de façon plus « professionnelle ». Mais ce masque sobre se craquelle rapidement lorsqu'elle nous offre son merveilleux sourire. On retrouve alors l'adolescente de 15 ans et ce deuxième portrait s'avère (presque) aussi frais que le premier.

 

Face à une telle présence, on en oublierait presque le beau portrait du cinéaste Bernard Queysanne (n°1743), surtout connu par les cinéphiles pour avoir coréalisé l'homme qui dort en compagnie de Georges Perec. Avec sa grande barbe blanche, il apparaît ici comme un patriarche serein. De la même manière, elle effacerait presque des mémoires le pourtant très amusant portrait de la cinéaste tchèque Jana Bokova (n°1745), auteur de nombreux documentaires. Si ce film est assez amusant, c'est que l'on voit souvent Gérard Courant entrer dans le cadre (ce qui est assez rare) pour lui servir du champagne et l'embrasser.

 

Après ces débuts fracassants, nous arrivons à ce que j'appelle la fameuse « série rouge » du cinéaste. Toujours à l'aide de son complice Alain Burosse, il participe en cette chaude soirée du 22 juin 1995 à une « nuit » organisée par la chaîne Canal+ au Bataclan. Burosse a aménagé un studio à l'écart pour que Courant puisse tourner ses Cinématons. Réalisés sur un fond rouge (sauf un), aucun ne sera banal.

 

On commence avec l'actrice de films pornos Elodie (n°1746) (aka Elodie Chérie) qui entame un strip-tease devant la caméra. En trois minutes et des poussières, elle parviendra à exhiber sa plantureuse poitrine mais le clap de fin tombera avant qu'elle ait pu défaire sa ceinture. Si ce film est intéressant, c'est qu'il s'agit, sauf erreur, du dernier Cinématon « érotique » à ce jour.

Deux hypothèses me sont venues à l'esprit pour expliquer cette soudaine désaffection pour le « genre ».

D'abord parce qu'en 1995, la vidéo a pris son envol et s'est considérablement démocratisée. Il est donc beaucoup plus facile de se filmer sous toutes les coutures (Cf. le succès qu'allait bientôt emporter le « porno amateur ») et on peut supposer que les individus, plus soucieux de leur image, ne sont désormais plus prêts à l'offrir gracieusement au cinéaste (il est d'ailleurs symptomatique que la dernière à montrer son corps soit une fille habituellement payée pour ça!). Ensuite, et toujours dans le même ordre d'idée, va se poser le problème de la diffusion et de la visibilité. Lorsque Cinématon était une œuvre marginale, parfois projetée dans quelques festivals spécialisés, cela ne prêtait pas à conséquence d'exhiber son corps. Avec la domestication des images et, a fortiori aujourd'hui, la possibilité de tout diffuser tout de suite via Internet ; il paraît logique de voir les modèles de Courant réfléchir davantage aux implications de leur portrait. C'est pour cette raison que je reste persuadé qu'il n'y aura plus jamais (à l'exception éventuelle de « professionnels » dans le genre) de Cinématon érotique...

 

Au cours de cette « série rouge », nous allons pouvoir découvrir pas moins de quatre jeunes cinéastes qui finiront par se faire un nom dans le paysage du 7ème art français. Le plus fameux, c'est bien évidemment Gaspar Noé (n°1749) qui semble profiter de son film pour se détendre et afficher un visage parfaitement serein (sourire radieux, bras écartés et mains derrière la tête). Quelques minutes de douceur dans un monde de brutes !

Juste après, c'est au tour de Lucile Hadzihalilovic (n°1750) de passer devant la caméra de Courant. L'auteur de La bouche de Jean-Pierre et d'Innocence joue également la carte de la sobriété, affichant de temps en temps un immense sourire.

 

Je crois l'avoir déjà dit mais un Cinématon est parfois très révélateur de ce que peut-être (ou pas) un grand cinéaste. Ceux qui maîtrisent parfaitement leur art savent très bien qu'il est inutile d'en faire trop et que la sobriété est souvent beaucoup plus payante. Si l'on mesure le talent des réalisateurs à cette aune, on comprendra alors pourquoi Jan Kounen (n°1751) est un très mauvais cinéaste. Son Cinématon est à l'image de son œuvre : tapageur et épileptique. L'auteur de Dobermann (l'un des plus mauvais films jamais tournés en France) et de 99 francs ne tient pas en place : il grimace, montre sa chaussure, s'agite, se lève et s'approche de la caméra (l'écran devient noir), remue les doigts devant l'objectif... Bref, c'est épuisant. Notons par ailleurs que Kounen est le seul de la série à n'avoir pas été filmé sur fond rouge. On imagine que cela l'aurait encore plus excité !

 

Enfin, le dernier cinéaste à apparaître est Nicolas Boukhrief (n°1754) qui commence par enlever son pantalon et son t-shirt avant de débuter un long monologue (que nous n'entendrons pas, bien entendu, puisque le film est muet) devant la caméra. On sait que l'auteur de Va mourire et Cortex fut critique à Starfix avant de débuter à la réalisation. La transition est donc toute trouvée pour évoquer les portraits des deux critiques embarqués dans cette « série rouge ».

Le premier est Michel Marie (n°1752) qui reste impassible en se contentant de tirer sur sa cigarette. En revanche, Olivier Séguret (n°1756), filmé en toute fin de soirée (il ne devait pas être loin de 4h du matin) semble totalement cuit et imbibé d'alcool.

Si les cigarettes et l'alcool demeurent des classiques dans Cinématon, Michel Royer (n°1755) innove en se confectionnant un gros pétard sur lequel il finira par tirer.

 

Royer, c'est un peu le pur produit de ces « années Canal ». On retrouvera d'ailleurs deux autres représentants de cet esprit avec les portraits d'Agnès Michaux (n°1747), écrivain et alors chroniqueuse à Nulle part ailleurs, qui se gratte convulsivement ; et celui de Karl Zéro (n°1748) qui fait un peu parvenu avec ses lunettes de soleil et sa cigarette au bec.

 

Enfin, il ne faut pas oublier dans cette série la comédienne Florence Thomassin (n°1753) qui semble crever de chaud et qui affiche de nombreuses émotions sur son visage délicat : d'abord une sorte de béatitude, suivie d'une certaine crainte avant d'arborer un sourire amusé. Le résultat est très beau.


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Gaspar Noé Cinématon n°1749

 

Après un tel enchaînement, difficile de rebondir et on trouvera presque banal le « duel » filmé auquel se livre le cameraman Laurent Fabioux (n°1757) avec Gérard Courant.

 

Et pourtant, le cinéaste va à nouveau nous offrir une belle série en se rendant en septembre à la Fête de l'Humanité à La Courneuve. Mais afin de garder quelques cartouches pour la prochaine fois, je vous épargne aujourd'hui les réflexions qui me sont venues après ces deux séries, d'autant plus que la seconde se poursuivra lors de notre prochaine étape. Tout au plus puis-je vous signaler que nous avons croisé l'architecte passé sans vergogne du maoïsme au mitterrandisme Roland Castro (n°1764) (il a un vague air du « vieux » Belmondo, trop bronzé pour être honnête!) et le philosophe marxiste Jean-Paul Dollé (n°1765) qui en fait des tonnes en passant ses mains boudinées sur son visage et sa longue chevelure blanche.

 

Mais comme je sais ménager le suspense avec un art qui vous laissera, je n'en doute pas, pantois ; je vous donne rendez-vous pour le prochaine étape où Cinématon nous permettra de lancer quelques réflexions sur l'époque et de nous faire quelques ennemis...

Par Dr Orlof - Publié dans : Cinémarathon
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Mercredi 4 avril 2012 3 04 /04 /Avr /2012 19:43

Cinématon 1711-1740 (1994-1995) de Gérard Courant

bassan.jpg Raphaël Bassan Cinématon n°1736

 

Nous avions laissé Gérard Courant s'enliser sur le « front russe » (entre parenthèses, je vous conseille de vous précipiter sur l'hilarant roman de Jean-Claude Lalumière portant ce titre) et nous le retrouvons en fâcheuse posture même si ce séjour se termine de jolie manière grâce à Tatiyana Moguikevskaya (n°1713) qui semble d'abord se demander ce qu'elle fait là avant de piquer un fou-rire assez communicatif. Le portrait est très frais d'autant plus que cette « responsable d'un lieu culturel » ressemble un peu à Camille de Casabianca.

Sans aller jusqu'à parler de Bérézina, le cinéaste se trouve néanmoins obligé à un repli stratégique et prend position en Ukraine (à Kiev, plus exactement) pour tourner une vingtaine de portraits.

Là encore, le résultat n'est pas toujours très emballant dans la mesure où les modèles filmés ne sont pas très expressifs (la palme revenant à ce cinéaste lituanien Algimantas Maceina -n°1733- qui, avec son crâne rasé et sa boucle d'oreille, ressemble à un croisement entre « Monsieur Propre » et un videur de boîte de nuit peu commode. Devant la caméra de Courant, il se contente de boire une bière à la bouteille, ce qui provoque à un moment un renvoi pas forcément très cinégénique!).

Sur le chemin, nous croiserons un organisateur de festival de cinéma chevelu (Alexis Perchko, n°1718, qui présente à l'écran un ouvrage consacré à Courant en ukrainien), un autre organisateur au sourire radieux, ravi de poser devant le visage de Catherine Deneuve (Alexandre Chiliouk, n°1719), un patriarche grec à l'air austère (Stavros Chassapis, n°1724), une dessinatrice adepte de la grimace (Natacha Chevtchenko, n°1726) et une autre Natacha (Karpenko, n°1727), étudiante en art très photogénique qui se tire les traits du visage.

 

De retour en France, Gérard Courant se reprend et va filmer deux complices habituels, tout deux critiques de cinéma. Le premier est une vieille connaissance, l'excellent Raphaël Bassan (n°1736), que le cinéaste avait déjà filmé 16 ans auparavant (c'était le Cinématon n°41). Comme Dominique Païni, il choisit pour son deuxième portrait de se faire filmer avec son premier essai en arrière-plan (qui défile ici sur un écran de télévision). Cette mise en abyme permet de mesurer une fois de plus une certaine idée du temps qui passe (et qui, pour le coup, n'a pas été trop cruel pour Bassan) et de montrer le considérable intérêt « archivistique » de Cinématon.

 

Autant les liens amicaux unissant Gérard Courant et Raphaël Bassan peuvent paraître évidents (le critique est un spécialiste du cinéma expérimental et fonda le toujours très actif « Collectif jeune cinéma »), autant ceux qui rapprochent le cinéaste d'Alain Riou (n°1734) peuvent sembler plus surprenants. En effet, le critique du Nouvel Observateur, bien connu des auditeurs du Masque et la Plume, n'a jamais témoigné d'un goût prononcé pour l'avant-garde cinématographique. En revanche, il défendit courageusement Cœur bleu dans les colonnes du Matin de Paris et on a pu le voir en acteur occasionnel dans certains longs-métrages de Courant (Chambéry-Les Arcs, Le journal de Joseph M).

Riou se livre ici à un exercice déjà-vu : le « Cinématon rasoir » où il profite de son temps devant la caméra pour se rafraîchir le visage. Plus rapide cependant que ses confrères, il parvient en un peu plus de trois minutes à se raser, se brosser les dents, se couper les poils du nez, enlever son peignoir pour arborer un smoking et un nœud papillon du plus bel effet. Le résultat est vif et plutôt sympathique.

Un autre complice de l'auteur fait son apparition dans Cinématon. Il s'agit du cinéaste Rémi Lange (n°1735) qui, grâce lui soit rendue, permet aujourd'hui la réédition d'un certain nombre de films de Courant en DVD chez L'Harmattan. Pas encore aguerri par le passage au long-métrage (Omelette, Les yeux brouillés...), l'apprenti-réalisateur se livre à un classique « duel » en dégainant, lui aussi, une caméra Super 8 pour filmer son « filmeur ».

Après avoir vu la comédienne Juliette Bergson (n°1737) se heurter à une porte qui finit par s'ouvrir à la fin du film; nous avons terminé par le portrait de Gérard Lauzier (n°1740). Pour être tout à fait franc, le film n'a pas grand intérêt mais je crois que c'était la première fois que je voyais le visage du dessinateur/cinéaste.

Une curiosité, donc...

Par Dr Orlof - Publié dans : Cinémarathon
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Mardi 13 mars 2012 2 13 /03 /Mars /2012 18:53

Cinématon 1681-1710 (1994) de Gérard Courant

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Natalia V. Orlova Cinématon n°1708

 

Décidément, on pourra dire que 1994 aura été l'année « russe » de Gérard Courant. Après la longue série de comédiens/comédiennes dont j'ai déjà parlé, le cinéaste a séjourné une quinzaine de jours à Moscou et rapporté dans sa musette un certain nombre de portraits.

Avant cela, il a poussé le vice jusqu'à filmer, à Paris, une employée de banque ukrainienne (la très photogénique Irina Sakhaltoueva n°1681), une cinéaste et productrice russe (Lydmila N. Pasechnikova n°1682) et une enseignante de même nationalité (Nadejda Ribaric, n°1683).

 

Même si je risque de faire augmenter dangereusement le nombre des destinations où je vais devenir indésirable (après Poitiers et la Grèce), je dois avouer humblement que ces personnalités russes diverses (peintre, sculpteur, graveur sur verre, photographe, cinéaste, etc.) ne sont pas d'une folle expressivité et que cette série de portraits s'est avérée assez fastidieuse. A un point tel que je me demande si le Cinématon du lot le plus riche en « action » n'a pas été celui de Ksenia Shimanovskaya (n°1688) qui... se fait une natte !

 

On peut, à la rigueur, également citer le photographe et dramaturge Victor Novatzkiy (n°1687) qui présente à la caméra quelques exemples de photos (très peu mais quand même) et la critique et historienne du cinéma Néïa Zorkaïa (n°1690), petite dame âgée qui a l'air ravi de pouvoir faire un peu de ménage dans son portefeuille et de présenter à la caméra billets et pièces de monnaie.

 

Pour le reste, avouons que nous nous sommes un peu ennuyé et qu'à part quelques vues partiales et un peu floues de Moscou en arrière-plan (lorsqu'il ne s'agit pas de murs en briques!), ces portraits ne nous ont pas laissé un souvenir impérissable.

 

Alors je vous laisse sur l'image d'une jolie journaliste souriante (Natalia V. Orlova, n°1708) et je vous donne rendez-vous prochainement pour la suite (et fin) de ce séjour en Russie...

Par Dr Orlof - Publié dans : Cinémarathon
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