L'année 2025 aura été une année noire pour mes amours cinéphiles. Ce sont d'abord deux cinéastes essentiels dans ma vie qui ont disparu en début d'année. D'abord David Lynch, qui m'accompagne depuis mon adolescence et dont la découverte sur grand écran de Sailor et Lula (et conjointement, en VHS, de Blue Velvet) fut un choc. Il était sans doute mon réalisateur préféré en activité jusqu'à maintenant. C'est ensuite Bertrand Blier, à qui j'ai consacré un essai et dont les films (Trop belle pour toi et Merci la vie en premier lieu) produisirent également le même type d'électrochocs qui allaient me faire entrer en cinéphilie. Je ne pouvais imaginer pire jusqu'au mois de septembre où disparut celui qui devint, la petite vingtaine passée, mon historien du cinéma et critique préféré, j'ai nommé Jean-Pierre Bouyxou. Mais indépendamment de cette admiration de jeune cinéphile, j'eus la chance de rencontrer Jean-Pierre (notamment autour de mon projet de livre dédié aux collections du Bébé noir et de la Brigandine) et il me fit l'honneur de devenir mon ami. N'ayant aucune confiance en la pérennité des écrits échangés par voie numérique, je suis en train de consigner tous les messages qu'il m'a adressé depuis plus de quinze ans et je réalise à quel point il a toujours été présent, d'une générosité inouïe, n'hésitant pas à relire mes textes, à me donner des conseils, à m'offrir des livres et des documents précieux. Pour une prochaine livraison de la revue Zoom arrière, j'ai rédigé des contributions autour de Jean Boyer et Léo Joannon. Jean-Pierre adorait le premier cité et j'aurais rêvé de pouvoir lui envoyer mes textes, certain qu'il m'aurait raconté mille petites anecdotes et précisions qui me manqueront désormais cruellement. Me manqueront aussi ses rétrospectives annuelles que l'ami Charles Tatum publiait sur son blog. Sa disparition est donc celle qui m'a le plus affecté mais, comme le veut l'adage, la vie continue et je suis encore allé en salles cette année, profitant notamment de deux magnifiques festivals (Gindou et Marcigny) pour faire des cures de films auxquelles il faut ajouter celle du week-end passé au Festival Lumière de Lyon.

Le niveau de cette année cinématographique m'a paru plutôt bon (même si je suis loin d'avoir tout vu, évidemment) et je vous livre donc mon traditionnel top 10.

 

 

1- Mektoub my Love : canto due (Abdellatif Kechiche)

2- Les Linceuls (David Cronenberg)

3- Un bataille après l'autre (Paul Thomas Anderson)

4- L'Agent secret (Kleber Mendonça Filho)

5- Eddington (Ari Aster)

6- Ce n'est qu'un au revoir (Guillaume Brac)

7- La Chambre d'à côté (Pedro Almodovar)

8- Un simple accident (Jafar Panahi)

9- Conversations (Bertrand Meunier)

10- Soundtrack to a Coup d'état (Johan Grimonprez)

 

Viennent ensuite

Bilan 2025

11- The Phoenician Scheme (Wes Anderson)

12- Slocum et moi (Jean-François Laguionie)

13- La Tour de glace (Lucile Hadzihalilovic)

14- L'Histoire de Scénario (Jean-Luc Godard/Nicole Brenez/F. Aragno/JP. Battaggia)

15- L'Accident de piano (Quentin Dupieux)

 

Et comme tous les ans, je vous propose également un panorama chronologique de mes plus belles découvertes cinématographiques de l'année (uniquement des films que je n'avais jamais vus).

 

1927- My Best Girl (Sam Taylor)

 

1928- Le Caméraman (B.Keaton/E.Segwick)

 

1929- La Femme sur la lune (F.Lang)

 

 

1936- Mais n'te promène donc pas toute nue ! (L.Joannon)

 

1946- Double Destinée (R.Gavaldon)

 

1952- Les Affameurs (Anthony Mann)

 

1955- L'homme qui n'a pas d'étoile (King Vidor)

 

1964- La Dérive (Paula Delsol)

 

1965- Simon du désert (Luis Buñuel)

 

1966- Le Froid Baiser de la mort (M. Guerrini)

 

1967- Frankenstein créa la femme (T.Fisher)

 

1968- Rachel, Rachel (P. Newman)

 

1968- La Concentration (P.Garrel)

 

1969- La Vénus en fourrure (M.Dallamano)

 

1969- That Cold Day in the Park (R.Altman)

 

1971- La Victime désignée (M.Lucidi)

 

1972- Images (R. Altman)

 

1972- Folie meurtrière (T.Valerii)

 

1972- Tout va bien (JL.Godard/JP. Gorin)

 

1972- Athanor (P.Garrel)

 

1972- Obsédé malgré lui (L.Fulci)

 

1973- Histoires d'A (M.Issartel/ C.Belmont)

 

1973- Frank en Eva (Pim de la Parra)

 

1974- California Split (R.Altman)

 

1975- Un ange passe (P.Garrel)

 

1976- Buffalo Bill et les indiens (R.Altman)

 

1976- Le Dernier Nabab (E.Kazan)

 

1976- Le Berceau de cristal (P.Garrel)

 

1976- La Orca (E.Visconti)

 

1976- Le Prête-nom (M.Ritt)

 

1977- Lettres d'amour d'une nonne portugaise (J.Franco)

 

1978- L'Immoralita (M.Pirri)

 

1979- Le Pétomane (P. Festa Campanile)

 

1979- Norma Rae (M.Ritt)

 

1979- Bienvenue Mister Chance (H. Ashby)

1980- Le Roi et l'oiseau (P. Grimault)

 

1980- Certaines nouvelles (J.Davila)

 

1980- Regarde, elle a les yeux grands ouverts (Y. Le Masson)

 

1985- Requiem pour un massacre (E.Klimov)

 

1985- Le Bateau-phare (J. Skolimowski)

 

1985- L'Enchaîné (G. Patroni Griffi)

 

1985- Shoah (C.Lanzmann)

 

1986- L'Empire de médor (Luc Moullet)

2003- Car seuls les nouveaux dieux ont mordu la pomme de l'amour (G.Courant)

 

2006- The Last Show (R.Altman)

 

2007- The Girl Next Door (G.Wilson)

 

2011- Sleeping Beauty (J. Leigh)

 

2011- Jean Rollin, le rêveur égaré (Y. Pierre-Kaiser/D. Dupont)

 

2012- Les Bruits de Recife (K. Mendonça Filho)

 

2021- Bad Luck Banging or Loony Porn (Radu Jude)

 

Belle et heureuse année cinématographique (mais pas que!) à vous qui me suivez encore ici. Et vive Ravachol, comme aurait dit Jean-Pierre (qui, je viens de le réaliser, était le premier à commenter mon bilan 2024 l'an dernier).

 

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